View full screen - View 1 of Lot 9. Hypnerotomachie... Paris, [Louis Blaubloom] pour Jacques Kerver, 1546.  In-folio. Vélin du XVIIe siècle.  Édition originale de la première traduction française de Jean Martin. .

XVIe siècle ─ lots 4 à 17

Colonna, Francesco

Hypnerotomachie... Paris, [Louis Blaubloom] pour Jacques Kerver, 1546. In-folio. Vélin du XVIIe siècle. Édition originale de la première traduction française de Jean Martin.

No reserve

Lot Closed

October 28, 01:09 PM GMT

Estimate

5,000 - 7,000 EUR

Lot Details

Description

Colonna, Francesco

Hypnerotomachie, ou Discours du songe de Poliphile, deduisant comme Amour le combat a l’occasion de Polia. Soubz la fiction de quoy l’aucteur monstrant que toutes choses terrestres ne sont que vanité, traicte de plusieurs matieres profitables, & dignes de memoire. Nouvellement traduict de langage Italien en Francois.

Paris, [Louis Blaubloom] pour Jacques Kerver, 1546.

 

In-folio (308 x 205 mm). Vélin ivoire, filet doré en encadrement, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, traces d’attaches, tranches bleues (Reliure du début du XVIIe siècle). 


Le plus énigmatique et le plus mythique livre de la Renaissance italienne et l’un des plus beaux livres illustrés de tous les temps, avec la planche du Priape non censurée.


Édition originale de la première traduction française de Jean Martin.

 

Elle est publiée un an après que les descendants d’Alde Manuce ont donné à Venise une seconde édition du texte originel (1545).

 

Titre dans un bel encadrement historié, 181 bois gravés en premier tirage, dont 13 à pleine page, 42 lettrines foliacées et bandeaux.

12 planches de monuments et de jardins ne figurant pas dans l’édition italienne.

Avec la planche de Priape non censurée.

 

Bien que s’inspirant des gravures italiennes de l’édition originale, l’illustration de cette édition, largement inspirée par l’école de Fontainebleau, se veut résolument française. Les bois sont attribués à Jean Goujon et Jean Cousin.


Cette édition est dédiée à Henri de Lenoncourt, comte de Nanteuil de Haudouyn, gouverneur du Valois. Le traducteur, Jean Martin, a dépouillé le texte de ses obscurités initiales.

Il précise, dans son avis Aux lecteurs, "[…] un mien amy qui avait la copie de ce livre, me l'apporta pour me la cõmuniquer : & apres plusieurs propoz me pria que pour amour de luy ie voulusse prendre la charge de la revoir [...] & de faict me trouvãt pour l'heure un petit de loysir, commenceay en sa presence a changer non seulemēt quelques orthographes qui ne nous sont plus usitees, mais d'avãtage a transposer quelques motz qui retenoient encores de la Fraze italienne, tant corrompue, que veritablement ie m'esbahy comment ce gētilhomme en avait peu si bien venir a bout […] Voyla Messeigneurs comment il a este procede a l'interpretation & impression de ce livre […]".

 

Hypnerotomachia Poliphili, littéralement "Combat d’amour dans le sommeil de l’amant de Polia", et connu en français sous le titre du Songe de Poliphile, raconte le rêve initiatique de Poliphile, l'amant éconduit de Polia, jusqu'à Cythère. Au rythme de nombreuses digressions d’un style amphigourique porté par une imagination débordante, le héros-narrateur conduit le lecteur dans les méandres d’un monde merveilleux qu’il se plaît à décrire minutieusement : monuments, êtres fabuleux, jardins, machines, œuvres d’art, etc.

 

Robert Brun souligne l’importance de cette édition française qu’il considère comme "un des ouvrages illustrés les plus célèbres du XVIe siècle, [ayant] exercé une influence considérable, non seulement sur l’esthétique du livre à cette époque mais aussi dans les multiples applications de l’art décoratif". Marianne Grivel confirme ces propos : "Le talent de Jean Martin et la beauté des gravures, d’une grande souplesse plastique, expliquent le succès du Songe de Poliphile en France. […] L’œuvre devient le modèle d’une esthétique qui s’exprime dans l’art des jardins (la grotte de La Bastie d’Honoré d’Urfé) ou dans la littérature. […] L’influence du Songe de Poliphile restera forte durant tout le XVIIe siècle, aussi bien dans le domaine littéraire (Jean de La Fontaine), que dans la peinture (Eustache Le Sueur) ou dans l’art des jardins (le labyrinthe de Versailles, imaginé par Charles Perrault et composé par André Le Nôtre en 1666)." (Dictionnaire encyclopédique du livre).

Petrus Smidts (ex-libris manuscrit "Sum Petrus Smidts medicus").

 

N° d’inventaire à l’encre sur les plats (n° 146 sur le plat supérieur et n° 15 sur le plat inférieur).

 

George Savile Foljambe (chiffre doré en pied du dos ; Christie’s Londres, 30 avril 2008, n° 184).

 

Pierre Bergé (ex-libris ; IV, n° 843).

E. Rahir, Bibliothèque de l’amateur, 375 ("Belles figures gravées sur bois, interprétation très libre, et dans le meilleur goût de la Renaissance française, des figures des éditions italiennes de 1499 et 1545. La figure de la page 69 est souvent mutilée. La marque de l’imprimeur à la fin manque parfois dans l’édition de 1546.").

 

Mortimer, French Sixteenth Century Books, n° 145.


R. Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, p. 156.

 

M. Grivel in Dictionnaire encyclopédique du livre, III, p. 740.