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Berlioz, Hector
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À SON ONCLE FÉLIX MARMION, DATÉE BERLIN 30 MARS [1843].
Estimate
2,5003,000
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Berlioz, Hector
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À SON ONCLE FÉLIX MARMION, DATÉE BERLIN 30 MARS [1843].
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Paris

Berlioz, Hector
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À SON ONCLE FÉLIX MARMION, DATÉE BERLIN 30 MARS [1843].
4 pages in-8 (216 x 139 mm) sous chemise demi-maroquin rouge.


Premier séjour en Allemagne et premiers succès à l’étranger
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Berlioz, tout juste arrivé à Berlin, confie à son oncle, grand amateur de musique, de nombreux détails sur sa tournée de concerts en Allemagne où son nom résonnait déjà. En 1834, Liszt avait en effet transcrit pour piano la Symphonie fantastique et Robert Schumann faisait son éloge dans la revue Neue Zeitschrift für Musik. Ce “voyage musical” (décembre 1842-mai 1843), dont il rêvait depuis longtemps, verra ses premiers triomphes à l’étranger.

J’ai reçu à Stuttgard votre lettre et vos lettres pour Munich ; malheureusement je n’ai pu profiter des entrées qu’elles me donnaient […] des impossibilités matérielles sont survenues à cette époque […] décampé au plus vite vers le nord de l’Allemagne, sans visiter la capitale de la Bavière et de la bierre [sic] plus j’avance et plus je suis festoyé, choyé, adoré et payé. […] Vous avez dû lire dans les journeaux [sic] de toutes les couleurs mes bulletins de la grande armée ; le Frrrançais se couvre de lauriers sur toute la ligne, on est content de moi ! Vous avez vu à Dresde les sérénades, à Brunswick les couronnades, les soupers, les vers, les toasts ! à Hambourg d’où j’arrive ils m’ont rappelé deux fois après le concert […] Je gagnerais assez d’argent si je n’en dépensais pas si horriblement mais […] le transport de ma musique qui pèse 500 livres (vous voyez que ce n’est pas de la musique légère) […] je suis abymé par cette vie de répétitions continuelles, qui comporte néanmoins des satisfactions : A propos de chanteurs j’en ai trouvé deux qui ont tout à fait remué le cœur des Saxons et des Hambourgeois avec ma cantate sur la mort de l’Empereur [Le Cinq Mai ou la Mort de Napoléon, composée en 1835 sur un poème de Béranger] traduite en allemand […] J’aurai ces jours-ci une audience du roi de Prusse [Frédéric-Guillaume IV] à qui je vais dédier mon Traité d’instrumentation qu’on publie en ce moment à Paris. Tout le monde, Meyerbeer en tête, m’a fait l’accueil le plus empressé et le plus amical ; mais je vois devant moi deux cents sauvages à civiliser, c’est-à-dire deux cents musiciens nouveaux à instruire et j’en sue d’avance […] Il n’y a rien en Allemagne d’aussi complètement bien qu’au conservatoire de Paris, mais il y a partout de l’excellent. Je dois même dire qu’en raison de la soumission des musiciens et leur discipline aux répétitions, j’ai obtenu des résultats supérieurs […] à ceux de Paris. Ainsi à Brunswick et à Hambourg et à Leipzig, j’ai été exécuté d’une manière irréprochable […] Les chœurs sont en revanche très faibles, il y a un préjugé français en leur faveur dont il nous faut décidément revenir. Les chanteurs ténors et les femmes sont d’une médiocrité insolente ; on ne chante pas plus sottement. (Berlioz écrira cependant le contraire dans ses Mémoires) […] Après mes concerts d’ici, peut-être irai-je à Breslaw […] ; sinon je retournerai à petites journées à Paris le centrum gravitatis du monde musical et de tous les mondes possibles.

Berlioz, Correspondance générale, éd. P. Citron, t. VIII, n° 823 ter.


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