View full screen - View 1 of Lot 30. Masque heaume Janus, Sénufo, Côte d'Ivoire | Senufo Janus helmet mask, Côte d'Ivoire.

Masque heaume Janus, Sénufo, Côte d'Ivoire | Senufo Janus helmet mask, Côte d'Ivoire

Auction Closed

October 26, 05:24 PM GMT

Estimate

300,000 - 500,000 EUR

Lot Details

Description

Masque heaume Janus, Sénufo, Côte d'Ivoire


haut. 33 cm ; 13 in


Collection privée française

Transmis par descendance

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Although many animal-headed Janus masks are found in Senufo art, those with two human faces are exceedingly rare. This mask, kept in a private French collection for several generations, has just two known counterparts to this day. One, which was part of the former Brian and Diane Leyden collection in New York, was sold at auction by Sotheby's on December 5, 2007 and is still in private hands today; the other is part of the Philadelphia Museum of Art Collection (inv. No. 81-11-9).


The question of their interpretation, both from an historical and cultic standpoint, remains complex. According to Till Förster (personal communication, July 2007), “Janus helmet-masks with two human faces, like the one presented here, are an extremely rare stylistic type in northern Côte d'Ivoire. They are generally Dyula and come either from the Kong region or from small Dyula groups established along the old trade route linking the Niger River to the Akan gold deposits in present-day Ghana.” (cf. Förtser, introduction). The use of this type of mask was described in the early 1920s by Maurice Prouteaux - the first Westerner to study the customs of the city of Kong after its destruction by Samori Touré in 1897. In 1925, Prouteaux published a photograph showing two masks and a young girl. He wrote, “some of these masks are left black but others are painted pale blue with pink and white lines.” The mask on the left has two pairs of horns pointing skyward. In all likelihood, it is also a Janus type - with the invisible face placed to the rear of the dancer. It was apparently painted white, which is still the distinguishing feature of do muso - "the do's wife" - masks today.


This makes the helmet-mask presented here today a very rare and beautiful exemplar of Janus masks from the Kong region. It is most likely a Dyula mask from the northern part of the ancient Kong kingdom. Its symbolic significance would have been tied to the circumstances of its use and to the religious and ritual affiliation of its spectators.


Not only is this Janus mask exceptionally rare, it also stands out for its superb monumentality. This stems both from its dimensions and from the tautness of its outlines, accentuating the tension created by the combination of powerful curves and elongated straight lines that is characteristic of its style. The deep patina of use and wear on the inner side attests to its great antiquity and prolonged use.


The boldness of its artistic execution and the cubist intensity of its features emphasize the striking minimalism of its construction. Its structure as a whole clearly evokes the myth of duality that was so central to the work of the Surrealists and which Picasso captured in the two superimposed views of Dora Maar's face posing in the emblematic portrait of the Seated Woman (Musée Picasso, Paris).

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Si l’on connait, dans les arts Sénufo, de nombreux masques Janus à têtes animales, les masques à deux visages humains sont d’une insigne rareté. Ce masque, conservé dans une collection privée française durant plusieurs générations, n’a ainsi que deux comparables connus à ce jour. L’un, issu de l’ancienne collection new-yorkaise de Brian et Diane Leyden fut vendue le 5 décembre 2007 chez Sotheby’s et se trouve aujourd’hui encore en mains privées ; l’autre est conservé dans les Collection du Philadelphia Museum of Art (inv. n° 81-11-9).


Leur interprétation, à la fois historique et cultuelle, demeure complexe. Selon Till Förster (communication personnelle, juillet 2007), « les masques-heaumes Janus présentant comme ici deux visages humains relèvent, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, d'un type stylistique extrêmement rare. Ils appartiennent généralement aux Dyula et proviennent soit de la région de Kong, soit de petits groupements Dyula établis le long de l'ancienne route commerciale reliant le fleuve Niger aux gisements d'or Akan, dans l'actuel Ghana (cf. Förtser, introduction). L'utilisation de ce type de masques a été décrite au début des années 1920 par Maurice Prouteaux - premier occidental à avoir étudié les coutumes de la ville de Kong après sa destruction par Samori Touré, en 1897. En 1925, Prouteaux publiait une photographie montrant deux masques et une jeune-fille. Il écrit : « certains de ces masques sont laissés noirs mais d'autres sont peints en bleu pâle avec des traits roses et blancs ». Le masque de gauche possède deux paires de cornes pointant vers le ciel. Selon toute vraisemblance, il est également Janus, le visage non visible situé à l'arrière du danseur. Il était apparemment peint en blanc, ce qui aujourd'hui encore constitue le signe distinctif des masques do muso, « la femme du do ».


Ce masque-heaume constitue ainsi un très rare et bel exemple des masques Janus de la région de Kong. Il s'agit probablement d'un masque Dyula provenant de la partie septentrionale de l'ancien royaume de Kong. Sa signification symbolique était liée aux circonstances de son utilisation et à l'affiliation religieuse et rituelle de ses spectateurs". 


A la très grande rareté de ce masque Janus s'ajoute sa superbe monumentalité. Celle-ci repose à la fois sur ses dimensions et sur la rigueur de ses lignes, accentuant la tension engendrée par l'association des courbes puissantes et des droites étirées caractéristiques de son style. Sa grande ancienneté et son usage prolongé sont attestés par la profonde patine d'usage, et de portage sur la face interne.


L’audace de son traitement artistique et la puissance cubiste de ses traits accentue le minimalisme saisissant de sa construction. Par l’ensemble de sa construction il évoque indéniablement le mythe du double cher aux Surréalistes et dont Picasso se saisit dans les deux vues superposées du visage de Dora Maar posant dans l’emblématique portrait de Femme assise (musée Picasso, Paris).