
XXe siècle
Les Permissions de Clément Bellin, 1918. Envoi à Marcel Proust. In-8, rel. de Jean de Gonet, 2005.
Lot Closed
December 8, 02:54 PM GMT
Estimate
6,000 - 8,000 EUR
Lot Details
Description
XXe siècle
[Proust, Marcel] - Jean-Louis Vaudoyer
Les Permissions de Clément Bellin.
Paris, Calmann-Lévy Éditeurs, 1918.
In-8 (183 x 116 mm). Plats rigides en médium vernis ; aux mors, bordure en cuirs faux-tressé rouge et beige, disposés selon un schéma en biais, avec quatre rivets d'ébène, dos de cuirs faux-tressé rouge et beige, dans la continuité du biais, couture sur deux lanières de veau noir, doublures de nubuck havane, gardes de papier noir, couverture et dos, chemise et étui à dos de veau beige (J. de Gonet, 2005).
EXEMPLAIRE DE MARCEL PROUST, DANS UNE ÉLÉGANTE RELIURE EN BIAIS DE JEAN DE GONET.
Édition originale.
Envoi autographe signé à Marcel Proust, à l'encre brune, sur le faux-titre :
"Marcel Proust,
très affectueusement
JL Vaudoyer
Octobre 1918".
Romancier, poète, essayiste, c’est d’abord comme critique d’art que Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963) acquit sa notoriété auprès du grand public, en collaborant à L’Écho de Paris ainsi qu’à plusieurs autres revues. Très tôt porté vers les arts, il fut un temps attaché libre au musée des Arts décoratifs, avant d’être nommé conservateur du musée Carnavalet.
Vaudoyer rencontre Proust en 1910 à l'occasion des Ballets russes. Fidèle d’entre les fidèles des confidents et amis de l'écrivain, sa correspondance avec lui débute en 1910, sous les auspices de Vermeer, dont Vaudoyer avait évoqué les "saphirs" dans un de ses articles. Vaudoyer laissa une abondante littérature en grande partie inspirée par l’Italie et ses peintres. Il est élu à l’Académie française en 1950.
Il accompagne Proust lors d'une de ses dernières sorties, le 24 mai 1921, à l’exposition de tableaux hollandais au Jeu de Paume, afin de contempler la Vue de Delft de Vermeer, tableau qu’il admirait depuis qu’il l’avait vu en octobre 1902 à La Haye. Proust avait lu avec intérêt l'article de Vaudoyer sur la peinture hollandaise paru dans L'Opinion en mai 1921. Proust décéde dix-huit mois plus tard.
Cette exposition, mais également son extrême faiblesse, inspireront la mort de Bergotte au Jeu de Paume : "Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements. […] Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard […] au précieux pan de mur jaune. […] Cependant, il s’abattit sur un canapé circulaire […]. Un nouveau coup l’abattit, il roula du canapé par terre où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort" (La Prisonnière, III, p. 692-693).
Si la visite du personnage vire au drame, celle de l’auteur fut plus paisible : contrairement à ce qu’affirma son frère Robert, Proust ne s'était pas senti mal durant cette visite mais s'était rendu à une exposition sur Ingres puis avait déjeuné avec Vaudoyer au Ritz (J.-Y. Tadié, Marcel Proust, p. 872-874).
Dans une reliure en biais de Jean de Gonet.
Jouant avec les codes de la reliure, il reprend le modèle des "demi-reliures à coins" en déplaçant un des coins extérieurs, habituellement ainsi renforcé, pour le placer près du dos. Jouant également avec les matériaux, il mêle un médium à un cuir façonné d'un "faux-tressé".
Nous remercions Fabienne Le Bars pour son aide dans la description de la reliure.
Provenance : Marcel Proust (envoi).
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