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Proue de pirogue, Maori, Nouvelle-Zélande
MAORI CANOE PROW, NEW ZEALAND 
Estimate
100,000150,000
LOT SOLD. 112,500 EUR
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Proue de pirogue, Maori, Nouvelle-Zélande
MAORI CANOE PROW, NEW ZEALAND 
Estimate
100,000150,000
LOT SOLD. 112,500 EUR
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Details & Cataloguing

Oceania

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Paris

Proue de pirogue, Maori, Nouvelle-Zélande
MAORI CANOE PROW, NEW ZEALAND 

Provenance

Collection Tristan Tzara (1896-1963), Paris
Transmis par descendance

Exhibited

Paris, Galerie du théâtre Pigalle, Exposition d’art africain et océanien, 28 février – 1er avril 1930

Literature

Clouzot, « Sur l’art maori » in Cahiers d’Art, 1929, n° 2-3, p. 101, n° 143
Marquetty, Exposition d’art africain et océanien, 1930, p. 24, n° 388
Clouzot, « L'art africain et l'art océanien au théâtre Pigalle » in Miroir du monde, n° 5, 5 avril 1930, p. 147
Hourdé et Rolland, Galerie Pigalle Afrique Océanie, 1930. Une exposition mythique, 2018, p. 310, n° 388

Catalogue Note

La pirogue constitue l'un des éléments les plus emblématiques de la culture Maori. Selon Simmons (in Mead, Te Maori. Maori Art from New Zealand Collections, 1984, p. 77), « les Maori sont des gens de la mer [...] une tribu, ou une fédération de tribus de même origine, s'identifiait souvent à un waka (pirogue), autrement dit leur pirogue d'origine, leur terre et leur groupe ». L'importance de la pirogue - en particulier de la pirogue de guerre - était signifiée par la sculpture très élaborée de la proue et de la poupe. Ici, le personnage à la langue tirée est associé à Marakiaau, la divinité attirant vers le fond les pirogues ennemies et leur équipage.

A la tension de la courbe dessinée par le buste répond la violence de la tête dans une exceptionnelle dynamique des formes, accentuée par les lignes convergentes des bords ajourés. S’ajoute ici la présence rarissime de la projection arrière dont l’ornementation complexe et la densité des motifs, notamment au centre les arabesques en haut-relief, laissent deviner une seconde figure de tiki. Equilibré par la rigueur du support qui la prolonge, la figure humaine principale se déploie dans la tension des courbes et des contre-courbes, décuplant la puissance exprimée par le torse bombé et par la bouche projetée au premier plan. L’ensemble de la construction concentre l'attention sur l’intensité de l'expression : lignes aiguës de la bouche à langue tirée et aux lèvres dentelées et yeux à l'oblique.

Au sein de son corpus cette proue se distingue prodigieusement par sa conception qui se libère des volumes pleins pour venir façonner les espaces en réserve. Ici les vides aux courbes élégantes s’affirment avec autant de force que les formes pleines qui les délimitent, aboutissant à une œuvre à la fois tactile et visuelle qui témoigne, à son plus haut degré d’accomplissement, de l’essence même de l’art Maori. Son style permet de le dater de la fin de l'époque Te Puawaitanga (1500-1800) ce que confirment la veinure du bois dur apparente et les marques des outils de pierre ayant servi à la sculpter.

The canoe is one of the most emblematic elements of Maori culture. According to Simmons (in Mead, Te Maori, Maori Art from New Zealand Collections, 1984, p. 77), “the Maori are people of the sea [...] a tribe, or a federation of tribes of the same origin, often identified themselves with a waka (pirogue), which designated at one and the same time their canoe, their land, and their group of origin”. The importance of the canoe – and the war canoe in particular - was attested by the very elaborate carving of the bow and stern. Here, the figure with its tongue sticking out is identified as Marakiaau, the divinity who lures enemy canoes and their crews into the depths.

The tension of the curve formed by the bust finds an echo in the violence of the head within unique formal dynamics enhanced by the converging lines of the openwork edges. In addition, the extremely rare presence of a rear projection, with a complex ornamentation and dense motifs - particularly the central arabesques in high relief –suggests a second tiki figure. Offset by the stark precision of its base, the central human figure unfolds in the tension of the curves and counter curves, increasing tenfold the forcefulness conveyed in the domed torso and in the mouth projecting in the foreground. The entire construction focuses the viewer’s attention on the intensity of the figure’s expression: sharp delineations of the mouth with a drawn tongue and serrated lips, and oblique eyes.

Within its corpus, this prow’s design stands out as the work of a master carver; freed from solid volumes it finds its expression in the modelling of hollow spaces. Here, elegantly curved voids are on a par with the solid forms that define them, resulting in a piece that is both tactile and visual, exemplifying the highest degree of craftsmanship in a piece that is the very essence of Maori art. It can be dated by its to the end of the Te Puawaitanga period (1500-1800), which is confirmed by the perceptible hardwood grain and the marks of the stone tools used to carve it.

Oceania

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Paris