33
33
Statue, Kanak, Nouvelle-Calédonie
KANAK FIGURE, NEW CALEDONIA 
Estimate
60,00090,000
LOT SOLD. 87,500 EUR
JUMP TO LOT
33
Statue, Kanak, Nouvelle-Calédonie
KANAK FIGURE, NEW CALEDONIA 
Estimate
60,00090,000
LOT SOLD. 87,500 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Oceania

|
Paris

Statue, Kanak, Nouvelle-Calédonie
KANAK FIGURE, NEW CALEDONIA 

Provenance

Collection Tristan Tzara (1896-1963), Paris
Loudmer, Paris, Arts Primitifs - Collection Tristan Tzara et à divers amateurs, 24 novembre 1988, n° 165
Collection privée, Paris, acquis lors de cette vente 

Exhibited

Paris, Galerie du théâtre Pigalle, Exposition d’art africain et océanien, 28 février – 1er avril 1930
Paris, Centre Georges Pompidou, Dada, 5 octobre 2005 – 9 janvier 2006 / Washington, National Gallery of Art, 19 février - 4 mai 2006 / New York, Museum of Modern Art, 18 juin - 11 septembre 2006
Strasbourg, Musée de la ville de Strasbourg, Tristan Tzara. L’homme approximatif, 24 septembre 2015 – 17 janvier 2016

Literature

Wölfel, « Le style de l’art néo-calédonien » in Cahiers d’Art, 1929, n° 2-3, p. 98, n° 165
Marquetty, Exposition d’art africain et océanien, 1930, p. 26, n° 369
Ades, Dada and Surrealism, 1978, p. 186, n° 8.80
Dickerman, Dada, 2005, p. 827
Fauchereau, Tristan Tzara. L’homme approximatif, 2015, p. 89
Hourdé et Rolland, Galerie Pigalle Afrique Océanie, 1930. Une exposition mythique, 2018, p. 304, n° 369 et p. 58 et 145 (photographie)

Catalogue Note

Sur un portrait photographie de Tristan Tzara datant de 1935 apparaît en arrière-plan, au milieu d’autres œuvres emblématiques, cette imposante statue kanak. Illustrée en 1929 dans l’article de Wölfel « Le style de l’art néo-calédonien » publié dans Cahiers d’Art, présentée dès 1930 à la Galerie Pigalle lors de la célèbre Exposition d’art africain et océanien elle affirme l’importance des arts d’Afrique et d’Océanie dans la vie du poète, l’un des fondateurs du dadaïsme. Reconnu avant tout pour ses contributions philosophiques au mouvement, Tzara publia d’importants manifestes au nom du groupe et organisa les fameuses représentations dadaïstes au Café Voltaire auxquelles il intégrait régulièrement des éléments de rituels traditionnels des cultures africaines et océaniennes qui n’ont eu de cesse de le fasciner.

En 1917 il écrivait dans ses Notes sur l’Art Nègre : « L'art fut dans l'enfance du temps, prière. Bois et pierre furent vérité. Dans l'homme je vois la lune, les plantes, le noir, le métal, l'étoile, le poisson. Qu'on laisse glisser les éléments cosmiques, symétriquement. Déformer bouillir. La main est forte grande. La bouche contient la puissance de l'obscur, substance invisible, bonté, peur, sagesse, création, feu ».

Tant par son archaïsme que par sa puissance expressionniste cette statue kanak illustre éloquemment cette réflexion. Caractéristique de l’art Kanak - sculpture frontale et symétrique, bras le long du corps, tête invariablement hypertrophiée au nez busqué aux ailes dilatées - cette œuvre s’impose par sa monumentalité. Elle se distingue par la puissance des masses musculaires, tout particulièrement visible dans le volume détaillé des bras et des jambes.

Témoin du corpus des imposantes figures à planter elle témoigne de la place à part de ces œuvres au sein de l’art kanak : « Objets possédés puis cédés, ces créations plastiques constituaient les traces d’une histoire politique des groupes et de leurs relations. Archives travaillées, expression du pouvoir de leurs créateurs, ces œuvres scellaient des alliances quand elles étaient transférées d’un groupe à un autre » (Kasarhérou et Boulay, Kanak, L’art est une parole, 2013, p. 128). Représentant un dignitaire dont elle portait le nom, chaque œuvre incarnait véritablement son sujet et rappelait à la communauté son rôle et sa puissance. Ces figures pouvaient également être plantées près de la case d’un chef défunt, le long d’une allée, ou encore dans un endroit marqué d’un interdit en gardant toujours cette fonction mémorielle.

In a 1935 portrait photograph of Tristan Tzara, in the background, set among other emblematic works, appears this imposing Kanak statue. Illustrated in 1929 in Wölfel's article “Le style de l'art néo-calédonien” published in Cahiers d'Art; presented in 1930 at the Galerie Pigalle during the famous Exposition d'art africain et océanien, it reveals the importance of African and Oceanic arts in the life of the poet, one of the founders of Dadaism. Acknowledged above all for his philosophical contributions to the movement, Tzara published important manifestos on behalf of the group and organized the famous Dadaist performances at the Café Voltaire, in which he regularly incorporated elements of traditional rituals from African and Oceanic cultures that exerted an endless fascination upon him.

In 1917 he wrote in his Notes sur l’Art Nègre (Notes on Negro Art) : “Art, in the infancy of time, was prayer. Wood and stone were truth. In man I see the moon, plants, black, metal, star, fish. Let the cosmic elements slide by, symmetrically. Deform boil. The hand is strong big. The mouth contains the force of the obscure, invisible substance, goodness, fear, wisdom, creation, fire.”

Both in its archaism and its expressionist power, the Kanak figure eloquently embodies this reflection. Characteristic of Kanak art - frontal stance, symmetrical carving, arms at their sides, invariably hypertrophied head, aquiline nose with flaring nostrils - this work stands out for its monumentality. The forcefulness of the muscle masses - particularly noticeable in the detailed volume of the arms and legs – is striking.

An exemplar of the corpus of imposing figures that would have been planted in the earth, it testifies to the special place these figurative sculpture hold within Kanak art: “Owned and then ceded, these artistic creations bore testament to a political history of the groups and their relations. These sculpted archives, as an expression of the power of their creators, sealed alliances when they were transferred from one group to another.” (Kasarhérou and Boulay, Kanak, L'art est une parole, 2013, p. 128). As a representation of the dignitary whose name it bore, each piece truly embodied its subject and reminded the community of their role and power. These figures could also be planted near the house of a deceased chief, along an alley, or in a place marked as forbidden, thus retaining their role as objects of remembrance. 

Oceania

|
Paris