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Jan Schoonhoven

R77-9

Property from a Distinguished Private Collection | Provenant d'une Importante Collection Particulière

Jan Schoonhoven

Jan Schoonhoven

R77-9

R77-9

Property from a Distinguished Private Collection

Jan Schoonhoven

1914 - 1994

R77-9


signed twice, titled and dated 1977 twice on the reverse

acrylic on papier-mâché relief on board

95,4 x 80 x 7 cm ; 37 9/16 x 31½x 2¾in.

Executed in 1977.


We are grateful to Mr Antoon Melissen, Amsterdam, for his kind expert advice. The work will be included into the forthcoming catalogue raisonné.

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Provenant d'une Importante Collection Particulière

Jan Schoonhoven

1914 - 1994

R77-9


signé deux fois, titré et daté 1977 deux fois au dos

acrylique sur relief en papier mâché sur panneau

95,4 x 80 x 7 cm ; 37 9/16 x 31½x 2¾in.

Exécuté en 1977.


Nous remercions Monsieur Antoon Melissen, Amsterdam, pour son expertise. Cette oeuvre sera incluse dans le catalogue raisonné en préparation. 

For further information on the condition of this lot please contact joelle.koops@sothebys.com

Galerie m, Bochum

Private Collection, Germany (acquired directly from the above by the present owner)

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Galerie m, Bochum

Collection Particulière, Allemagne (acquis directement auprès de cette dernière par le propriétaire actuel)

Jan Schoonhoven, R77-9

Rédigé par Antoon Melissen, curateur indépendant et auteur.


Pendant près de 40 ans, Jan J. Schoonhoven (1914-1994) a travaillé sur ses reliefs monochromes blancs très caractéristiques, réalisés en papier mâché, papier et carton. Ce sont ces œuvres d'art qui lui ont valu une reconnaissance internationale à partir de la fin des années 1960. Les premiers reliefs de Schoonhoven ont été créés en 1956, après une visite chez son ami le peintre Bram Bogart (1921-2012) à Paris. Les peintures de matière informelles de Bogart – le désir de dépasser la nature bidimensionnelle de la peinture traditionnelle – ont eu une influence décisive sur les premières explorations de la spatialité dans l'œuvre de Schoonhoven.


Les éléments essentiels de la conception de l'art de Jan Schoonhoven, sa recherche de l'immobilité à travers ses sujets, son utilisation des matériaux et ses choix de composition, sont étroitement liés aux développements de l'art européen à partir de la fin des années 1950. Après une parenthèse informelle, en tant que cofondateur du Dutch Informal Group (1958-1961), Schoonhoven s'est affilié au mouvement international ZERO. En 1961, Schoonhoven a formé le Dutch Nul Group (1961-1965) avec Armando (1929-2018), Jan Henderikse (1937) et Henk Peeters (1925-2013), en incluant brièvement Herman de Vries (1931). Le Nul Group s'est éloigné de la charge émotionnelle de l'œuvre d’art, non pas en utilisant différemment des matériaux académiques familiers, mais en recherchant de nouveaux moyens et modes d'expression.

 

L'exposition de 1960 « Monochrome Malerei » (peinture monochrome), organisée par Udo Kultermann, a eu une grande importance pour la conception artistique de Jan Schoonhoven. Le musée Morsbroich de Leverkusen a présenté une large sélection de peintures monochromes, des « peintures en filet » de Yayoi Kusama – ses débuts en Europe – aux « monochromes » européens d'Enrico Castellani, Lucio Fontana, Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker et Yves Klein. Les participants partageaient le désir d'un essentialisme formel et linguistique, du silence, du vide et de l'espace. Schoonhoven n'y a pas pris part mais le catalogue de l'exposition lui a apporté de nouvelles informations. Ses premières structures quadrillées monochromes, composées de plans peu profonds et répétitifs, ont été créées au cours de l'année 1960. Selon Schoonhoven, la disposition en grille a un effet démocratisant sur la composition : la répétition d'éléments identiques, monochromes et blancs, n'a pas d'accents et exclut la voix autobiographique du créateur.

 

En 1967, Jan Schoonhoven reçoit le deuxième prix de la IXe Biennale de São Paulo, une distinction qui lui vaut une nouvelle reconnaissance internationale. En Allemagne, la demande de reliefs augmente rapidement, et la représentation de Schoonhoven par Alexander von Berswordt-Wallrabe de la Galerie m à Bochum joue un rôle important dans cette évolution. La relation de travail – et d'amitié – entre Schoonhoven et Von Berswordt-Wallrabe, qui s'est développée après la Biennale, a été productive ; au cours de la seule période 1969-1972, Schoonhoven a présenté six expositions à la Galerie m.


Les années 1970 sont une décennie exceptionnellement prolifique pour Jan Schoonhoven. À partir de 1966, les variations sur les cellules carrées et allongées de ses reliefs sont entrecoupées de nouveaux motifs tels que des plans internes inclinés vers le bas, des lignes diagonales et des formes en étoile. Mais dans le courant des années 1970, les reliefs reviennent à une imagerie plus réductrice, affinée dans ses moindres détails, sans pour autant renier complètement les nouvelles variations de formes. Le relief R77-9 (1977) démontre comment les surfaces en pente douce « adoucissent » la sérialité rigoureuse. Ces années-là, les reliefs de Schoonhoven se sont transformés en un exercice de dynamisme étroitement chorégraphié, en liant la forme, la proportion et le rythme aux propriétés imagées de l'ombre et de la lumière. C'est ainsi qu'est né le caractère sobre qui, depuis lors, est intimement associé aux reliefs de Schoonhoven.

En 1960, dans un de ses textes d'artiste, Jan Schoonhoven parlait de son désir de « (...) parvenir à une expression objective-neutre de validité générale » (Nederlandse Informele Groep, brochure, Arnhem (auto-publié par les artistes), 1960, n. p.). La tâche principale de ZERO, selon Schoonhoven quelques années plus tard, « (...) est de montrer la réalité dans son essence, la réalité réelle des matériaux, des choses localisées dans une clarté isolée ». Le relief R77-9 (1977) de Schoonhoven est une interprétation frappante de ces aspirations, de l'établissement – selon les mots de Schoonhoven – « de la réalité comme art d'une manière impersonnelle » (Jan Schoonhoven, ‘Zero’, De nieuwe stijl. Werk van de internationale avant-garde, 1 (1965), 118-123. Voir pour la traduction anglaise des écrits de Jan Schoonhoven : Antoon Melissen, Jan Schoonhoven, Rotterdam 2015, pp. 178–183.)


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Jan Schoonhoven, R77-9

Written by Antoon Melissen, independent curator and author. 


For almost 40 years, Jan J. Schoonhoven (1914­–1994) worked on his highly distinctive monochrome white reliefs, made of papier-mâché, paper and cardboard. It was these art works that earned him international recognition from the late 1960s onwards. Schoonhoven’s first reliefs were created in 1956, after a visit to his friend the painter Bram Bogart (1921-2012) in Paris. Bogart’s informal matter paintings – the desire to go beyond the two-dimensional nature of traditional painting – had a decisive influence on Schoonhoven’s earliest exploration of spatiality within his work.


The crucial elements of Jan Schoonhoven’s conception of art, his pursuit of stillness through his subject matter, use of materials, and compositional choices, were closely tied to developments in European art from the late 1950s onward. After an informal interlude, as co-founder of the Dutch Informal Group (1958–1961), Schoonhoven affiliated himself with the international ZERO movement. In 1961, Schoonhoven formed the Dutch Nul Group (1961–1965) with Armando (1929–2018), Jan Henderikse (1937) and Henk Peeters (1925–2013), briefly including herman de vries (1931). The Nul Group moved away from the emotionally charged work of art, not through a different use of familiar academic materials, but by seeking new means and modes of expression.


The 1960 exhibition ‘Monochrome Malerei’ (Monochrome Painting), curated by Udo Kultermann, was of great significance for Jan Schoonhoven’s artistic conception. Museum Morsbroich in Leverkusen showed a broad selection of monochrome paintings, from Yayoi Kusama’s ‘net paintings’ – her European debut – to European ‘monochromes’ by the likes of Enrico Castellani, Lucio Fontana, Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker and Yves Klein. Participants shared a desire for a formal and linguistic essentialism, for silence, emptiness and space. Schoonhoven did not participate, but it was the catalogue to the exhibition that brought new insights. His first monochrome grid-structures of shallow, repeating planes were created in the course of 1960. Arrangement according to a grid, discovered Schoonhoven, had a democratizing effect on the composition: a repetition of identical, monochrome-white elements had no accents and shut out the autobiographical voice of the maker.

 

In 1967, Jan Schoonhoven was awarded second prize at the IX São Paulo Biennial, a distinction that led to new international recognition. In Germany, the demand for reliefs grew rapidly, and Schoonhoven’s representation by Alexander von Berswordt-Wallrabe of Galerie m in Bochum played an important role in this development. Schoonhoven’s working relationship – and friendship – with Von Berswordt-Wallrabe, which developed after the Biennial, was productive; in the 1969–1972 period alone, Schoonhoven had six shows at Galerie m.

The 1970s proved an exceptionally prolific decade for Jan Schoonhoven. From 1966 onward, variations on square and elongated cells of his reliefs were interspersed with new motifs such as downward-sloping internal planes, diagonal lines, and star shapes. But in the course of the 1970s, relief designs returned to a more reductionist imagery, honing it down to the finest details, without completely denying the new form variations. Relief R77-9 (1977) illustrates how gently sloping surfaces ‘soften’ the stringent seriality. These years, Schoonhoven’s reliefs developed into a tightly choreographed exercise in dynamism, by linking form, proportion and rhythm to the imaging properties of light and shadow. It led to the restrained character that has ever since been intimately associated with Schoonhoven’s reliefs.

In 1960, in one of his artist’s texts, Jan Schoonhoven spoke of his desire for ‘(…) arriving at an objective-neutral expression of general validity.’ (Nederlandse Informele Groep, brochure, Arnhem (self-published by the artists), 1960, n.p). ZERO’s principal task, according to Schoonhoven a few years later, ‘(…) is to show reality in essence, the real reality of materials, of localized things in isolated clarity.’ Schoonhoven’s relief R77-9 (1977) is a striking interpretation of these aspirations, of – in Schoonhoven words – ‘establishing reality as art in an impersonal way.’(Jan Schoonhoven, ‘Zero’, De nieuwe stijl. Werk van de internationale avant-garde, 1 (1965), 118-123. See for an English translation of Jan Schoonhoven’s writings: Antoon Melissen, Jan Schoonhoven, Rotterdam 2015, pp. 178–183.)