
From the Baron Pichon Collection
Auction Closed
June 28, 03:24 PM GMT
Estimate
40,000 - 60,000 EUR
Lot Details
Description
A pair of large silver-gilt wine-coolers attributed to Paul Bour, Paris, circa 1860, the liners with maker's mark of J. Gruhier, Paris, circa 1890
after Juste-Aurèle Meissonnier, the square section bodies resting on spreading bases, the handles shaped as double-tailed male and female mer-figures, each holding two dolphins, the sides applied with a coat-of-arms below a coronet, the lower bodies cast and chased with mythical figures of Phaéton and Galatea in landscapes
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Paire de grands seaux à rafraîchir en vermeil attribués à Paul Bour, Paris, vers 1860, les doublures portant le poinçon de J. Gruhier, Paris, vers 1890
d'après Juste-Aurèle Meissonnier, les corps de section carrée, les anses en forme de sirènes et tritons bifides, chacune tenant deux dauphins, les côtés appliqués d'armoiries timbrés d'une couronne, les corps inférieurs ornés de deux médaillons moulés et ciselés représentant figures mythiques de Phaéton et Galatée dans des paysages
10 7/16in. high ; 42515⁄64 oz.
Haut. 26,5 cm ; 12055.1 g
Commissioned by Baron Jérome Pichon (1812-1896) in 1856;
Anonymous sale;
Christie's, Geneva, 17 November 1997, lot 28
Christie's, London, 4 June 2013, lot 420
P. Fuhring, Juste-Aurèle Meissonnier, Un génie du Rococo, 1695-1750, 1999, II, p. 343, no. 61a.
The arms are those of Baron Jérôme Pichon (1812-1896) and probably of his wife Rosalie Clarmont, banker Jean-Charles Clarmont and Rosalie Favrin's daughter.
The commission from the famous art collector, Baron Jérôme Pichon (1812-1896), is mentioned by Peter Fuhring, in his book Meissonnier, Un génie du rococo, ed. Umberto Allemandi & Co, 1999, p. 343. A handwritten document by Baron Pichon, now in the collections of the Musée Condé in Chantilly, relates the details of the commission :
"In June 1856 I began to have executed in silver the refreshment buckets made in 1723 for M. le Duc [de Bourbon]. The plaster model was made by M.el Pascal sculptor: they were cast by Allard foundryman rue des Filles du calvaire with silver from the mines of Poulaouen in Brittany at 970 thousandths supplied by me; they were chased by Thomas my very skilful chiseller and mounted by Paul Bour goldsmith. I replaced the bas-reliefs where Neptune strikes or rather slaughters his horses with a trident by the chariot of the sun cf. pl. 7 and by a triumph of Galatea. The buckets made under my direction with all possible care succeeded well. They weigh about 6,500 fr [originally 5,000, this figure has been corrected in pencil]. My arms in the cartouche of the Oppenord lion skin have replaced the arms of the Duc de Bourbon" (Chantilly, Musée Condé, inv. B II D 24; handwritten text on Juste-Aurèle Meissonnier, inserted at the end of the artist's work).
Paul Bour, based 146 quai des orfèvres in Paris, registered his mark on 30 June 1856. He had it destroyed on 17 May 1873. Surprisingly, the buckets themselves do not bear Paul Bour's hallmark. The liners bear the hallmark of J. Gruhier, who became silversmith on 12 October 1887 in Paris. These liners made 30 to 40 years after the buckets, were most likely ordered by Baron Pichon between 1887 and 1896, the date of his death. The Gruhier hallmark was changed in 1897. Baron Pichon did not mention that the buckets were gilt, so they were most probably later gilt.
This note provides an insight into the complex process by which Baron Pichon directed the design and manufacture of these wine-coolers. This commission, which seems very personal, may explain why these buckets were not included in the famous Baron Pichon sale.
This model was created by Juste-Aurèle Meissonier for Louis-Henri de Bourbon in 1723. A drawing is now in the collection of the Rijksmuseum (n°RP-P-1998-294, illustrated above). It shows just how similar these buckets are to the original model.
Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750), goldsmith, ornemaniste (designer) and architect, was one of the most dynamic founders of the Rocaille style. After arriving in Paris from Turin in 1714, he spent ten years working on furniture at the Gobelins. He was appointed master of the goldsmiths guild in 1724, and executed some splendid interior decoration projects, the most striking of which were his extraordinarily inventive tableware, dishes, ewers and candlesticks. The model was repeated several times in the 19th century, notably by Boin-Taburet, who exhibited a reproduction of it at the 1889 Universal Exhibition.
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Les armes sont celles du baron Jérôme Pichon (1812-1896) et probablement de son épouse Rosalie Clarmont, fille du banquier Jean-Charles Clarmont et de Rosalie Favrin.
La commande du célèbre collectionneur d'art, le baron Jérôme Pichon (1812-1896), est mentionnée par Peter Fuhring, dans son célèbre ouvrage Meissonnier, Un génie du rococo, ed. Umberto Allemandi & Co, 1999, p. 343. Un document manuscrit du baron Pichon aujourd'hui conservé dans les collections du musée Condé à Chantilly, relate les détails de la commande :
«En juin 1856 j'ai commencé à faire exécuter en argent les seaux à rafraîchir faits en 1723 pour M. le Duc [de Bourbon]. Le modèle en plâtre a été fait par M.el Pascal sculpteur: ils ont été fondus par Allard fondeur rue des Filles du calvaire avec l'argent des mines de Poulaouen en Bretagne à 970 millièmes fourni par moi; ils ont été ciselés par Thomas mon très habile ciseleur et montés par Paul Bour orfèvre. J'ai remplacé les bas-reliefs où Neptune frappe ou plutôt massacre ses chevaux avec un trident par le char du soleil cf. pl. 7 et par un triomphe de Galatée. Les seaux faits sous ma direction avec tout le soin possible ont bien réussi. Ils pèsent et me sont revenus à environ 6,500 fr. [d'abord 5,000, ce chiffre a été corrigé au crayon]. Mes armes dans le cartouche de la peau de lion d'Oppenord ont remplacé les armes du duc de Bourbon» (Chantilly, Musée Condé, inv. B II D 24. Texte manuscrit sur Juste-Aurèle Meissonnier, inséré à la fin de l’œuvre de l'artiste).
Paul Bour, installé 146 quai des orfèvres, insculpe son poinçon le 30 juin 1856. Il le fait biffer le 17 mai 1873. Il est surprenant de noter que les seaux eux-mêmes ne sont pas insculpés du poinçon de Paul Bour. Les doublures de ces seaux portent le poinçon de J. Gruhier qui insculpe le 12 octobre 1887 à Paris. Ces doublures, de 30 à 40 ans postérieures à la réalisation des seaux, ont très probablement été commandées par le baron Pichon entre 1887 et 1896, date de sa mort. Le poinçon de Gruhier est modifié en 1897. Notons aussi que le baron Pichon ne mentionne pas le fait que les seaux soient dorés, ce qui laisse à penser que la dorure est postérieure.
Cette note donne un aperçu de la complexité du processus avec laquelle le baron Pichon a dirigé la conception et la fabrication de ces seaux à rafraîchir. Cette commande, qui semble très personnelle, pourrait expliquer pourquoi ces seaux n'ont pas fait partie de la fameuse vente Baron Pichon.
Réalisé par Juste-Aurèle Meissonier, ce modèle a été exécuté pour Louis-Henri de Bourbon en 1723. Un dessin le représentant fait partie aujourd'hui de la collection du Rijksmuseum (n°RP-P-1998-294, illustré ci-dessus). Il permet de voir à quel point les seaux présentés dans cette vente sont fidèles au modèle.
Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750), orfèvre, ornemaniste et architecte, fut l'un des plus dynamiques fondateurs du style rocaille. Arrivé de Turin à Paris en 1714, il travaille au mobilier des Gobelins durant dix ans. Il est nommé maître de la corporation des marchands-orfèvres en 1724, et exécute de splendides projets d'ornementation intérieure, parmi lesquels les plus marquants restent son orfèvrerie de table, plats, aiguières et chandeliers d'une extraordinaire puissance d'invention. Le modèle de ces seaux a été plusieurs fois repris au XIXe siècle, notamment par Boin-Taburet qui expose une reproduction de ce modèle à l'Exposition Universelle de 1889.
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