View full screen - View 1 of Lot 25. Triptyque de Saint Hubert.

Dado

Triptyque de Saint Hubert

Lot Closed

March 30, 11:25 AM GMT

Estimate

80,000 - 120,000 EUR

Lot Details

Description

Dado 

1933 - 2010

Triptyque de Saint Hubert


titled on each stretcher

oil on canvas

195,3 x 95,3 cm ; 76 7/8 x 37 ½ in.(each canvas)

Executed in 1973.


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Dado 

1933 - 2010

Triptyque de Saint Hubert


titré sur chaque toile

huile sur toile

195,3 x 95,3 cm ; 76 7/8 x 37 ½ in.(each canvas)

Exécuté en 1973.

Galerie Jeanne-Bucher, Paris

Private Collection, France


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Galerie Jeanne-Bucher, Paris

Collection Particulière, France

Paris, Galerie Jeanne Bucher, 18 September - 27 October 1973


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Paris, Galerie Jeanne Bucher, Dado, 18 septembre-27 octobre 1973

Alain Jouffroy, "Dado ou la générosité du matin", XXe siècle, no 42, juin 1974, p. 62, illustrated in colour


Filmography :

Jean Antoine, Dado - Hérouval '74, 7 mai 1974, minute : 27 : 00, illustrated in colour


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Alain Jouffroy, « Dado ou la générosité du matin », XXe siècle, no 42, juin 1974, p. 62, illustré en couleurs


Filmographie :

Jean Antoine, Dado - Hérouval '74, 7 mai 1974, minute : 27 : 00, illustré en couleurs

Born in 1933, the Montenegrin artist Dado (Miodrag Duric) is known for his works illustrating apocalyptic scenes, which engage a reflection on the human condition. Fascinated by religion and saints, the artist draws from mystical stories to create transgressive compositions. The latter are filled with morbid elements that seemingly divert the purpose of the scene, in order to create a sense of unease.


The work entitled Triptyque de Saint Hubert, created in 1973, attests to the artist’s predilection for the chaotic. The reference to Saint Hubert, which he mobilizes on several occasions, notably in the compositions La Fête de Saint-Hubert à Fleurus and Saint Hubert, constitutes a vehicle enabling him to confer a concrete form to chaos. Inspired by the crucifixion scene, Dado depicts monstrous figures with shredded skin, covered with bony protuberances. These indefinable creatures are present in a space, in which disorder and confusion remain prominent. The central panel displays ghostly figures reminiscent of the grotesque characters represented by Michelangelo in his fresco of the Last Judgment. The figures hanging around the cross refer to the perpetual fall of the damned in hell. As Alain Jouffroy claims, in his article Dado ou la générosité du matin, "Dado's 'religious' theme [...] does not refer to any kind of orthodoxy: Dado's 'Christs' are gang leaders, barbarians, princes nailed to the pillory, asking the people to dance around their pole of torture.” This transgressive approach to religious scenes persists throughout his work, and especially in the composition Le Chemin de Croix, which he painted the same year. Instead of using his signature light blue, in Triptyque de Saint Hubert the artist plunges his figures into darkness, depriving them of any hope of redemption. This dramatic scene is counterbalanced by the presence of the two owls on the right panel. These creatures, to which the artist confers human expressions, are imbued with a certain humor rendering the horror of the triptych more bearable. As for the left panel, it depicts two monstrous figures intertwined on background filled with grass, reminiscent of Francis Bacon's composition Two Figures in the Grass.


Both amusing and frightening, this work is a fragment of the fantastic universe imagined by the artist. Although Dado did not wish to be associated with the Surrealist movement, he did express great admiration for de Chirico and Magritte, from whom he drew inspiration in his early works. His reputation as a surrealist painter is further reinforced by Patrick Waldberg's text in the exhibition catalogue for Dado at the André François Petit gallery. The latter emphasizes the metaphysical atmosphere and the dreamlike aspect of his works. If Dado sees himself as an unclassifiable artist, his close link with surrealism remains undeniable.

In addition to being displayed at a major exhibition at the Jeanne Bucher Gallery, this masterpiece appears in Dado - Hérouval '74, 7, one of the most remarkable films about Dado's work and life directed by the Belgian filmmaker Jean Antoine in 1974. Triptyque de Saint Hubert is a unique piece which emphasizes the artist's complex relationship to both, religion and the current world.



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Né en 1933, l’artiste monténégrin Dado (Miodrag Duric) est réputé pour ses œuvres au caractère apocalyptique, qui engagent une réflexion sur la condition humaine. Fasciné par la religion et les saints, ce dernier, s’empare des récits mystiques pour créer des compositions à la portée transgressive. Ces dernières sont parsemées d’éléments morbides déjouant, dans certains cas, le propos de la scène, en vue de créer un malaise ambiant.

L’œuvre intitulée Triptyque de Saint Hubert, réalisée en 1973 atteste d’une prédilection pour le chaotique. La référence à saint Hubert qu’il mobilise à plusieurs reprises, notamment dans les compositions La Fête de Saint-Hubert à Fleurus et Saint Hubert, n’est qu’un prétexte lui permettant de donner une forme concrète au désordre. Inspiré par la scène de crucifixion, Dado fait intervenir des figures monstrueuses à la peau déchiquetée et recouverte de protubérances osseuses. Ces créatures indéfinissables son présentes dans un espace au sein duquel règnent le désordre et la confusion. Le panneau central laisse entrevoir des silhouettes fantomatiques faisant songer aux personnages grotesques représentés par Michel-Ange dans sa fresque du Jugement Dernier. Les figures en suspens autour de la croix renvoient à la chute perpétuelle des damnés aux enfers. Comme le revendique Alain Jouffroy, dans son article Dado ou la générosité du matin, « La thématique « religieuse » de Dado [] n’obéit donc à aucune espèce d’orthodoxie : les « Christ » de Dado sont des chefs de bande, des barbares, des princes usurpateurs cloués au pilori, et qui demandent au peuple de danser autour de leur poteau de supplice. ». Ce détournement des scènes religieuses persiste tout au long de son œuvre, et notamment au sein de la composition Le Chemin de Croix, qu’il réalise la même année. Contrairement au bleu azur typiquement mobilisé par l’artiste, les personnages du Triptyque de Saint Hubert sont plongés dans la pénombre, sans aucun espoir de rédemption. Cette scène dramatique est contrebalancée par la représentation des deux chouettes sur le panneau de droite. Ces bêtes auxquelles l’artiste confère des expressions humaines, sont porteuses d’un certain humour rendant l’horreur du triptyque plus supportable. Quant au panneau de gauche, ce dernier présente deux figures monstrueuses entrelacées sur un fond de pelouse, faisant songer à la composition Two Figures in the Grass de Francis Bacon.

 

A la fois comique et effroyable, cette œuvre est un fragment de l’univers fantastique imaginé par l’artiste. Si ce dernier ne souhaite pas être associé au mouvement surréaliste, il fait pourtant part de sa grande admiration pour de Chirico et Magritte dont il s’inspire dans ses œuvres précoces. Sa réputation en tant que peintre surréaliste est par ailleurs renforcée par le texte de Patrick Waldberg dans le catalogue d’exposition Dado à la galerie André François Petit. Ce dernier met en exergue l’atmosphère métaphysique et le caractère onirique de ses œuvres. Si Dado se perçoit comme un artiste inclassable, le lien étroit qu’il entretient avec le surréalisme demeure indéniable.

En plus d’être exposé dans le cadre d’une exposition majeure à la galerie Jeanne-Bucher, ce chef d’œuvre apparait dans Dado - Hérouval '74, 7, l’un des films les plus remarquables portant sur le travail et la vie de Dado et dirigé par le réalisateur belge Jean Antoine en 1974. Triptyque de Saint Hubert est une pièce unique qui témoigne de la relation complexe qu’entretient l’artiste, à la fois avec la religion et avec le monde actuel.