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Statue Malangan, Nouvelle Irlande, Archipel Bismarck
MALANGAN FIGURE, NEW IRELAND, BISMARCK ARCHIPELAGO
Estimate
180,000250,000
LOT SOLD. 200,000 EUR
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Statue Malangan, Nouvelle Irlande, Archipel Bismarck
MALANGAN FIGURE, NEW IRELAND, BISMARCK ARCHIPELAGO
Estimate
180,000250,000
LOT SOLD. 200,000 EUR
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Details & Cataloguing

Oceania

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Paris

Statue Malangan, Nouvelle Irlande, Archipel Bismarck
MALANGAN FIGURE, NEW IRELAND, BISMARCK ARCHIPELAGO

Provenance

Collection Paul Guillaume (1891-1934), Paris
Julius Carlebach, New York, ca. 1960
Collection Paul (1896-1974) et Mary (1902-1986) Wescher, Californie
Sotheby Parke-Bernet, New York, 11 novembre 1968, n° 128
Collection Ted (1911-1979) et Gwendolyn Weiner, Texas, acquis lors de cette vente
Sotheby's, New York, 18 novembre 1997, n° 122
Collection Roger Vanthournout, Belgique, acquis lors de cette vente
Sotheby's, Paris 23 juin 2006, n° 67
Collection privée, Paris, acquis lors de cette vente

Exhibited

La Jolla, The Art Center in La Jolla, The collection of Dr and Mrs Paul Wescher, 10 janvier - 16 février 1958

Literature

Malone, The collection of Dr and Mrs Paul Wescher, 1958, n. p., n° 11.6
Benhamou-Huet, Global Collectors ; Collectionneurs du monde, 2008, p. 285
Garnier, Motifs d'Océanie, 2011, p. 383, n° 554

Catalogue Note

L’œuvre engagée du collectionneur et marchand Paul Guillaume (1891-1934) bouleversa le regard sur les arts lointains. A travers ses écrits et les multiples expositions qu’il organisa à Paris ou sur la scène internationale, il orchestra la mue de leur perception, de l’exotisme au classicisme. Paul Guillaume imposa de les observer « du point de vue de l’art » (Les arts à Paris, n° 5, 1919), d’appréhender l’essence de leurs anciennes traditions artistiques et d’apprécier individuellement les œuvres à l’aune de leurs qualités esthétiques. Si sa collection fût particulièrement orientée vers l’art Africain notamment les créations du Gabon – reflétant ainsi l’approvisionnement du marché africain à l’époque – cette superbe statue malangan témoigne magistralement de la pertinence de son œil en matière d’art Océanien également, ce que confirme la qualité d’une seconde œuvre de Nouvelle-Irlande lui appartement autrefois qui rejoignit ensuite, comme celle-ci, la collection du Docteur Paul Wescher en Californie (Sotheby’s, New York, 18 novembre 1997, n° 112). Intégrant ensuite le prestigieux ensemble d’art Contemporain, Africain et Océanien du collectionneur belge Roger Vanthournout elle reflète l’intérêt majeur et la fascination que l’art de l’Archipel Bismarck a su développer chez les artistes et les amateurs d’art occidental dès le début du XXe siècle. À son histoire occidentale répond l’importance symbolique de cette œuvre, qui en font un archétype de l’art envoûtant de Nouvelle-Irlande

Au sein du complexe malangan, chacune des œuvres illustre un motif ancestral qui identifie le particulier ou le clan dont il est la propriété. « Sous ce rapport, une effigie malangan n’est pas le portrait d’un défunt, mais bien plutôt une représentation de l’énergie vitale qui l’a engendré et animé » (Gunn, Arts rituels d’Océanie, Nouvelle-Irlande dans les collections du musée Barbier-Mueller, 1997, p. 49). Adoptant une pose classique au sein du corpus – qui se retrouve notamment sur une statue collectée entre 1908 et 1910 et conservée au Museum fur Fôlkerkunde de Hambourg et à une seconde présente dans les collections du musée Barbier-Mueller à Genève – cette statue s’impose par les dimensions sculpturales de sa tête et par le raffinement de son ornementation. A la richesse iconographique répond une virtuosité formelle superbement illustrée ici : à l’ampleur du visage aux oreilles ajourées démesurées répondent horizontalement, le mouvement des grands bras ouverts et verticalement, l’élégant pagne dentelé projeté en avant, créant une structure complexe mais parfaitement équilibrée. Cette opposition est magnifiée par les contrastes entre les grands aplats de couleurs vives et les fins motifs géométriques qui en ornent les parties principales. Arborant un imposant kapkap, attribut des chefs de clans, la figure ancestrale impose la puissance et la sérénité de l'ancêtre par son regard fixe aux yeux signifiés par des opercules de coquillage. Elle témoigne par sa prégnance de l’importance du rituel malangan qui « impliquait des systèmes de croyances, stimulait l’activité économique et jouait un rôle décisif dans le maintien des relations sociales dans le domaine privé et public » (Gunn, idem,  p. 47).

 

In the early 20th century, the persistant work of collector and art dealer Paul Guillaume (1891-1934) completely changed the way "exotic" arts were viewed. Through his writing and the many exhibitions he organized in Paris and internationally, he orchestrated a shift in the public perception of these arts, from exoticism to classicism. Paul Guillaume invited viewers to consider them "from an artistic perspective" (Les arts à Paris, n° 5, 1919), to grasp the essence of their ancient artistic traditions and individually evaluate the works according to their aesthetic qualities. If his collection was particularly oriented towards African art, especially the creations of Gabon - reflecting the supply of the African market at the time - this superb Malangan statue masterfully testifies to the relevance of his eye in Oceanic art too. This is confirmed by the quality of a second work from New Ireland, also from Paul Guillaume, which, as this one, joined the collection of Dr. Paul Wescher in California (Sotheby's, New York, November 18, 1997, No. 112). Integrating then the prestigious collection of contemporary art, African and Oceanic of the Belgian collector Roger Vanthournout, it reflects the major interest and the fascination that the art of the Bismarck Archipelago was able to develop among the artists and the amateurs of Western art from the beginning of the 20th century. Its Western history responds to the symbolic importance of this work, making it an archetype of the spellbinding art of New Ireland. 

Each of the pieces belonging to the Malangan complex illustrates an ancestral motif that identifies the individual or clan to which it belongs. "In this respect, a Malangan effigy is not a portrait of a deceased person, but rather a representation of the vital energy that engendered and animated it" (Gunn, Arts rituels d'Océanie, Nouvelle-Irlande dans les collections du musée Barbier-Mueller, 1997, p. 49). Adopting a classical pose within the corpus - which is found on a statue collected between 1908 and 1910 and preserved in the Museum fur Fôlkerkunde of Hamburg and a second present in the collections of the Barbier-Mueller museum in Geneva - this statue is essential by the sculptural dimensions of his head and the refinement of his ornamentation. The rich iconography is compounded by a formal virtuosity superbly illustrated here: in the scale of the face with the openworked ears which respond horizontally, in the movement of the vertically large open arms, and in the elegant serrated loincloth projected forward, that creates a complex but perfectly balanced structure.This opposition is magnified in the contrast between the large planes of bright colours and the fine geometric motifs that adorn the main parts. From the multiple themes inspired by the totemic figures of Malangan art - here, the fish and the serpent - the ancestral figure emerges. Boasting an imposing Kapkap, an attribute of clan chiefs, it affirms the power and serenity of the ancestor through its fixed gaze, with eyes signified by seashell opercula. Its prominence attests to the importance of Malangan ritual, which "implied belief systems, stimulated economic activity and played a decisive role in maintaining social relations in the private and public domain" (Gunn, ibid, p.47).

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