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A Louis XVI carved giltwood console, circa 1780 | Console aux carquois en bois sculpté et doré d’époque Louis XVI, vers 1780

Auction Closed

May 16, 02:17 PM GMT

Estimate

80,000 - 120,000 EUR

Lot Details

Description

A Louis XVI carved giltwood console, circa 1780


the belt decorated with an ajouré garland of laurel leaves and ova, ornated with a garland of roses, resting on feet shaped as a quiver, with a later bleu turquin marble top


Height. 34 in, width. 43 ¼ in, depth. 19 in


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Console aux carquois en bois sculpté et doré d’époque Louis XVI, vers 1780


la ceinture finement ajourée ornée d'une baguette de piastres et d’une guirlande de feuilles de laurier bordée d’oves ; surmontant un arc et une guirlande de roses ; reposant sur des pieds en carquois ; dessus de marbre bleu turquin (rapporté) 


Haut. 86,5 cm, larg. 110 cm, prof. 48,5 cm

Former collection of Prince Sixtus of Bourbon Parma (1886-1934)


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Ancienne collection du prince Sixte de Bourbon Parme (1886-1934)

The Turkish taste


If the taste for the Far East and its mysteries was fashionable during the reign of Louis XV, with its lacquers added to furniture, its celadon porcelains decorated with gilt-bronze mounts, it was the Ottoman Orient that made the court dream at the dawn of the reign of Louis XVI. In 1776, Nicolas Chamfort presented the tragedy "Mustapha et Zéangir" in Fontainebleau before their Majesties, which recounts the life of Soliman the Magnificent and his wife Roxelane. The court was captivated, in particular the Count of Artois, Louis XVI's last brother, who dreamt of seraglio, voluptuous draperies and majestic settings. He therefore decided to have a "Turkish boudoir" fitted out in the Temple residence that he had just inherited.


The work was carried out by Etienne-Louis Boullée in 1776, and included "a room with two crosses and sloping sides as a tent with a yellow and white lampas festooned in the Roman style". The furniture was supplied by the young Georges Jacob who decorated the armchairs with new decorations: leafy scrolls, large draperies. The furniture is designed to match the wall panels, the sofas and armchairs fit perfectly into the reserves and the decorations complement each other. The comte d'Artois liked this room so much that he ordered another petit cabinet à la turque on the first floor in 1783. He did the same in his flats at Versailles with a first Turkish cabinet in 1776 and a second in 1781. The panelling is decorated with crescents, scrolls, quivers, arrows, dromedaries, putti with turbans, a whole vocabulary that lets the imagination of the Orient evaporate. The draperies are also very important in these settings, and are by far the largest item in the budget for each new fitting, cherry taffeta for example. Queen Marie-Antoinette, who was close to her brother-in-law and envious of the new decoration, also decided to have a Turkish boudoir fitted out at the Château de Fontainebleau in 1776 under the orders of her architect Richard Mique and then to Potain, and the panelling was entrusted to the Rousseau brothers. Here again, the walls and furniture are in total harmony, the scrolls of the light arms correspond to those of the panelling and the camel firedogs are found on the grisaille medallions. The mantelpiece is decorated with twisted quivers, a motif that can also be found on the armchairs still preserved today at the Château de Fontainebleau.


Our giltwood console is decorated with quivers, which can be seen on Jacob's armchairs made for the comte d'Artois, now in the Louvre, but also on the Queen's armchairs at Fontainebleau. The quivers and the bow appear on the magnificent piece of furniture delivered for the second cabinet of the comte d'Artois in Versailles. The belt of the console is openwork with a laurel leaf garland and a piaster fall. This finely carved openwork decoration lightens the structure and is found on a pair of consoles, one of which was sold at Sotheby's New York on 3 November 1989. The second is in the Louvre Museum and comes from the Château de Fontainebleau (OA5519). The legs are also quiver-shaped but wrapped in a leafy garland.


This console was undoubtedly part of a set of furniture consisting of sofas, armchairs and seats and was to be placed under panelling with the same decorative elements such as laurel leaf scrolls, quivers and bows, as suggested in a project realized by Ranson, now at the musée des Arts déoratifs, Paris. 


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Le goût Turc


Si le goût pour l'extrême Orient et ses mystères est à la mode sous le règne de Louis XV, avec ses laques ajoutés aux meubles, ses porcelaines céladons agrémentées de montures en bronze doré, c'est un Orient ottoman qui fait rêver la cour à l'aube du règne de Louis XVI. En 1776, Nicolas Chamfort présente à Fontainebleau devant leurs Majestés la tragédie "Mustapha et Zéangir" qui relate la vie de Soliman le magnifique et de son épouse Roxelane. La cour est subjuguée, en particulier le comte d'Artois, dernier frère de Louis XVI qui rêve de sérails, de draperies voluptueuses, de décors majestueux. Il décide ainsi de faire aménager "un boudoir turc" dans la résidence du Temple dont il vient d'hériter.


Les travaux sont menés par Etienne-Louis Boullée en 1776, comprenant "une pièce à deux croisées et pans coupés telle tente d'un lampas jaune et blanc festonné à la Romaine". Le mobilier est fourni par le jeune Georges Jacob qui orne les fauteuils de décorations nouvelles: enroulements feuillagés, larges draperies. Le mobilier est conçu en adéquation avec les lambris, les canapés et les fauteuils s’emboîtent parfaitement dans les réserves et les décors se complètent. Le comte d'Artois apprécie tellement cette pièce qu'il commande un autre "petit cabinet à la turque" au premier étage en 1783. Il fait de même à Versailles dans ses appartements avec un premier cabinet turc réalisé en 1776 puis un second en 1781. Les lambris sont ornés de croissants, d'enroulements, de carquois, des flèches, de dromadaires, de putti avec des turbans, tout un vocabulaire laissant l'imagination de l'Orient s'évaporer. Les tentures sont également très importantes dans ces décors, c'est de loin le poste budgétaire le plus élevé à chaque nouvel aménagement, du taffetas cerise par exemple. La reine Marie-Antoinette, proche de son beau-frère, envieuse de la nouvelle décoration décide également de se faire aménager un boudoir turc au château de Fontainebleau en 1776 sous les ordres de son architecte en titre Richard Mique puis à Potain et les lambris sont confiés aux frères Rousseau. Là encore, murs et mobilier sont en harmonie totale, les enroulements des bras de lumière répondent à ceux des lambris et les chenets en dromadaire se retrouvent sur les médaillons en grisaille. La cheminée est garnie de carquois tors, motif que l'on retrouve également sur les fauteuils conservés encore aujourd'hui au château de Fontainebleau.


Notre console en bois doré est décorée selon cette mode de turqueries, avec des pieds en carquois que l'on retrouve sur les fauteuils de Jacob pour le comte d'Artois, aujourd'hui au musée du Louvre, mais aussi sur les fauteuils de la reine à Fontainebleau. Les carquois et l'arc apparaissent sur le magnifique meuble livré pour le second cabinet du comte d'Artois à Versailles. La ceinture de la console est ajourée d'une guirlande de feuilles de laurier et de chute de piastres. Ce décor ajouré très finement sculpté allège la structure et se retrouve sur une paire de consoles dont l'une a été vendue chez Sotheby's New York le 3 novembre 1989. La seconde est conservée au musée du Louvre et provient du château de Fontainebleau (OA5519). Les pieds sont également en carquois mais enroulés d'une guirlande feuillagée.


Cette console devait sans aucun doute faire partie d'un mobilier composé de canapé, fauteuils et sièges et devait se placer sous des lambris avec les mêmes éléments décoratifs comme les enroulements de feuilles de laurier, les carquois et les arcs, comme le suggère le projet de Ranson conservé au musée des Arts décoratifs.