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Statue Boli, Bamana, Mali | Bamana Boli figure, Mali

Statue Boli, Bamana, Mali | Bamana Boli figure, Mali

Statue Boli, Bamana, Mali | Bamana Boli figure, Mali

Statue Boli, Bamana, Mali

haut. 41 cm ; 16 1/4 in


Collection Jacques (1942-2001) et Anne Kerchache, Paris (visibles sur plusieurs photographies de leur appartement parisien)
Transmis par descendance
Collection privée, Bruxelles 

Par la force exprimée dans son mouvement retenu - comme figé dans le processus de sa lente métamorphose-, par son impressionnant volume aux contours indéfinis, né de l'amalgame des matières actives et de l'écoulement du sang sacrificiel, ce quadrupède impose la puissance remarquable du Watiriwa -  boli principal du culte du Kono. L'esthétique puissante et singulière de ce chef-d'oeuvre de l'art Boli avait séduit le grand Collectionneur et défenseur des Arts Africains Jacques Kerchache qui le posséda de nombreuses années.


Plus que tout autre « fétiche » - statues anthropomorphes « chargées » de substances médicinales ou criblées de clous – le boli suscite effroi et fascination. Son esthétique, échappant à nos modes de classification, participe de l'indéfinissable. En 1931, lors du vol, par les membres de la mission Dakar-Djibouti du « boli du kono » de Dyabougou, Michel Leiris évoquait « une des formes bizarres [...] une sorte de cochon de lait, toujours en nougat brun (c'est-à-dire sang coagulé) qui pèse au moins quinze kilos [...]» (Leiris, 1996 [1934] : 195). Deux ans plus tard, en 1933, lorsqu'elle paraît dans Le Minotaure, l'œuvre - portée par les surréalistes et les intellectuels français qui contribuent à cette revue d'avant-garde -, « fit dès lors l'objet d'un enthousiasme primitiviste, [...] au point d'être considéré comme un des chefs-d'œuvre du Musée de l'Homme » (Colleyn et Levy, 2009 : 22). En 1964, l'exposition Le Surréalisme organisée par le critique d'art Patrick Waldberg à la Galerie Charpentier présentait toiles et objets surréalistes au regard d'œuvres de Colombie Britanniques prêtées par Robert Lebel et Max Ernst, et un boli très semblable, appartenant alors au galeriste d'avant-garde et collectionneur Daniel Cordier.


A l'apparence « primitive » qui fascine et émeut singulièrement – renvoyant, selon Snoep (2009 : 12), « à ce que Freud nommait 'l'inquiétante étrangeté' »-, répond l'extraordinaire complexité de leur conception. Faite d'un conglomérat d'éléments actifs soigneusement choisis, elle résulte de « compromis entre des procédés divinatoires inspirés des traités arabes et des protocoles locaux » (Colleyn, 2009 : 45). Figurations du sacré, la signification des boliw nous échappe, tout comme, selon Colleyn (in Snoep, 2009 : 37) « aux yeux des adeptes, il est parfaitement vain d'essayer de définir clairement une puissance dont la force est précisément de revêtir des formes multiples, de se défigurer et de se refigurer sans cesse ».

Les grands buliw (sing. boli) du kono sont rares - et celui-ci exceptionnel par le mouvement semblant en décupler la force irradiante - le nyama.



Powerful Bamana boli, Mali

It is in the force expressed by the restrained motion – as if the object is frozen in the process of a slow transformation – and in the imprecisely defined yet imposing volumes- born of the amalgamation of active ingredients and the flow of sacrificial blood- that we see, in this animal, the remarkable power of Watiriwa – the principal boli of the Kono cult.


More than with any other "fetish" - anthropomorphic statues "loaded" with medicinal substances, or riddled with nails – the boli inspires both fear and fascination. The aesthetic is so beyond our means of classification, as to become part of the ineffable. In 1931, Michel Leiris, a member of the Dakar-Djibouti Expedition described a "boli du kono as "one of these bizarre shapes [...] in the form of a pig, always in nougat brown (that is to say congealed blood) that weighs at least fifteen kilos [...]" (Leiris, 1996 [1934]: 195). Two years later, in 1933, when the piece appeared in Le Minotaure, – where it had been taken on by the surrealists and the French intellectuals who contributed to this avant-garde magazine – "the object was brought to the centre of an enthusiasm for Primitivism [...] and it was considered one of the masterpieces of the Musée de l'Homme" (Colleyn and Levy, 2009 : 22). In 1964, the art critic Patrick Waldberg organized a Surrealism exhibition at the Galerie Charpentier, which presented paintings and surrealist objects in conjunction with British Columbian works of art lent by Robert Lebel and Max Ernst, together with a very similar boli, then owned by the gallery of the avant-garde collector Daniel Cordier.


The idea of the "primitive", which fascinates and moves so singularly – referring, according to Snoep (2009:12), to what Freud termed "the Uncanny" – is, in this case, a reaction to the extraordinary complexity of the work's conception. Formed out of a conglomeration of carefully chosen active elements we find a "compromise between the processes of divination based on Arabic treatises and local protocols". (Colleyn, 2009 : 45). The meaning of boli, eludes us, as, according to Colleyn (in Snoep, 2009 : 37) "in the eyes of followers; it is perfectly futile to try and uncover a power whose strength lies in its ability to take multiple forms, and to distort and refigure for ever". Large buliw (sing. boli) of kono are rare – and this example here is exceptional due to the movement which seems to increase ten fold the radiant force –the nyama.