Livres et Manuscrits

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View full screen - View 1 of Lot 47. 19 lettres à Vittorio Pica, Émile Bergerat, Zacharie Astruc, etc. Où il est question de "L'Homme qui marche" et du "Balzac"..

Rodin, Auguste

19 lettres à Vittorio Pica, Émile Bergerat, Zacharie Astruc, etc. Où il est question de "L'Homme qui marche" et du "Balzac".

Lot Closed

June 27, 12:47 PM GMT

Estimate

4,000 - 6,000 EUR

Lot Details

Description

Rodin, Auguste

19 lettres signées à Vittorio Pica, Émile Bergerat, Zacharie Astruc, etc.

1892-1916.

 

13 entièrement autographes, 6 dictées dont deux de la main de Rainer Maria Rilke. Ensemble de 30 pages in-8 ou in-12 (de 195 x 143 mm à 49 x 86 mm), dont une carte postale illustrée avec adresse (vue de la maison de Rodin à Meudon) et 2 cartes de visite, 12 enveloppes.

 

Très intéressant ensemble évoquant notamment L’Homme qui marche, la polémique autour du Balzac ou encore du travail de Rodin comme graveur.

 

13 de ces lettres, dont deux de la main de Rilke, sont adressées au journaliste et critique d’art italien Vittorio Pica, collaborateur de la revue Emporium et qui fut l’un des cofondateurs de la Biennale de Venise.

 

En 1892 et 1897, il est question de rendez-vous, Rodin préférant un déjeuner plutôt qu’un dîner, étant toujours "patraque" le soir.


[1]. Lettre à Émile Bergerat. 24 novembre 1894. Critique et écrivain, son ami avait été l'un de ses soutiens dans la polémique qui l’opposa à la Société des gens de lettres pour n’avoir pas livré dans le délai imparti la statue de Balzac, commandée deux ans plus tôt.

"Il est étonnant que ceux qui voient comme des écrivains et des artistes penseurs soient méprisés par les myopes que l’on appelle hommes d’affaires qui prennent les comités, et du haut font pleuvoir des bêtises sur le public étonné. Votre article, cher ami, de grand sens comme toujours, qui est animé d’amour pour l’art et d’amitié pour la sculpture est aussi, par sa fine ironie, obligé de me sortir d’embarras. Demain lundi à 3 ½ Aycard [sic] très gentil m’a demandé de me trouver à mon atelier avec mes amis ; qu’il viendrait me faire une visite officielle qui doit terminer d’une manière ou d’une autre ce différent. Si mon cher ami, vous pouviez venir j’en serais heureux".

Jean Aicard, successeur de Zola à la présidence de la Société des gens de lettres, démissionnera quelques semaines plus tard par solidarité avec Rodin qui dut renoncer à une partie de ses indemnités, n’achevant son œuvre que trois ans plus tard.


[2]. 13 lettres à Vittorio Pica.

Dans les lettres adressées à Vittorio Pica, Rodin évoque donc le peu d’eaux-fortes qu’il a déjà faites, "Mais je savais de tout temps dessiner et lorsqu’à 42 ans j’ai fait mes premières eaux-fortes c’était le Victor Hugo. Ou plutôt je ne sais pas encore faire une eau-forte mais une pointe-sèche, ce qui ne demande aucun métier […] en sachant dessiner bien entendu" ; il va lui envoyer quelques-unes de ses gravures, dont Le Gladiateur mourant, L’Esclave, et Michel-Ange (27 novembre 1901).

- 9 septembre 1902. Il n’a pas encore lu le numéro d’Emporium où Pica parle de ses dessins "comme un artiste poète", mais il n’a pas encore de retour ou de proposition d’achat.

- [30 décembre 1902]. Il est allé en Italie, mais seulement jusqu’à Florence pour se reposer. Il ira à Naples l’an prochain mais si Pica passe à Paris, qu’il vienne le voir.

- [18 octobre 1903]. "Merci de l’étude de l’exposition de Venise dans laquelle vous m’avez toujours protégé véritablement".

- Les deux lettres de 1905, du 21 octobre et du 17 décembre, concernent des droits de reproduction ; elles sont rédigées par Rainer Maria Rilke que Rodin avait engagé comme secrétaire. Buloz mettra à disposition de Pica les photographies demandées : "C’est vous qui soutenez toujours les efforts de ses longs travaux par votre fervente confiance. Monsieur Rodin est bien fier de votre vaillante amitié". Rodin ajoute de sa main : "J’ai envoyé le A. Proust" [en 1884, Rodin avait réalisé un portrait et un buste de l’homme politique et collectionneur Antonin Proust, oncle de Marcel Proust].

- En décembre, M. Fenaille a donné son accord pour utiliser les dessins figurant dans l’album édité par Goupil (en 1897). Quant aux photos de La Porte de l’Enfer, n’y figurent que des vues partielles en raison de l’emplacement actuel de l’œuvre qui ne permet pas de prendre assez de recul.

- En 1908, Rodin parle d’un prochain séjour à Londres.

- En 1911 et 1912, il est question de l’installation de l’Homme qui marche au palais Farnèse à Rome et d’instructions pour la taille du piédestal et les travaux d’un caniveau. "Vous savez que nous avons pensé que les pilastres qui sont dans la cour doivent faire le piédestal […] Nos moulures ne devront pas être trop cernées, dessinées, car ces à-coups donnent du maigre".

- À partir de 1912, Rodin qui a subi une première attaque d’hémiplégie, doit dicter ses lettres. Il envoie deux photographies à Pica et annonce son arrivée à Rome pour finaliser l’installation du piédestal : "Dans un mois ou deux quand j’irai à Rome, nous le mettrons sous la figure".

- 15 janvier 1913. Il s’inquiète de savoir où sont les quatre bronzes qu’il a exposés à Venise, alors que l’exposition est fermée depuis plusieurs mois, et qu’il avait l’intention de les exposer à Rome.

- Meudon 5 janvier 1916. Espérant que la nouvelle année apportera la victoire et la paix, Rodin se félicite d’apprendre que Pica est toujours à Venise "ce centre artistique, peut-être le meilleur de l’Italie".


[3]. Armand Dayot, à qui il souhaite le même succès lors de ses conférences en Italie que celui remporté à La Haye (6 septembre 1907).


[4]. Zacharie Astruc, le remerciant de sa bienveillance (31 mai 1910).


[5]. Alvin Langdon Coburn, auquel il indique les coordonnées de Frantz Jourdain et d’Emile Bastien-Lepage, Louis de Fourcaud n’ayant pas encore répondu. "Si vous envoyez votre commis il prendra chez l’un une de face et chez l’autre, une de profil".

 

[On joint :]

Deux photographies originales, contrecollées sur carton.

Portrait par Reutlinger avec envoi autographe signé : "en hommage / A. Rodin" (in-8).

Portrait (format carte de visite, cachet encre de la Direction des Finances, 12 avril 1900 au verso), avec mention autographe signée au dos : "Auguste Rodin membre du comité d’admission de la Classe 9 / Aug. Rodin / 182 rue de l’Université".

À propos de Vittorio Pica

Critique littéraire francophile, Vittorio Pica (1864-1930) est le principal défenseur du symbolisme français en Italie. En 1882, à l’âge de 18 ans, il publie un essai sur les frères Goncourt, ce qui lui vaut une certaine reconnaissance en France. Edmond de Goncourt l’introduit auprès d’Édouard Dujardin et de Félix Fénéon grâce auxquels il collabore à La Revue indépendante. Il contribue à faire connaitre Verlaine et Rimbaud en Italie, entretient une importante correspondance notamment avec Huysmans (lot 34), Maupassant (lot 38), Monet (lot 43), Rodin (lot 47), ou Mallarmé (lot 35), assistant à quelques Mardis en 1886 et consacrant au poète un important article, traduit en français dans La Revue indépendante. Également critique d’art, il est un des co-fondateurs de la Biennale de Venise. Collaborateur régulier de la revue italienne Emporium, il est l’auteur de nombreuses monographies sur les artistes de son temps.