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Simon Hantai

Etude / Blancs (two-sided)

Simon Hantai

Simon Hantai

Etude / Blancs (two-sided)

Etude / Blancs (two-sided)

Simon Hantai

1922 - 2008

Etude / Blancs (two-sided)


signed with initials and dated 69-73 (Etude); signed with initials and dated 73 (Blancs)

oil and acrylic on canvas (Etude); acrylic on canvas (Blancs)

273 x 242 cm; 107 ½ x 95 ¼ in. (unframed canvas) ; 265 x 233 cm ; 104 5/16 x 91 3/4 in. (framed canvas)

Executed in 1969-1973 (Etude); executed in 1973 (Blancs). 


This work will be included in the forthcoming Catalogue Raisonné of the artist currently being prepared by the Archives Simon Hantaï.

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Simon Hantai

1922 - 2008

Etude / Blancs (double-face)


signé des initiales et daté 69-73 (Etude); signé des initiales et daté 73 (Blancs)

huile et acrylique sur toile (Etude); acrylique sur toile (Blancs)

273 x 242 cm; 107 ½ x 95 ¼ in. (toile libre) ; 265 x 233 cm ; 104 5/16 x 91 3/4 in. (toile encadrée)

Exécuté en 1969-1973 (Etude); exécuté en 1973 (Blancs).


Cette oeuvre sera incluse dans le Catalogue Raisonné de l'artiste actuellement en préparation par les Archives Simon Hantaï.

For further information on the condition of this lot please contact joelle.koops@sothebys.com
Please note the visible dimensions of the canvas inside its frame are 265 x 233 cm ; 104 5/16 x 91 3/4 in. Veuillez noter que les dimensions à vue de la toile dans son cadre sont de 265 x 233 cm ; 104 5/16 x 91 3/4 in.

Galerie Jean Fournier, Paris

Private collection

Galerie Baudouin Lebon, Paris

Private collection (acquired from the above circa 1980)

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Galerie Jean Fournier, Paris

Collection particulière

Galerie Baudouin Lebon, Paris

Collection particulière, Suisse (acquis auprès de cette dernière circa 1980)

Etude/Blancs est un chef-d’œuvre et témoin privilégié des innovations conduites par l’un des plus grands peintres du XXe siècle à travers ses deux séries éponymes, Etudes (1969-71) et Blancs (1973-74). Doublement signée de la main de la main de l’artiste, cette peinture constitue un cas presque unique dans sa trajectoire puisqu’elle présente deux faces dont chacune est traitée comme une œuvre à part entière. Cette particularité impose un accrochage spécifique, hors des cimaises, privilégiant une présentation dans l’espace soulignant la monumentalité de l’œuvre et son aura. Ce dispositif d’exposition permettant également la mise en exergue du caractère quasi sculptural de l’œuvre constituée d’une multitude de pliages.


En effet, cette œuvre double-face est exécutée selon la technique développée par Hantaï dès l’année 1960 « le pliage comme méthode », qui rend compte de la place essentielle accordée à l’imprévisibilité du geste et au hasard dans son processus créatif. A partir de cette période, la toile est pliée avant d’être peinte, puis dépliée pour s’incarner. Plusieurs séries en découlent, dont le cycle inaugural éblouissant des Mariales (1960-62), chacune réinventant une nouvelle pratique du pliage et, par essence, une configuration formelle renouvelée.


L’aspect remarquable de Etude/Blancs est renforcé par le caractère inouï de ses origines. En effet, sa genèse prend naissance en 1969, année durant laquelle Hantaï débute le cycle des Etudes. Les toiles de cette série sont caractérisées par la présence de petits plis répartis uniformément sur la surface et recouverts d’une unique couleur qui, après le dépliage de la toile, est divisée et fragmentée par un fond blanc non peint. Pour la première fois dans la trajectoire d’Hantaï, on observe une équivalence voulue du peint et du non-peint « (…) le rapport entre le peint et le non-peint est radicalement modifié, inversé. Le peint n’est plus là pour lui-même, mais active le non-peint exclusivement. » (Cat. Exp., Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, Hantai, peintures 1958-1968, 21 décembre 1968 – 16 mars 1969, préface de François Mathey, n. p.).


Les vestiges de cette première phase créatrice sont visibles dans les touches de couleur noire qui ponctuent la composition, alternant avec les vides du fond neutre. Cette étape constitue un des derniers témoignages de l’usage de la peinture à l’huile dans la production de l’artiste, medium qu’il délaissera au profit de l’acrylique dès les années 1970 et qu’il emploiera jusqu’à la fin de sa période créative.


Quelques années plus tard, l’Etude initiale est reprise par Hantaï en 1973, ce qui constitue une pratique exceptionnelle dans sa carrière. L’artiste lui surimpose de vives touches de peinture bleue dont l’empreinte vient s’inscrire sur le pigment noir préalablement apposé sur la toile, faisant de cette Etude une œuvre d’une rareté exceptionnelle constituant sans doute l’un des seuls exemples de la série qui présente deux couleurs au lieu d’une.


L’effervescence créatrice de Hantaï ne s’interrompt pas à ce stade puisque l’artiste choisi de poursuivre son innovation en se confrontant au revers du support qu’il mue en une œuvre à part entière. A l’époque, il est engagé dans une nouvelle série, celle des Blancs (1972-73), qui se distingue principalement de la précédente par l’emploi de teintes multiples, substituées au motif monochrome des Etudes, mais également par l’introduction de zones colorées restreintes – et non plus équivalentes – les éclats colorés incarnant le rôle habituellement dévolu aux zones non-peintes.


Bien que les deux faces de la peinture rendent compte d’un processus créatif distinct les définissant comme deux œuvres d’art autonomes, des points de similarité les unissent participant à l’harmonie de l’ensemble. D’une part, elles sont dans toute l’œuvre d’Hantai, les séries d’où sa main est la plus absente ; d’autre part, dans l’une comme dans l’autre, sa méthode s’incarne de manière prépondérante au point de devenir une doctrine ; enfin, elles illustrent l’idée de stricte équivalence entre le peint et le non peint, les éclats de couleurs devenant quasiment un produit second n’existant que pour faire émerger le fond neutre de l’œuvre.


D’autre part, sur les deux faces de l’œuvre le fond n’est pas traité de manière neutre, mais comme une surface dynamique, mouvante et lumineuse. Les zones peintes et non-peintes dialoguent dans la composition à dessein de former un riche flux coloré au caractère insaisissable, offrant des illusions chromatiques spectaculaires. Les deux faces de l’œuvre se répondent ainsi dans une surcharge visuelle, une perception déstabilisatrice et changeante « (…) le regard s’y laisse prendre, s’y engage, s’y retrouve et s’y perd » (Cat. Exp., Marseille, ARCA, Hantai, 5 février – 19 mars 1983, texte de Marcelin Pleynet, « Identité de la lumière », n. p.).


La somptuosité de l’œuvre est renforcée par sa provenance. En effet, elle fût originellement acquise par la Galerie Fournier, dont l’action de son directeur, Jean Fournier, a eu une influence prépondérante sur la trajectoire de Hantaï. A partir de 1956, l’artiste expose presque annuellement dans cette galerie jusqu’en 1982 – année à laquelle il cesse de peindre – par la suite ses expositions y suivront un rythme plus sporadique. En 1969, une exposition est dédiée à la série des Etudes ; cinq années plus tard ce sont deux expositions consacrées aux Blancs qui y sont organisées. Acquise dans les années 1980 par un collectionneur privé, l’œuvre n’est jamais parue en vente publique : Etude/Blancs est une redécouverte.


Une rétrospective d’exception lui est actuellement dédiée à la Fondation Louis Vuitton, pour célébrer le centenaire de l’anniversaire de Simon Hantaï (1922-2008). Elle s’inscrit dans une série d’expositions prestigieuses qui lui ont été consacrées ces dernières années : la rétrospective organisée au Centre Pompidou en 2013, l’exposition à la Mnuchin Gallery de New York en 2016 ainsi que l’exposition qui s’est récemment clôturée à Gagosian New York. 


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Etude/Blancs is an undisputed masterpiece and permits privileged access into the innovations led by one of the greatest painters of the 20th century through his two eponymous series, Etudes (1969-71) and Blancs (1973-74). Double-signed by the artist's hand, this painting is most probably unique in the fact that it presents two sides, each of which is treated as a work in its own right. This particularity entails a specific hanging, outside the confines of a stretcher, favouring a presentation in the space that underlines the monumentality of the work and its aura. This exhibition arrangement also allows the quasi-sculptural nature of the work, made up of multitudinous folds, to be highlighted.


Indeed, this double-sided work is executed according to the technique developed by Hantaï in 1960, "folding as a method", which reflects the essential place given to the unpredictability of the gesture and to chance in his creative process. From this period onwards, the canvas is folded, painted, and then unfolded to be reveal the result. Several series in this vein ensued, including the dazzling inaugural cycle of ‘Les Mariales (1960-62)’, each reinventing a new practice of folding and a renewed formal configuration.


The remarkable aspect of Etude/Blancs is reinforced by the unprecedented nature of its origins. Indeed, its genesis lies in 1969, the year in which Hantaï began the ‘Etudes’ cycle. The paintings in this series are characterised by the presence of small folds evenly distributed over the surface and covered with a single colour which, after the canvas is unfolded, is divided and fragmented by an unpainted white background. For the first time in Hantaï's career, we observe a deliberate equivalence between the painted and the unpainted "(...) the relationship between the painted and the unpainted is radically modified, inverted. The painted is no longer there for itself but activates the unpainted exclusively.” (Cat. Exp., Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, Hantai, paintings 1958-1968, 21 December 1968 - 16 March 1969, preface by François Mathey, n. p.).


The vestiges of this first creative phase can be seen in the touches of black colour that punctuate the composition, alternating with the voids of the neutral background. This stage is one of the last testimonies to the use of oil paint in the artist's production, a medium that he abandoned in favour of acrylics from the 1970s onwards and which he used until the end of his creative period.


A few years later, the initial ‘Etude’ was taken up by Hantaï in 1973, which constitutes an exceptional practice in his career. The artist embellished it with vivid touches of blue paint, the imprint of which is inscribed on the black pigment previously applied to the canvas, making this an exceptionally rare work, and probably one of the only examples in the series that presents two colours instead of one.


Hantaï's creative effervescence did not stop at this stage, as the artist chose to pursue his innovation by confronting the reverse side of the support, which he transformed into a work in its own right. At the time, he was engaged in a new series, that of the ‘Blancs’ (1972-73), which differed mainly from the previous one in its use of multiple colours, which substituted the monochrome motifs of the ‘Etudes’, but also by the introduction of restricted coloured areas, with the coloured splinters embodying the role usually assigned to non-painted areas.


Although the two sides of the painting reflect a distinct creative process that defines them as two autonomous works of art, there are points of similarity that unite them and contribute to the harmony of the whole. On the one hand, they are part of the two series in which the artist’s hand is most absent. On the other hand, in both, his method is so preponderantly embodied as to become a doctrine. In the end, they both illustrate the idea of strict equivalence between the painted and the unpainted, with the bursts of colour becoming almost a secondary product existing only to bring out the neutral background of the work.


On the other hand, on both sides of the work the background is not treated neutrally, but as a dynamic, moving and luminous surface. The painted and unpainted areas interact in the composition to form a rich, elusive flow of colour, offering spectacular chromatic illusions. The two sides of the work thus respond to each other in a visual overload, a destabilising and changing perception "(...) the eye is caught up in it, engaged in it, finds itself and loses itself in it" (Cat. Exp., Marseille, ARCA, Hantai, 5 February - 19 March 1983, text by Marcelin Pleynet, "Identité de la lumière", n. p).


The sumptuousness of the work is reinforced by its provenance. Indeed, it was originally acquired by the Galerie Fournier, whose director, Jean Fournier, had a major influence on Hantaï's career. From 1956 onwards, the artist exhibited almost annually in this gallery until 1982 - the year in which he stopped painting - after which his exhibitions followed a more sporadic rhythm. In 1969, an exhibition was dedicated to the ‘Etudes’ series; five years later, two exhibitions devoted to the Blancs were held there. Acquired in the 1980s by a private collector, the work has never appeared at auction sale: Etude/Blancs is a rediscovery.


An exceptional retrospective is currently dedicated to the artist at the Fondation Louis Vuitton, in celebration of the centenary of Simon Hantaï's birthday (1922-2008). It is part of a series of prestigious exhibitions dedicated to him in recent years: amongst them, the retrospective organised at the Centre Pompidou in 2013, the exhibition at the Mnuchin Gallery in New York in 2016 and, more recently, an exhibition at Gagosian New York.