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Jarry, Alfred
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À ALFRED VALLETTE, DATÉE LUNDI MATIN [21 NOVEMBRE 1898].
Estimate
1,5002,000
LOT SOLD. 1,250 EUR
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Jarry, Alfred
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À ALFRED VALLETTE, DATÉE LUNDI MATIN [21 NOVEMBRE 1898].
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Paris

Jarry, Alfred
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À ALFRED VALLETTE, DATÉE LUNDI MATIN [21 NOVEMBRE 1898].
4 pages sur un bifeuillet in-12 (135 x 117 mm), à l’encre noire, sous chemise demi-maroquin noir moderne.

Lettre humoristique relative au phalanstère de Corbeil.

Située aux bords de la Seine, “Le Phalanstère de Corbeil” était une villa louée par Jarry et ses amis du Mercure, dont les époux Vallette, Quillard, Hérold et Collière. Un esprit de communauté et de liberté régnait dans ce lieu, baptisé en référence aux théories du socialiste utopiste Charles Fourier. Le phalanstère fut aussi une source d’inspiration. Jarry y composa certainement une grande partie du premier Almanach du Père Ubu (1899) et s’y adonnait à la pêche, pour laquelle il avait une véritable passion, évoquée dans Messaline (1901) et La Dragonne (1943).

Jarry commence par s’excuser, il vient d’apprendre que vous fûtes furieux au sujet de mes exercices de serrurerie. Il se lance dans de longues explications. En [sa] légalité individuelle, il a pris la liberté de se faire ouvrir par celui qui ouvre, car il voulait entrer pour se procurer une cuillère à poisson La cuillère (chose phalanstérienne si mes souvenirs sont exacts, vérifiez les comptes à poisson) fut requise en vertu du même jugement, lequel fut rendu exécutoire par le plus absolu des défauts (sans prévenir personne !) et la cuillère immergée incontinent vers le poisson. Il ne souhaitait pas informer Vallette et Rachilde car il me paraissait plus déférent de vous en laisser instruire progressivement par les circonstances extérieures, les choses justes étant, je crois, de celles qui devraient être sous-entendues. Le serrurier s’y étant mal pris, Jarry déplore l’ânerie de l’homme Gabaret, [qui] a démoli la serrure. La porte ayant été refermée, il lui donnera la clef. Jarry comprend le mécontentement de Vallette et offre sa démission du phalanstère.

Pirouette finale : vous ne serez pas très mécontent de ce cambriolage de ma propre cervelle, céruse acceptable pour les vis dépeintes par Gabaret.

Publiée dans les Œuvres complètes, Pléiade, t. II, p. 1071-1072.


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