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Rops, Félicien
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À UN AMI, [1887].
Estimate
4,0005,000
LOT SOLD. 10,000 EUR
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Rops, Félicien
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À UN AMI, [1887].
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4,0005,000
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Paris

Rops, Félicien
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À UN AMI, [1887].
2 pages in-4 (221 x 173 mm), sur un bifeuillet, signée de ses initiales, contenant trois dessins libres originaux, l’un signé du monogramme, un autre avec légende autographe, sous chemise demi-maroquin bleu moderne.


Magnifique et étourdissante lettre libre, illustrée de trois dessins érotiques
.

C’est par son œuvre libre, extrêmement importante, que Rops séduisit des écrivains comme Huysmans et Mirbeau, après avoir suscité l’intérêt de nombreux bibliophiles et amateurs de gravures. Peut-être est-ce dans l’érotisme le plus cru, souvent traité de manière burlesque ou diabolique, que l’artiste donna le meilleur de lui-même. Cette lettre est exceptionnelle, puisque, à côté d’un texte extrêmement audacieux, elle contient trois dessins de la même veine.

Rops commence par placer, en épigraphe, un vers de Joséphin Soulary auquel il entend donner une signification bien spéciale : Tout bonheur que la main n’atteint pas n’est qu’un rêve ! Signification que précise, si besoin était, un dessin original libre à la plume, placé en face et représentant, en gros plan, un doigt pénétrant dans un sexe féminin.

Suit un très long extrait d’une lettre datée En vendange 15 oct. 87, de Villeneuve l’Archevêque (Yonne), et que Rops vient de recevoir d’un ami. Lettre priapique encore plus que rabelaisienne, et qui débute en fanfare : Il est évident que ma noble queue comme celle de la Tarasque qui fut prise entre les battants de la porte de la cathédrale de Tarascon, d’où mort s’en suivit, me jouera quelque mauvais tour ! Je lui pardonne d’avance ! Allusion très contemporaine à la Tour Eiffel, qui ne sera finie qu’en 1889 : Eiffel s’en est inspiré évidemment — et hier, trempée dans le vin nouveau, comme le rameau de myrte des Bacchantes antiques, elle culbutait vers la mi-nuit la plus ronde de mes vendangeuses. — Et de la grosse fille sortait une bonne odeur de mare comme d’une futaille en perce. C’est l’opopanax de la vendange ! Ici, note en bas de page de Rops : oppopanax (ombellifères !) et non pas oppoponax ! (note du dessinateur).

En face, deuxième dessin original, au crayon et signé du monogramme. Illustrant le passage, il représente une jeune femme allongée, vue de face, en plein abandon : le ventre et la poitrine dénudés, elle écarte les jambes, pour montrer son sexe offert. La lettre continue : cette arme de gloire sera plus tard moulée en bronze et suspendue aux branches d’un chêne, père des glands verdoyants, ainsi qu’on le faisait aux Mystères des Phallophories dans les bois sacrés d’Hellas ! Signé : Ton ami P. V. De qui s’agit-il ? Pas de Verlaine, semble-t-il. Après cet extrait, Rops ajoute un amusant post-scriptum de son cru, assurant que c’est avec la plus vive & la plus explicable répugnance qu’il s’est abaissé à copier et à illustrer le bout de lettre de son ami P. V. [...], dont il rougit déjà, comme une fillette, qui à table, le jour de la fête de bonne-maman, se sent pincer le cul, & tirer le poil follet, par son cochon de petit cousin !

Sur toute la page, à droite, troisième dessin original (encre et crayon), représentant une Tour Eiffel “érotisée” : les deux pieds sont des testicules, et la pointe, un phallus. Rops a écrit dessous, ironiquement : Non sur[r]exit major (La Bible !).

Lettre offrant la quintessence du Rops libre.

Trace d’onglet. Pliure en quatre.


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Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Paris