
Console
Auction Closed
November 21, 05:45 PM GMT
Estimate
200,000 - 300,000 EUR
Lot Details
Description
Eileen Gray
Console
1923
Cerused oak and sycamore
70,7 x 83 x 48,6 cm ; 27 ⅞ x 32 ⅝ x 19 ⅛ in.
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Eileen Gray
Console
1923
Chêne cérusé et sycomore
70,7 x 83 x 48,6 cm ; 27 ⅞ x 32 ⅝ x 19 ⅛ in.
Galerie Jean Désert, Paris
Charles and Marie-Laure de Noailles collection, Hyères
Gifted from Charles de Noailles to the present owner
Private collection, Paris
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Galerie Jean Désert, Paris
Collection Charles et Marie-Laure de Noailles, Hyères
Offert par Charles de Noailles à l'actuel propriétaire
Collection privée, Paris
Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes, Villa Noailles, Hyères, 2020
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Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes, Villa Noailles, Hyères, 2020
François Baudot, Eileen Gray, Paris, 1998, p. 28-29
Peter Adam, Eileen Gray : architect / designer, New York, 2000, p. 152
Philippe Garner, Eileen Gray, design and architecture, 1878-1976, Cologne, 2006, p. 81
Peter Adam, Eileen Gray : sa vie, son œuvre, Paris, 2012, p. 34-35
Eileen Gray, exhibition catalogue, Centre Gorges Pompidou, Paris, 20 February – 20 May 2013, p. 49 and 160
Jennifer Goff, Eileen Gray: Her work and her world, Sallins, 2015, p. 212
Eileen Gray, exhibition catalogue, Bard Graduate Center, New York, 29 February - 12 July 2020, p. 112
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François Baudot, Eileen Gray, Paris, 1998, p. 28-29
Peter Adam, Eileen Gray : architect / designer, New York, 2000, p. 152
Philippe Garner, Eileen Gray, design and architecture, 1878-1976, Cologne, 2006, p. 81
Peter Adam, Eileen Gray : sa vie, son œuvre, Paris, 2012, p. 34-35
Eileen Gray, catalogue d’exposition, Centre Gorges Pompidou, Paris, 20 février – 20 mai 2013, p. 49 et 160
Jennifer Goff, Eileen Gray: Her work and her world, Sallins, 2015, p. 212
Eileen Gray, catalogue d'exposition, Bard Graduate Center, New-York, 29 février - 12 juillet 2020, p. 112
« Un objet de luxe est bien fait et sobre, sa simplicité révèle la qualité du créateur. »
Le Corbusier - 1925
Le 17 mai 1922 la Galerie Jean Désert ouvrait ses portes au 217 rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Eileen Gray désirait depuis un certain temps trouver un lieu afin d’y exposer ses créations et séduire une nouvelle clientèle. Malgré certaines difficultés commerciales et financières, quelques amateurs passeront le seuil de la Galerie pour y acquérir quelques pièces, parmi eux, le Vicomte Charles de Noailles. Le livre de compte de la galerie nous révèle qu’il y fît l’acquisition de plusieurs coussins, de tapis et de notre console, décrite comme coiffeuse. Le meuble fut réglé par chèque en date du 12 novembre 1923.
De forme pure et aux proportions parfaites, il intervient à un moment où Eileen Gray se détache de ses créations du passé. Elle recherche une plus grande sobriété qui correspond à une élégance plus austère. Notre meuble en est la parfaite illustration. Son apparente simplicité en fait une œuvre radicale.
Minimal, bien avant que le terme ne soit utilisé, il se dégage de celui-ci une grande délicatesse mêlée à un raffinement extrême. Elle utilise deux essences de bois, le chêne cérusé qui enveloppe l’ensemble de la surface et le sycomore qui souligne les montants et la ceinture dans laquelle est ingénieusement dissimulée un tiroir. Rien de plus.
Lors d’une discussion entre Donald Judd et Frank Stella, ce dernier disait : « Ma peinture est fondée sur cette réalité concrète qu’il n’y a là rien d’autre que ce que l’on voit… ce que l’on voit est ce que l’on voit». Eileen Gray est dans une certaine mesure déjà dans cette impulsion entre 1922 et 1923. Elle accorde à son meuble un dépouillement total, rejetant toutes décorations ou éléments superflus.
Neuf mois plus tôt, Charles de Noailles épousait à Grasse, Mademoiselle Marie-Laure Bischoffsheim. Le magazine Vogue de mai 1923 relate cet événement dans un article intitulé « un mariage sur la colline de Grasse ». Ils reçurent en cadeau de mariage un terrain à Hyères et décideront d’y faire bâtir la désormais célèbre, villa Noailles, qui fête cette année son centenaire. Robert Mallet-Stevens en sera l’architecte. De « la petite maison intéressante à habiter » qui avait été demandé par les Noailles, Robert Mallet-Stevens en fera l’un de ses chefs-d’œuvre. Notre console ainsi que le reste du mobilier seront livrés à la fin des travaux vers 1927 à Hyères.
De Pierre Chareau à Djo-Bourgeois, de Marcel Breuer à Francis Jourdain, « Les meubles sont en harmonie avec une architecture dont toute l'élégance est faite de sobriété et de netteté » nous relate Léon Deshairs, dans son article Une villa moderne à Hyères, Art & Décoration, juillet 1928.
La console trouvera sa place dans la chambre à coucher de Marie-Laure de Noailles. Elle y restera jusqu’à son décès en 1970. En 1973 Charles de Noailles choisira de céder la villa à la municipalité de Hyères et conservera le mobilier ainsi que les œuvres d’art qui l’ornait. La console rejoindra sa villa de Grasse. Quelques années plus tard, il l’offrit à l’un de ses amis, en témoignage de son attachement à Marie-Laure de Noailles. Charles de Noailles s’éteindra en 1981.
Descendants de deux de illustres familles Françaises, Charles et Marie-Laure de Noailles furent les plus grands mécènes du XXème siècle en France. Aussi généreux que visionnaire, le couple soutiendra sa vie durant la création, en bousculant quelques fois les codes de la haute société. Ils auront découvert et soutenu les plus grands artistes ; de Salvador Dali à Paul Klee, de Man Ray à Robert Mallet-Stevens, de Jean Cocteau à Luis Buñuel, d’Eileen Gray à Alberto Giacometti.
Nous connaissons à ce jour un second modèle agrémenté de deux tiroirs latéraux à poignées d’ivoire. Ce modèle fût vendu chez Sotheby’s à Londres en 2017.
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"A luxury object is well made and sober; its simplicity reveals the quality of the creator."
Le Corbusier - 1925
On May 17, 1922, the Galerie Jean Désert opened its doors at 217 rue du Faubourg Saint-Honoré in Paris. Eileen Gray had been looking for a place to exhibit her creations and attract new customers for some time.Despite certain commercial and financial difficulties, a few enthusiasts come and see the gallery to acquire a few pieces. Among them was the Viscount Charles de Noailles.
The gallery's account book reveals that he purchased several cushions, rugs and our console, described as a dressing table. The furniture was paid for by a cheque dated November 12, 1923.
With its pure form and perfect proportions, it came at a time when Eileen Gray was detaching herself from her creations of the past. She was seeking a greater sobriety that corresponded to a more austere elegance. Our piece of furniture is a perfect illustration of this. Its apparent simplicity makes it a radical work of art.
Minimal, long before the term became popular, it exudes great delicacy combined with extreme refinement. Eileen Gray uses two types of wood: ceruse oak, which envelops the entire surface, and sycamore, which emphasizes the mounts and apron, in which a drawer is ingeniously concealed. Nothing more.
In a discussion between Donald Judd and Frank Stella, the latter said: "My painting is based on this concrete reality that there is nothing there but what we see... what we see is what we see."
To some extent, Eileen Gray was already following this impulse between 1922 and 1923. She gave her furniture a totally stripped-down look, rejecting all decoration and superfluous elements.
Nine months earlier, Charles de Noailles had married Mademoiselle Marie-Laure Bischoffsheim in Grasse.
In May 1923, Vogue magazine reported on this event in an article entitled Un mariage sur la colline de Grasse. The couple received a plot of land in Hyères as a wedding gift, and decided to build the now-famous Villa Noailles, which celebrates its centenary this year. The architect, Robert Mallet-Stevens, would turn the "interesting little house to live in" that the Noailles had asked for into one of his masterpieces.
In his article Une villa moderne à Hyères, published in Art & Décoration in July 1928, Léon Deshairs evoked furniture "in harmony with an architecture whose elegance is made up of sobriety and neatness", from Pierre Chareau to Djo-Bourgeois, from Marcel Breuer to Francis Jourdain.
The console was placed in Marie-Laure de Noailles' bedroom, where it remained until her death in 1970. In 1973, Charles de Noailles chose to sell the villa to the municipality of Hyères, but kept all the furniture and works of art. The console moved to his villa in Grasse. A few years later, he offered it to one of his friends, as a token of his attachment to Marie-Laure de Noailles. Charles de Noailles died in 1981.
Descendants of two illustrious French families, Charles and Marie-Laure de Noailles were the greatest patrons of the arts in twentieth-century France. As generous as they were visionary, the couple supported creativity throughout their lives, sometimes challenging the codes of high society. They discovered and supported the greatest artists: from Salvador Dali to Paul Klee, from Man Ray to Robert Mallet-Stevens, from Jean Cocteau to Luis Buñuel, from Eileen Gray to Alberto Giacometti.
To date, we know of a second console model with two side drawers and ivory handles. This model was sold at Sotheby's in London in 2017.
© National Museum of Ireland
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