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Christo

Brite Green Store Front, Project

Property from the Estate of Christo and Jeanne-Claude | Provenant de la Succession Christo et Jeanne-Claude

Christo

Christo

Brite Green Store Front, Project

Brite Green Store Front, Project

Property from the Estate of Christo and Jeanne-Claude

Christo

1935 - 2020

Brite Green Store Front, Project


signed, titled and dated 65

pencil, wood, enamel paint, cardboard, corrugated cardboard, Plexiglas, fabric, brown wrapping paper, wax crayon, charcoal and galvanised metal

122,4 x 96,5 x 7,6 cm; 48 3/16 x 38 x 3 in.

Executed in 1965.

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Provenant de la Succession Christo et Jeanne-Claude

Christo

1935 - 2020

Brite Green Store Front, Project


signé, titré et daté 65

crayon, bois, peinture émaillée, carton, carton ondulé, plexiglas, tissu, papier d'emballage brun, crayon de cire, fusain et métal galvanisé

122,4 x 96,5 x 7,6 cm; 48 3/16 x 38 x 3 in.

Exécuté en 1965.

For further information on the condition of this lot please contact joelle.koops@sothebys.com

Galerie Daniel Varenne, Geneva

William N. Copley Collection, New York 

Sotheby Parke-Bernet, 5 November 1979, Lot 62

Sotheby's New York, Contemporary Art, Part II, 11 November 1988, Lot 258

Mr and Mrs Eric Beyersdorf Collection, Geneva

Sotheby's Paris, Art Contemporain Vente du Soir, 2 June 2015, Lot 19

Christo and Jeanne-Claude Collection, New York

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Galerie Daniel Varenne, Genève

Collection William N. Copley, New York

Sotheby Parke-Bernet, 5 Novembre 1979, Lot 62

Sotheby's New York, Contemporary Art, Part II, 11 Novembre 1988, Lot 258

Collection Mr et Mme Eric Beyersdorf, Genève

Sotheby's Paris, Art Contemporain Vente du Soir, 2 Juin 2015, Lot 19

Collection Christo et Jeanne-Claude, New York

David Bourdon, Christo, New York, 1971, no. 78, illustrated

Christo and Jeanne-Claude, Cologne 2010, p. 228, illustrated

Paul Goldberger, Wolfgang Volz and Jeanne-Claude, Christo and Jeanne-Claude, Cologne 2019, p. 232, illustrated in colour

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David Bourdon, Christo, New York, 1971, no. 78, illustré

Christo and Jeanne-Claude, Cologne 2010, p. 228, illustré

Paul Goldberger, Wolfgang Volz et Jeanne-Claude, Christo and Jeanne-Claude, Cologne 2019, p. 232, illustré en couleurs

Berlin, Martin-Gropius Bau, Christo and Jeanne-Claude: Early Works 1958-69, 2001, p. 111, no. 169, illustrated in colour

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Berlin, Martin-Gropius Bau, Christo and Jeanne-Claude: Early Works 1958-69, 2001, p. 111, no. 169, illustré en couleurs

Durant l’année 1964, Christo emménage à New York où il réalise ses premières Store Fronts, dans la continuité des vitrines à l’échelle grandeur nature initiée l’année précédente. Brite Green Store Front Project est un dessin préparatoire de grand format rendant compte de l’hommage rendu par l’artiste aux devantures newyorkaises, vestiges du passé de cette ville en pleine mutation architecturale. 


Ce dessin est un exemple exceptionnel des dessins préliminaires exécutés pour les Store Fronts. La vitrine, isolée du reste du bâtiment dans un espace dénué de profondeur, est traitée comme un élément à part entière et pourvue d’une existence propre. Un soin particulier est porté à la représentation des plis des papiers froissés, des ombres portées de la toile tendue à l’arrière-plan et des détails architecturaux – notamment ceux présents dans le soubassement de la vitrine – démontrant la grande capacité de dessinateur de l’artiste. 


Interprétant un thème récurrent dans l’œuvre de Christo qui réside dans le rejet de la fonctionnalité, les Store Fronts ont vocation à dissimuler totalement la vitrine d’une boutique, opérant ainsi une inversion totale de son statut. En effet, la vitrine a originellement vocation à exposer des objets d’art ou des objets de consommation courante de manière ostentatoire, mais ces objets sont ici occultés dans une vitrine impénétrable, induisant un bouleversement de notre vision en tant que spectateur, ou simple flâneur, renversant ainsi notre appréhension routinière du monde.


Cette interprétation est également ambivalente puisque la dissimulation de la vitrine tapissée avec du tissu, de la peinture et des matériaux divers, si elle rend l’espace impénétrable, laisse transparaitre la lumière interne à l’œuvre qui transparait à travers le voile de la vitrine. Dans une optique voyeuriste, cet élément fait naitre chez le visiteur le désir de pénétrer cet intérieur induit par la présence potentielle d’un objet inconnu, ce qui renforce le caractère énigmatique et intime de l’œuvre. 


« Je pense à ce processus comme à quelque chose qui vient d'une sorte d'idée "voyeuriste". (...) On ne peut pas voir ce qu'il y a derrière la porte, on ne peut pas non plus ouvrir la porte, et c'est comme si on assistait à un changement de statut, une transformation qui remet en question le sens et la fonction... » (Christo interviewé dans Cahiers d’art – Christo, mai 2020).


Par cette remise en question du concept de vitrine, les œuvres de cette série peuvent être rapprochées du dispositif mis en place par Arman à la galerie Iris Clert au mois d’octobre 1960 avec son exposition « Le Plein », puisque la vitrine, première vision de la galerie, était saturée d’objets formant un all-over rendant imperceptible l’espace d’exposition depuis l’extérieur. D’autre part, il tourne le dos à toutes les fenêtres de l’histoire de l’art comme l’a suggéré Matthias Koddenberg : « Ces premières façades aux surfaces patinées dégageaient le charme de l'ancien et de l'usé et apparaissaient comme un hommage romantique au passé de New York, même si leur aspect anonyme ne faisait aucune référence à la ville. Avec leurs fenêtres couvertes et leurs portes verrouillées, elles tournaient le dos à toutes les fenêtres de l'histoire de l'art – de Jan Vermeer à Caspar David Friedrich – qui étaient représentées comme des sources de lumière scintillante ou qui ouvraient une vue séduisante sur le monde. » (Matthias Koddenberg cité dans Cahiers d’art – Christo, 29 octobre 2020).

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In 1964, Christo moved to New York where he produced his first Store Fronts, a continuation of the life-size window displays he had begun the previous year. Brite Green Store Front Project is a large-scale preparatory drawing that pays homage to New York storefronts, remnants of the city's past that were undergoing major architectural changes.


This drawing is an exceptional example of the preliminary drawings made for the Store Fronts. The storefront, isolated from the rest of the building in a space without depth, is treated as an element in its own right and given its own existence. Particular attention is paid to the representation of the folds of crumpled paper, the shadows cast by the canvas stretched in the background and the architectural details - particularly those in the window's base - demonstrating the artist's great drawing ability.


Interpreting a recurring theme in Christo's work, which is the rejection of functionality, the Store Fronts are intended to conceal the shop window completely, thus completely reversing its status. Indeed, the shop window was originally intended to display art objects or objects of everyday consumption in an ostentatious manner, but here these objects are concealed in an impenetrable window, inducing a disruption of our vision as spectators, or simple strollers, thus reversing our routine apprehension of the world.


This interpretation is also ambivalent, since the concealment of the showcase lined with fabric, paint and various materials, while making the space impenetrable, also allows the light within the work to shine through the veil of the showcase. From a voyeuristic point of view, this element gives the visitor the desire to penetrate this interior induced by the potential presence of an unknown object, which reinforces the enigmatic and intimate character of the work.


“I think of that process as something that comes from a sort of ‘voyeuristic’ idea. (…) You can’t see what’s behind the door, neither can you open the door, and it’s like you’re witnessing a change of status, a transformation that questions the meaning and the function (…)” (Christo interviewed in Cahiers d’art, mai 2020).


Through this questioning of the concept of the vitrine, the works in this series can be compared to the device set up by Arman at the Iris Clert Gallery in October 1960 with his exhibition ‘Le Plein’, during which the gallery’s vitrine was saturated with objects forming an all-over pattern which rendered the exhibition space imperceptible from the outside. On the other hand, this installation turns its back on all the windows of art history, as Matthias Koddenberg suggested: “These early facades with their patinated surfaces exuded the charming flair of the old and worn and appeared as a romantic tribute to New York’s past, although their anonymous look made no reference to the city. With their covered windows and locked doors, they turned their back on all those windows in art history – ranging from Jan Vermeer to Caspar David Friedrich – that had been depicted as sources of glistening light or had opened up an alluring vista of the world” (Matthias Koddenberg quoted in Cahiers d’art – Christo, 29 October 2020).