Lot 40
  • 40

PASTEUR. L.A.S. À LA COMTESSE GREFFULHE, 20 FÉVRIER 1892, 2 P. IN-8. SUR LA RAGE ET LA VACCINATION DES CHIENS

Estimate
3,500 - 4,500 EUR
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Description

  • Pasteur, Louis
  • Lettre autographe signée à la comtesse Greffulhe, datée 20 février 1892.
2 pages in-8 carré (222 x 177 mm), en-tête de l’Institut Pasteur, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Remarquable lettre sur la rage et la vaccination des chiens. Les célèbres travaux de Pasteur sur la prophylaxie de la rage ont complètement renouvelé l’étude de cette maladie. De sa fine écriture, le scientifique répond à la comtesse Greffulhe, ayant demandé de vacciner ses chiens favoris et suggéré de généraliser cette pratique. Il présente ses objections et entretient sa correspondance sur la récente guérison d’une jeune femme mordue. Cette lettre sur la rage montre que le chercheur était attentif aux avancées de la recherche à l’international. Pasteur raconte être tombé d’accord avec [leur] ami et ancien élève, le Bon Cochin sur les inconvénients que pourrait entraîner la vaccination des chiens avant ou après morsure. Il consent à vacciner ses chiens, mais il identifie des obstacles à la généralisation de la vaccination. Songez au nombre immense de chiens qu’il y aurait à vacciner dans Paris ! […] J’ai ouï dire que dans certains laboratoires antirabiques de l’étranger (qui sont tous nos enfants) on vaccine les chiens de luxe. Moi-même je l’ai fait quelquefois pour des amis et je vous offre volontiers de le faire pour vos chiens préférés. Comment généraliser une pratique de ce genre dans notre pays si démocratique. Et la rage ne serait pas éloignée !!. Le fondateur de microbiologie moderne remercie sa correspondante de ses paroles si flatteuses […] qui [l’] ont rempli d’émotion “La médecine avant Pasteur, La médecine après Pasteur”. Cette flatterie a fait ressentir à Pasteur son insuffisance, mais il se console en pensant que des voies nouvelles sont ouvertes, que d’autres savent les suivre et les féconder pour le bonheur du genre humain. Il annonce également une bonne nouvelle, il a grand espoir que la pauvre petite irlandaise si gravement mordue à la joue droite, à laquelle vous vous êtes intéressée le jour de votre visite à l’Institut Pasteur guérisse. En postscriptum, il espère sa visite : Nos chefs de service s’efforceraient de répondre à vos encouragements par la poursuite de quelques grandes découvertes théoriques ou pratiques. Celles-ci sont toujours filles de celles-là. Il joint à sa lettre l’article d’un de ses collaborateurs sur la médecine allemande. Traumatisé par la défaite de 1870 et attaché à rivaliser avec la médecine allemande, Pasteur commente : Votre âme généreuse pourra faire une comparaison entre les efforts du gouvernement prussien et ceux de nos pouvoirs publics pour le développement de la science microbienne, inaugurée en France néanmoins. Lettre publiée dans la Correspondance de Pasteur, 1840-1895, Grasset, 1946, vol. IV, p. 327.