View full screen - View 1 of Lot 217. Les goûts littéraires de Saint-Laurent. 2 ouvrages annotés par le couturier. GARY : Les Couleurs du jour, 1952. MODIANO : Rue des boutiques obscures, 1978. .

XXe siècle ─ lots 145 à 228

[Saint-Laurent, Yves] ─ Romain Gary ─ Patrick Modiano

Les goûts littéraires de Saint-Laurent. 2 ouvrages annotés par le couturier. GARY : Les Couleurs du jour, 1952. MODIANO : Rue des boutiques obscures, 1978.

No reserve

Lot Closed

October 28, 04:36 PM GMT

Estimate

600 - 800 EUR

Lot Details

Description

[Saint-Laurent, Yves] ─ Romain Gary ─ Patrick Modiano

2 ouvrages annotés par le couturier.

 

Saint-Laurent, lecteur attentif et impitoyable.

Il critique Modiano et encense Gary.

 

GARY, Romain. Les Couleurs du jour. Paris, NRF-Gallimard, 1952.

In-8 (217 x 140 mm). Broché.

Édition originale. Exemplaire du service de presse (tampon à la quatrième de couverture).

Annotations autographes ou passages soulignés, au crayon ou à l’encre noire, sur une trentaine de feuillets, principalement les 100 premières pages.

Yves Saint-Laurent est un lecteur attentif, indiquant parfois trop de répétitions ou au contraire un manque de développement, notant des coquilles d’impression, regrettant parfois une certaine "maigreur", mais plus généralement fait part de jugements enthousiastes, notant dans les marges : "Très bon", "excellent", "remarquable"... Certaines phrases lui font penser à d’autres auteurs, comme Malraux (p. 67) ou Prévert (p. 70).

C’est en 1976 que Saint-Laurent eut cet exemplaire entre les mains, comme en témoigne la remarque en marge de la p. 17 où le narrateur dit avoir quarante piges et des cheveux gris : " ! j’en ai 40".

 

MODIANO, Patrick. Rue des Boutiques Obscures. Paris, NRF-Gallimard, 1978.

In-8 (205 x 140 mm). Broché.

Édition originale.

À l’inverse du plaisir ressenti à la lecture du roman de Romain Gary, Yves Saint-Laurent se répand ici en invectives et en critiques, avouant un ennui mortel face à des images "épouvantables", ironisant sur les adjectifs de couleurs employés par l’auteur qu’il qualifie de précieux ridicule, allant jusqu’à répéter le mot de Cambronne à plusieurs reprises (p. 131 et 132). Il dénonce le chiqué "mais pas chic" et les grandes qualités d’esbrouffe de Modiano. Ces annotations, au feutre noir, sont concentrées sur 4 chapitres seulement (pages 125 à 139) et il est probable que Saint-Laurent n’ait pas davantage poursuivi sa lecture d’après les dernières remarques : "Suffit comme ça ! J’en ai ma claque ! Je ne marche pas".

Yves Saint-Laurent (annotations).


Pierre Bergé (ouvrages n'ayant pas figuré dans ses précédentes ventes).