
IV. De la bibliothèque Hubert Heilbronn (lots 101-155)
Ballade du pauvre macchabé mal enterré. Paris, Bernouard, 1919. Reliure de Philippe Fié.
Lot Closed
July 4, 02:03 PM GMT
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
Lot Details
Description
Derain, André ─ René Dalize
Ballade du pauvre macchabé mal enterré. […] Décoré de six bois inédits et gravés…
Paris, Imprimerie François Bernouard, 1919.
In-4 carré (265 x 285 mm). Polyvinyle noir, plats couverts de larges volutes obtenues par abrasion, peintes en gris, bande verticale gaufrée de petits poinçons réunie aux plats par trois fines barrettes noires, charnières apparentes de maroquin noir bordées d’une demi-lune de polyvinyle noir au décor estampé, dos lisse avec titre en long à l'œser gris, doublure de polyvinyle noir, gardes de peau velours gris perle, couverture et dos, chemise doublée, demi-maroquin noir à bandes, étui (Ph. Fié, 2007).
Étiquette des éditions de la Galerie Simon contrecollée au titre.
Poème prémonitoire de René Dalize, ami d’enfance d’Apollinaire, tué au Chemin des Dames.
Dans une sombre et élégante reliure de Philippe Fié.
Première édition posthume, sous le nom de l'auteur.
6 bois gravés d’André Derain.
Tirage à 135 exemplaires. Un des 110 sur Arches (n° 105), signé par l’artiste à la justification.
"Il n’est pas si gai d’être mort
Tout cela manque de confort,
Si j’avais un bout de ficelle,
Je sonnerais la sentinelle".
Publié en hommage à leur ami Dalize, mort au front le 7 mai 1917, ce "tombeau" contient un poème, publié en octobre 1915, sous le pseudonyme de caporal Baron de Franquevaux", dans le n° 4 des Imberbes, journal de tranchées fondé par Dalize et ses amis le poète Jean Le Roy et le typographe François Bernouard. Suivi de deux "Im Memoriam", le premier par André Salmon et le second par Guillaume Apollinaire qui reprend sa chronique de "La Vie anecdotique", publiée au Mercure de France du 1er septembre 1917 dans lequel il salue Dalize comme le plus ancien de ses camarades.
Né Dupuy en 1879 et peut-être un descendant du chevalier créole Auguste Dupuy des Islets, René Dalize, avait été un des camarades d’Apollinaire au collège Saint-Charles de Monaco en 1892. Ces amis d’enfance s’étaient retrouvés une quinzaine d’années plus tard, co-fondant les Soirées de Paris dans lequel Dalize fit paraître quelques poèmes et feuilletons.
Hubert Heilbronn (ex-libris).
Philippe Fié. Reliures - période 2003-2016, n° 16.
Philippe Fié, né en 1957, découvre la reliure en 1980. Il suit des cours chez Camille Berthaux puis à l'École Estienne. En 1982, il entre à l'atelier RGGB et continue son apprentissage auprès d'Yvon Bramante. En 1985, il ouvre son propre atelier et travaille pour Renaud Vernier, Georges Leroux et Monique Mathieu. En 1989, avec l'aide de Brigitte Medan (couture, montage sur onglets, chemises et étuis), il met au point une technique personnelle de reliure utilisant le polyvinyle.
Hubert Heilbronn lui demanda de relier pour lui de nombreux livres (sa vente en 2021 en comportait un certain nombre, le présent catalogue 4, voir lots 110, 117 et 125).