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Property from the Estate of Christo and Jeanne-Claude | Provenant de la Succession Christo et Jeanne-Claude

Christo

Package

This lot has been withdrawn

Lot Details

Description

Property from the Estate of Christo and Jeanne-Claude

Christo

1935 - 2020

Package


signed and dated 63 on the reverse

fabric, twine and rope

108 x 55,8 x 31,7 cm; 42½x 22 x 12½in.

Executed in 1963.

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Provenant de la Succession Christo et Jeanne-Claude

Christo

1935 - 2020

Package


signé et daté 63 au dos

tissu, ficelle et corde

108 x 55,8 x 31,7 cm; 42½x 22 x 12½in.

Exécuté in 1963.

This Lot has been withdrawn from the sale.

Collection Christo et Jeanne-Claude, New York

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Collection Christo et Jeanne-Claude, New York

Paul Goldberger, Christo and Jeanne-Claude, Christo and Jeanne-Claude, Cologne, 2019, P. 209, illustrated in colour

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Paul Goldberger, Christo and Jeanne-Claude, Christo and Jeanne-Claude, Cologne, 2019, P. 209, illustré en couleurs

L’œuvre n’est pas emballée, elle est empaquetée. Ce dernier terme est cher à Christo, qui a inventé son propre style artistique. Ses premiers objets empaquetés datent de 1958 avec son installation Inventaire, qui occupait toute une pièce. Les créations de Christo ne sont pas venues d’une idée ex nihilo, mais d’une longue réflexion autour de l’accessibilité de la sculpture grâce à des matériaux communs.


Pour ses premiers empaquetages, l’artiste joue avec les codes de l’identité. Parfois il rend des objets quotidiens totalement méconnaissables, tandis qu’à d’autres moments il laisse seulement le doute planer sur la nature de l’objet. En conséquence, cela engendre une interrogation sur la fonction et l’essence même de ces éléments physiques. L’ambivalence naît alors de l’essence même de la chose, qui est transposée de manière intemporelle dans l’empaquetage.


La présente œuvre de 1961 est caractéristique de la technique d’empaquetage de Christo. L’objet est invisible, seul son poids, ses extrémités et sa surface camouflée semblent tangibles. Il est recouvert de tissu et est ficelé avec de la corde, comme une seconde peau, masquant ainsi les contours propres à l’objet. Ce dernier rayonne alors par sa seule intériorité. Dissimulé de la sorte, l’objet devient alors mystérieux et amène le spectateur à s’interroger sur son identité, tout en le considérant en dehors de son contexte usuel. Le paquet obtient ainsi une nouvelle dimension sculpturale et dévoile un potentiel artistique qu’on n’aurait pas soupçonné. C’est en voilant l’objet que l’empaquetage suscite du désir. La dissimulation attise la curiosité et l’attention portée à l’objet se trouve alors décuplée, alors que le spectateur ne lui aurait pas accordé autant de valeur si celui-ci s’était présenté nu, sans empaquetage. En outre des concepts liés au désir et à la curiosité, les empaquetages ficelés et anonymes interrogent aussi des notions plus sombres, comme celles de la suppression et de la censure. Ces œuvres de Christo font également écho à l’économie contemporaine, matérialiste, interpellant notre manière de consommer. L’artiste emploie des biens de consommation, non pas pour les mettre en valeur mais pour leur donner un nouvel aspect dans un contexte artistique, loin des questions de marché et de politique économique.


Alors que Duchamp détournait les objets usuels et leur donnait valeur d’œuvre d’art en les détournant, en les plaçant dans des contextes inhabituels, Christo réussit à réanimer notre regard à travers l’emballage et le recyclage poétique de la réalité urbaine. L’empaquetage recouvre intégralement et par la même dérobe l’objet, semblant donner au paquet « sa propre finalité ». Ces empaquetages sont alors empreints de la personnalité de l’artiste. Les attaches sont fines, spontanées, irrégulières, les nœuds sont nombreux. Plus qu’une signature en bas d’une œuvre, l’empaquetage apparaît ainsi comme la signature manifeste de Christo.

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The work is not wrapped, it is packaged. This last term is important to Christo, who invented his own artistic style. His first packaged objects date back to 1958 with his installation Inventaire [Inventory], which occupied an entire room. Christo's creations did not come from idea ex nihilo, but from a long reflection on the accessibility of the sculpture through common materials.


From his first packages, the artist played with the norms of identity. Sometimes, he transformed everyday objects into unrecognizable items, and other times, he cast a shadow of doubt over the true nature of the object. This in turn leads to challenging the true function and very essence of these physical elements. The impermanence originates from the very essence of the thing, which is transposed in a timeless way through its packaging.


The present work from 1961 is characteristic of Christo's packaging technique. The object is invisible, only its weight, extremities and camouflaged surface seem tangible. Like a second skin, the fabric, tied with ropes, enrobes the object, which contours disappear under the folds. The packaged object then glows with its own inwardness. So concealed, the object becomes mysterious and leads the spectator to wonder about its identity, all the while considering it outside its usual context. The package thus develops a new sculptural dimension and reveals an artistic potential that one would not have suspected. It is by veiling the object that it arouses desire. The concealment sparks curiosity, so the attention paid to the object is multiplied tenfold. The spectator would not have given it as much value if it had been presented naked, without being packed. In addition to concepts related to desire and curiosity, the anonymous Packages also question darker topics, such as those of suppression and censorship. Christo's work also evokes the contemporary, materialistic economy, questioning our way of consuming. The artist uses consumer goods, not to highlight them but to give them a new meaning in an artistic context, far from questions related to markets and economic policy.


While Duchamp appropriated everyday objects and elevated them to art by transforming them and placing them in unusual contexts, Christo revived our gaze through the use of packaging and poetic recycling of urban reality. The packaging simultaneously covers the object completely and hides it, seeming to give the package "its own purpose". These Packages are thus infused with the artist's personality. The ties are thin, spontaneous, irregular and the knots are numerous. More than a signature at the bottom of a work, the packaging itself is Christo's manifest signature.