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Cocteau, Jean
DESSINS ORIGINAUX POUR LE GRAND ÉCART [PROBABLEMENT SEPTEMBRE 1925].
JUMP TO LOT
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Cocteau, Jean
DESSINS ORIGINAUX POUR LE GRAND ÉCART [PROBABLEMENT SEPTEMBRE 1925].
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Paris

Cocteau, Jean
DESSINS ORIGINAUX POUR LE GRAND ÉCART [PROBABLEMENT SEPTEMBRE 1925].
Carnet de 28 dessins originaux au crayon et à l’encre, dont un avec rehauts de crayon de couleurs, format grand in-4 (260 x 340 mm), couverture cartonnée portant le titre “Le Grand écart / Esquisses”, timbre humide “Canson & Montgolfier”, chemise demi-maroquin, étui.

Après une première édition en 1923, Le Grand écart en connut une seconde en 1926, illustrée de 22 dessins. Au milieu du mois de septembre 1925, Cocteau écrit à une amie : “J’ai entrepris les illustrations de Thomas et du Grand écart. Ce n’est pas une petite affaire. Je couvre des albums et des dos d’enveloppes. Je calque et je déchire nuit et jour”. Il les a finis avant la fin du mois, puisqu’alors il écrit encore : “Je travaille. Si j’arrive à faire tout ce que je veux je n’aurai pas perdu mes vacances. Mais y arriverai-je ? Tout de même j’ai fini les illustrations de Thomas et du Grand écart.” Les dessins originaux qui servirent à l’édition furent joints au premier des 470 exemplaires (n° 1, sur Chine).

On reconnaît aisément 21 des 22 dessins de l’édition illustrée. Les voici identifiés, avec les titres que leur donna Cocteau dans l’édition (la pagination renvoie à leur publication dans les Œuvres romanesques complètes, Pléiade) : f. 1. Osiris et Germaine (p. 355) ; f. 2. Le terrible Anglais du tour du monde (p. 362) ; f. 3. Le rêve (p. 365) ; f. 4. La boutique de Lock (p. 363) ; f. 5. Prestige des hôtels (p. 348) ; f. 6. Ce n’était pas un hôpital, cette chambre (p. 366) ; le dessin du f. 27 est une esquisse probable de ce même dessin ; f. 7. Dante et Virgile (p. 361) ; f. 8. Reines d’Egypte (p. 358) ; f. 9. C’était l’ange de la mort qui accomplissait son œuvre (p. 368) ; f. 10. Mme Bertin, son esprit dérangé par le désir (p. 351) ; f. 11. Peticopain fond en larmes (p. 349) ; f. 12. Les cigales glacées de la drogue (p. 353) ; ff. 13 et 14. Il y trouve les deux femmes (p. 367). Le dessin f. 13 est une ébauche de la tête du même personnage ; ff. 15, 16 et 17. 3 ébauches du même dessin : … le regard des jeunes filles qui soignent les fous dans les hôpitaux (p. 356) ; ff. 18 et 22. Louise était plus connue que ses danses (p. 352) ; f. 19. L’Eventail de Mme Rateau (p. 559) ; f. 20 : personnage contre un piano (non identifié) ; f. 21. Moi, oui les enfants ! Moi (p. 557) ; f. 23. La partie se présentait inégale (p. 354) ; f. 24. Les mains abandonnées (p. 364) ; f. 25. Homme assis de profil, peut-être La règle chez les Maricelles (p. 350) ; f. 26. [Marin buveur] ; f. 27. Probable esquisse Ce n’était pas un hôpital, cette chambre (p. 366) ; f. 31 r°. Esquisse d’une dame (Louise était plus connue que ses danses ?).

Le premier dessin de l’édition, Jacques se regarde, il s’inflige ce spectacle (p. 347) a dû être ajouté après par l’artiste.

Ces dessins d’une grande virtuosité démontrent parfaitement le talent de dessinateur de l’écrivain. Très spontanés, des dessins à la mine de plomb furent tracés rapidement, avant que les contours ne soient affirmés d’un trait à l’encre de Chine. Les effets sont variés : tantôt Cocteau estompe un des dessins au crayon de couleur (f. 3), tantôt il rend le volume par des traits hachurés à la plume. Certaines scènes ont été reprises et présentent différentes variantes.

Quatre brouillons de lettres. Sur le premier feuillet, figurent deux brouillons de billets, le premier adressé à Gaston Gallimard à propos de l’édition illustrée de Thomas l’imposteur qu’il en visage en même temps que celle du Grand écart et qui paraîtra en 1927 à la N.R.F. : Cher Gaston Quelles seraient les conditions si [je] vous illustre moi-même Thomas, voudrait savoir avant entreprendre gros travail. Vives amitiés, Je[an]. À la fin du carnet (f. 30), on lit deux lettres adressées à une poétesse qui lui a soumis ses manuscrits : j’ai eu bien peur de regarder les poèmes — car je n’ai jamais pu écrire une ligne que je ne pense pas. Vous l’êtes. Plus bas, il lui donne des conseils pour se faire éditer : Vous êtes un poète — il n’y a pas de grands poètes, ni de bons poètes, ni de mau[vais] poète, etc… il n’y a d’être poète ou pas poète. […] Les éditeurs sont fous. Allez voir Delamain et Bouttelleau de ma part et montrez-leu vos pièces. Il lui refuse une préface (parce que je refuse aux amis). Il termine par ce terrible paradoxe : D[e]p[uis] 12 ans j’habite la mort.

Exceptionnel ensemble de dessins de Cocteau.

Nous remercions Mme Annie Guédras d’avoir confirmé l’authenticité des dessins.


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