
Lot Closed
June 27, 02:29 PM GMT
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
Lot Details
Description
A pair of silver candlesticks, Pierre Vallières, Paris, 1779-1780
circular shaped base with ovolo border and spirally fluted band, the stem decorated with four panels adorned with shells, engraved with coat-of-arms the socket waisted with a thread, ovolo border
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Paire de flambeaux en argent par Pierre Vallières, Paris, 1779-1780
la base chantournée à bord mouluré d'oves, l'ombilic ciselé de canaux torses, le fût à décor de quatre panneaux ornés de coquilles, gravé d'armoiries, le binet cintré d'un filet, le bord mouluré d'oves
10⅝ in. high; 40⅝oz.
haut. 27 cm ; 1150 g
Les armoiries sont celle de la famille de Borie de Pomarède. La famille de Borie de Pomarède est originaire de Guyenne, où elle est connue depuis le début du XVIe siècle, avec Jean de Borie, écuyer seigneur de Pomarède, vivant en 1513. Les armes principales de cette famille étaient d’azur à trois pommes d’or, les cadets y ajoutèrent un chevron ou un chevron componné.
Ces flambeaux ont très probablement été gravés à ces armes plus tardivement. En effet, le trait du graveur et le style de la gravure sont postérieurs à cette dernière date. De plus cette représentation « romantique » et symbolique (d’une branche d’arbre morte d’où né un vif feuillage) qui de surcroît n’est pas timbrée (couronne ou heaume) abonde dans ce sens et surtout désigne son très probable possesseur : Hugues Brisset-Montbrun (1756-1831). Né à Haïti, d’une mère mulâtresse, il était donc quarteron, il épousa circa 1784 Radegonde Angélique de Borie de Pomarède, fille unique de Jacques de Borie, seigneur de Pomarède, mort en 1784. Ce dernier étant le plus jeune d’une nombreuse fratrie, mais qui n’eut pas de postérité, Hugues Brisset-Montbrun ou de Montbrun releva le nom et les armes de la famille de sa femme. Farouche révolutionnaire, il a marqué l’histoire d’Haïti pour avoir été l’un des principaux chefs du parti des mulâtres dans leur lutte contre les Blancs aux premiers temps de la Révolution de Saint-Domingue. Hugues Brisset de Montbrun de Pomarède, dit Hugues Montbrun, était donc un colonel mulâtre à Saint-Domingue où il était né, puis commandant par intérim de la partie du Sud de cette île à l’époque de la Révolution. Comme il s’était fait beaucoup d’ennemis en raison de ses prises de positions pour le moins troubles généralement suivies d’actions violentes, autant parmi ses supérieurs que ses subalternes, il fut destitué, arrêté et renvoyé en France pour être jugé. Mis en arrestation pour trahison, dilapidation, puis jugé et acquitté à Nantes par le conseil de guerre en 1794. Il fut réformé avec le grade d'adjudant-général en 1798. Enfin, il fut gouverneur du Château-Trompette et commandant d’armes de la ville de Bordeaux où il mourut, qualifié dans un document de 1818 de « Messire le chevalier Hugues de Montbrun de Pomarède, maréchal des camps et armées du roi, chevalier des ordres royaux de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur ». Sa seconde épouse fit rectifier le nom et l’âge portés sur son acte de décès conservé dans les archives municipales qui avait été fait au simple nom « d’Hugues Montbrun, âgé de 82 ans » qui était paradoxalement son nom d’usage. Il était propriétaire, outre le château de Pomarède à Castres qui lui venait de sa première épouse, du domaine d'Issan à Cantenac et Margaux en Médoc. La trace de ses descendants se perd aux Etats-Unis avec Joseph Montbrun-Gérard, né à Port-au-Prince le 1 décembre 1931, agent financier, marié à Brooklyn (New York) en 1963 avec Marie-Victoria Habib, née à Saint-Marc, d’où deux filles, Elisabeth et Linda.
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