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Lucio Fontana

Coccodrilli

Lucio Fontana

Lucio Fontana

Coccodrilli

Coccodrilli

Lucio Fontana

1899 - 1968

Coccodrilli


inscribed on the base

glazed terracotta

70 x 27 x 7 cm; 27 ½ x 10 ⅝ x 2 ¾ in.

Executed in 1937, this work is unique.


This work is registered in the Fondazione Lucio Fontana, Milan, under the n. 4367/1 and it is accompanied by a certificate of authenticity issued by the Lucio Fontana Fondation, Milan. The work will be included in the forthcoming Catalogue Raisonné of ceramic works currently being prepared by the Fondazione Lucio Fontana, Milan. 

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Lucio Fontana

1899 - 1968

Coccodrilli


inscrit sur la base

terre cuite émaillée

70 x 27 x 7 cm; 27 ½ x 10 ⅝ x 2 ¾ in.

Exécutée en 1937, cette oeuvre est unique.


Cette œuvre est enregistrée à la Fondation Lucio Fontana, Milan, avec le n° 4367/1 et elle est accompagnée d'un certificat d'authenticité délivré par la Fondation Lucio Fontana, Milan. L'œuvre sera incluse dans le prochain Catalogue Raisonné des œuvres en céramique que prépare actuellement la Fondazione Lucio Fontana, Milan.

For further information on the condition of this lot please contact joelle.koops@sothebys.com

Private Collection, Paris

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Collection particulière, Paris

Lucio Fontana, Le mie ceramiche, in 'Tempo', 21 September 1939, p. 29, no. XVII, year III

Cristalli e ceramiche al Palazzo dell'Arte, 'Domus', Milan, August 1946, no. 212, p. 14, illustrated

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Lucio Fontana, Le mie ceramiche, 'Tempo', 21 Septembre 1939, p. 29, no. XVII, an. III

Cristalli e ceramiche al Palazzo dell'Arte, 'Domus', Milan, Août 1946, no. 212, p. 14, illustré

Milan, Triennale di Milano, Palazzo dell'Arte, RIMA (Riunione Italiana Mostre d'Arredamento), Cristalli e ceramiche, 1946

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Milan, Triennale di Milano, Palazzo dell'Arte, RIMA (Riunione Italiana Mostre d'Arredamento), Cristalli e ceramiche, 1946

Cette paire de crocodiles polychromes est un exemplaire d’une qualité exceptionnelle de la production de céramiques de Lucio Fontana. Si Fontana est internationalement connu pour ses toiles monochromes lacérées, il n'a en réalité débuté la réalisation de ses célèbres toiles concetto spaziale qu’à l’âge de cinquante ans et se définissait avant tout comme un sculpteur.


En 1928, Lucio Fontana s'inscrit à la prestigieuse Accademia di Brera de Milan et passe les deux années suivantes à étudier sous l'égide du sculpteur Adolfo Wildt, dont les sculptures modernistes en marbre auront un effet durable sur son jeune disciple. Néanmoins, Fontana ne tarde pas à rejeter le cursus formaliste qui privilégie les sculptures néoclassiques, bouleversant les perceptions de la sculpture de l'époque pour repousser les limites du médium, tout comme il le fera plus tard avec ses peintures.


L'œuvre singulière Coccodrilli (« Crocodiles ») appartient à ce que l’artiste a défini comme « l'aquarium pétrifié et brillant » (Le mie ceramiche, in « Tempo », 1939) – un groupe d'une cinquantaine de productions figuratives polychromes inspirées du règne animal. Cette pièce est l'une des plus grandes de la série et l'une des rares sculptures de crocodile y figurant. Coccodrilli rassemble les éléments-clés de la technique idiosyncrasique de Fontana, tant au niveau de la sculpture que de la peinture.


En termes de matérialité, ce couple de crocodiles témoigne de l'instinct presque primaire que Fontana emploie à travailler l'argile. La surface irrégulière de l'œuvre est le résultat du fait que, plutôt que d'utiliser une roue pour obtenir un effet plus « propre » et arrondi, Fontana sculptait manuellement, ajoutant du volume et du dynamisme afin de donner vie aux sculptures par ses gestes. Comme le déclarait l'artiste lui-même, « Je suis un sculpteur et non un potier. Je n'ai jamais tourné une assiette sur un tour ou peint un vase... Les critiques disent 'Céramiste', je dis 'Sculpteur' ». (Le mie ceramiche, dans "Tempo", 1939). Les surfaces imparfaites de ces œuvres s'opposent courageusement aux créations céramiques classiques produites à Copenhague ou à Sèvres à l'époque.


En ce qui concerne la finition, si la forme anatomique du couple de crocodiles évoque leur modèle original, leurs couleurs chatoyantes démentent leur représentation semi-naturaliste. Dans ce couple aux couleurs saisissantes, Fontana ajoute une quatrième dimension à la sculpture grâce à l'utilisation délibérée de glaçages aux couleurs vives. Comme l'écrit l'historien de l'art Anthony White, « en mobilisant la force subversive du kitsch pour critiquer la version étiolée du modernisme promue en Italie dans les années 1930, Fontana réagit à la suppression de la matérialité et de la sensualité... dans les expositions modernistes fascistes. » (Lucio Fontana, Rétrospective, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 2014, p. 80)


Les œuvres céramiques antérieures, telles que Coccodrilli, occupent une position cruciale dans l'œuvre de l'artiste. Fontana lui-même déclare dans l'article « Perché sono spaziale » (1952) que ses œuvres en céramique des années 1930 sont le résultat d'une « recherche d'une forme pure d'art », avant même la publication de son révolutionnaire Manifiesto blanco en 1946. Cette céramique en particulier est également précurseur des œuvres sphériques à grande échelle et révolutionnaires de Natura de la fin des années 1950, avec leurs bords bruts et leur masse corporelle importante. En effet, l'intérêt profond de Fontana pour l'argile se poursuivra jusqu'à la disparition de l'artiste en 1968.


Un autre sculpteur, Ugo La Pietra, a écrit à propos de la production céramique de Fontana : « J'ai toujours admiré la facilité avec laquelle Fontana abordait la matière (des peintures monochromes à l'argile), ainsi que son exploration du signe, sa moustache, son sourire, son élégance vestimentaire, ses mains fortes et aussi la manière fantastique dont il décrivait l'avenir de nos vies. Aujourd'hui encore, chaque fois que je grave la surface d'une céramique avec un instrument pointu, courbé avec mes outils d'écriture, je pense à Lucio Fontana. » (S. Casoli, E. Geuna, Fontana Luce e Colore, catalogue d'exposition, Gênes 2008, p. 112)

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This pair of polychrome crocodiles is an exceedingly high-quality exemplar from Lucio Fontana’s lifelong ceramic production. Fontana may be internationally renowned for his slashed monochrome canvases, but he would not, in fact, begin his famous ‘spatial concept’ canvases until he turned fifty. Instead, Fontana defined himself first and foremost as a sculptor.

 

Lucio Fontana enrolled in the prestigious Accademia di Brera of Milan in 1928 and would spend the next two years studying under the aegis of the sculptor Adolfo Wildt, whose modernist sculptures in marble would have a lasting effect on his younger disciple. Nevertheless, Fontana was soon to reject the formalist curriculum which privileged neo-classical sculptures, overturning the perceptions of sculpture at the time to push the boundaries of the medium, just as he would later with his paintings.

 

Coccodrilli (Crocodiles’) belongs to the self-defined “petrified and shiny aquarium” (Le mie ceramiche, in ‘Tempo’, 1939) – a group of fifty or so polychrome figurative executions inspired by the animal kingdom. This piece is one of the largest in the series and one of just a handful of sculptures of the crocodile.

 

This singular work encapsulates the key elements of Fontana’s idiosyncratic technique, both in terms of sculpting and in terms of painting. In its materiality, this crocodile couple evidences Fontana’s almost primal instinct to work the clay. The uneven surface of the work is the product of the fact that, rather than using a wheel to achieve a “cleaner” and rounded effect, Fontana would sculpt manually, adding volume and dynamism in order to bring the sculptures to life with his gestures. As the artist himself stated, "I am a sculptor and not a potter. I have never turned a plate on a lathe or painted a vase... The critics say ‘Ceramicist’, I say ‘Sculptor’." (Le mie ceramiche, in ‘Tempo’, 1939). The imperfect surfaces of these works bravely flew in the face of the classic ceramic creations produced in Copenhagen or Sèvres at the time.


As far as the finish is concerned, if the anatomic form of the crocodile couple evokes their original model, their shimmering colours belie their semi-naturalistic depiction. In this strikingly colourful couple, Fontana adds a fourth dimension to sculpture through the conscious use of brightly coloured glazes. As the art historian Anthony White writes, “By mobilizing the subversive force of kitsch to criticize the etiolated version of modernism promoted in Italy during the 1930s, Fontana reacts to the suppression of materiality, and sensuality… in Fascist modernist exhibitions.” (Lucio Fontana, Rétrospective, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 2014, p. 80)

 

Earlier ceramic works by Fontana such as Coccodrilli occupy a crucial position in the oeuvre of the artist. The artist himself states in the article ‘Perché sono spaziale’ (1952) that his ceramic works from the 1930s were the result of a “search for a pure form of art”, even before the publication of his groundbreaking Manifiesto blanco in 1946. This ceramic in particular also act as a precursor to the large-scale and groundbreaking spherical Natura works of the late 1950S with their raw edges and important corporeal mass. Indeed, Fontana’s profound interest in the medium of clay would continue right through to the artist’s demise in 1968.


Fellow sculptor Ugo La Pietra wrote of Fontana’s ceramic production: "I always admired the ease with which Fontana approached matter, from monochrome paintings to clay, in addition to his exploration of the sign, his moustache, his smile, his elegance in dressing, his strong hands and also the fantastic way in which he described the future of our lives. Even today, whenever I engrave the surface of a ceramic with a sharp instrument hunched with my 'writing’ tools, I think of Lucio Fontana." (S. Casoli, E. Geuna, Fontana Luce e Colore, exhibition catalogue, Genoa 2008, p. 112)