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Jean-Michel Atlan

Babylone III

Jean-Michel Atlan

Jean-Michel Atlan

Babylone III

Babylone III

Jean-Michel Atlan

1913 - 1960

Babylone III


signed and dated 58; signed, titled and dated 58 on the strectcher

oil on canvas

81 x 54 cm ; 31⅞x 21¼in.

Executed in 1958.

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Jean-Michel Atlan

1913 - 1960

Babylone III


signé et daté 58; signé, daté 58 et titré sur le chassis

huile sur toile

81 x 54 cm ; 31⅞x 21¼in.

Exécuté en 1958.

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讓・米榭・阿蘭

1913 – 1960年

《巴比倫III》


款識:藝術家簽名並紀年58;簽名、書題目並紀年58(內框)

油彩畫布

81 x 54 公分;31⅞x 21¼ 英寸

1958年作

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Alain le Gaillard collection, Paris

Loudmer, Paris, 12 December 1969

Private Collection

Loudmer, Paris, 8 November 1973, lot 44

Rambaud Collection, Paris

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Collection Alain le Gaillard, Paris

Loudmer, Paris, 12 décembre 1969

Collection particulière

Loudmer, Paris, 8 novembre 1973, lot 44

Collection Rambaud, Paris

Jacques Polieri, Atlan Catalogue Raisonné de l'oeuvre complet, Paris 1996, p. 338, no. 623, illustrated in color

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Jacques Polieri, Atlan Catalogue Raisonné de l'oeuvre complet, Paris 1996, p. 338, no. 623, illustré en couleurs

Cannes, Galerie Bing, Atlan, December 1965 - February 1966; catalogue, no. 16

Valreas, Château de Simiane, Jean-Michel Atlan, July - August 1967, no. 15

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Cannes, Galerie Bing, Atlan, décembre 1965 - février 1966; catalogue, no. 16

Valreas, Château de Simiane, Jean-Michel Atlan, juillet - août 1967, no. 15

Babylon III

By Jacques Elbaz


Tree

Night hero and

One-eyed

Tree carrying bark, carrying signs

Heavy with meaning and oracle and sap and rain

That emerges sleepily from matter

Huge

Make the litany of a priest raucous

To ripen faster on your drunkest branch

the pale fruit of life...


J.M Atlan, Autres soleils et autres signes ,1941 .


Jean-Michel Atlan was fascinated by oriental philosophies and esotericism. Before devoting himself to painting, he taught philosophy and wrote poems.


Originally from Constantine and initiated by his father to the Kabbalah, he was attracted to esotericism at a very young age and aspired to contribute to the elaboration of a better world. Thus, in order to break from the artistic trends of his time, in his paintings, he turned to the mysterious forces present within him, probably from his Berber ancestry.


As early as in 1945, in an interview published in the magazine Continuity, he defines his world "as a universe of lines and colors that does not borrow from literature, that does not resemble what is called reality, but that constitutes in itself a reality."


The cadence of his poems is recognizable, blooming, in the rhythms and the colors of his paintings.

It is at Mourlot's, the lithographer, that he discovered the possibilities of black and white, of light and their expressive intensity.


We find again the tree "carrying bark, carrying signs" in his living shapes surrounded by black, themselves framed by a thick black line, creating new space. He invites us into his inner world.

He does not want to be considered as abstract, but rather as a creator of new shapes to which he gives life through his gestures.


The matter of the painting is matt, worked at by superpositions and scrapings. The colors are muted, and the reds blaze deafly.

However, for the artist, considering only the materiality of the canvas and the pleasure to the eyes is insufficient. The work must be charged with elements actively stimulating the psyche. A successful work must not only act as a channel of communication between the creator and spectator, but also allow the latter to activate his or her imagination.

It is not forbidden to believe that the exotic title - Babylon III, with no obvious ties to the painting, contributes to the voyage into the imagination.


Jean-Michel Atlan affirms that each artist carries within the heritage of past civilizations. Thus, with the expressive intensity, the use of black, ochres, reds, this work is brought closer to African art. By its sculptural aspect, does it not bring us to Mesopotamia, without however, any explicit signs?


Babylon III was executed in 1958. The work had reached maturity, and Atlan's success was at its peak. Numerous museum exhibitions were dedicated to him in Paris, but also in Milan, Cologne, New York and London. He had many collectors, and very large museums, such as the Musée National d'Art Moderne in Paris and the Tate Gallery in London, acquired his paintings.


In 1959, his formidable creative momentum continued. Despite the beginnings of his illness, he worked on the important exhibitions scheduled in New York and Tokyo. He did not get to see them. He passed away at the age of 47, in January 1960.

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Babylon III

Par Jacques Elbaz


Arbre

Héros nocturne et

Borgne

Arbre chargé d’écorces, chargé de signes

Lourd de sens et d ‘oracle et de sève et de pluie

Qui surgis somnolent de la matière

Enorme

Fasse la litanie d’un prêtre rauque

Mûrir plus vite à ta branche la plus ivre

le fruit blême de vie…


J.M Atlan, Autres soleils et autres signes ,1941 .

Jean-Michel Atlan était passionné par les philosophies orientales et l’ésotérisme, il enseignait la philosophie et écrivait des poèmes, avant de se consacrer à la peinture.


Originaire de Constantine, initié par son père à la Kabbale, très tôt attiré par l’ésotérisme, il aspire à participer à l’élaboration d’un monde meilleur ; c’est ainsi que dans sa peinture, pour sortir du cadre des tendances artistiques de son époque, il s’appuie sur les forces mystérieuses présentes en lui, probablement imprégnées de son ascendance berbère.


Dès 1945, lors d’une interview parue dans la revue Continuity, il définit son monde « comme un univers de lignes et de couleurs qui n’emprunte pas à la littérature, qui ne ressemble pas à ce que l’on appelle la réalité, mais qui constitue en lui-même une réalité «


La cadence de ses poèmes se reconnaît, épanouie, dans les rythmes et les couleurs de ses toiles.


C ‘est chez le lithographe Mourlot qu’il a découvert les possibilités du noir et du blanc, de la lumière et leur intensité expressive.


On retrouve l’arbre « chargé d’écorces, chargé de signes « dans ses formes vivantes cernées de noir, elles-mêmes encadrées d’un épais trait noir créateur d’un nouvel espace .Il nous invite ainsi à entrer dans son monde intérieur.


Il ne se veut pas abstrait, mais créateur de formes inédites auxquelles il donne vie par sa gestuelle.


La matière du tableau est mate, très travaillée par des superpositions et des grattages, les couleurs sont atténuées, les rouges flamboient sourdement.


Cependant, pour l’artiste, la seule matérialité de la toile et le plaisir des yeux, sont insuffisants. L’œuvre doit être chargée d’éléments actifs sur le psychisme. Une œuvre réussie doit être un canal de communication non seulement entre le créateur et le spectateur, mais elle doit permettre à celui-ci d’activer son imagination.


Il n’est pas interdit de penser que le titre exotique -Babylone III, sans rapport évident avec l’œuvre, contribue au voyage dans l’imaginaire.


Jean-Michel Atlan affirme que chaque artiste porte en lui l’héritage des civilisations passées. Ainsi, par l’intensité expressive, l’emploi du noir, des ocres, des rouges, on peut rapprocher cette œuvre de l’art africain et, par son aspect sculptural, ne nous renvoie t-elle pas à la Mésopotamie, sans toutefois, en reprendre aucun signe ?


Babylone III est réalisé en 1958, l’œuvre a alors atteint sa maturité et le succès d’Atlan est à son apogée. De nombreuses expositions muséales lui sont consacrées, à Paris, mais aussi à Milan, à Cologne, à New-York, à Londres . Il a de nombreux collectionneurs, et de très grands musées, comme le Musée National d’Art Moderne de Paris et la Tate Gallery de Londres acquièrent des tableaux.


En 1959, son formidable élan créateur se poursuit. Malgré les prémices de la maladie , il travaille aux expositions importantes programmées à New-York et à Tokyo. Il ne les verra pas. Il meurt à 47 ans en janvier 1960.