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Barbey d'Aurevilly, Jules
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
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Description
- Barbey d'Aurevilly, Jules
- Première représentation d’Anne de Kerviler par M. Ernest Legouvé. [Novembre 1879]. Manuscrit autographe signé.
- ink on paper
4 p. in-folio (309 x 204 mm). Monté sur onglets dans un album demi-vélin avec coins, rubans de fermeture (Album du début du XXe siècle). Découpés pour impression, les feuillets ont été contrecollés sur du papier cristal. Marques de pagination au crayon de typographe.
Petits manques de texte.
Impressionnant manuscrit calligraphié aux encres de couleurs. Lettrines colorées, incipit de certains paragraphes à l'encre noire, violette, jaune, verte, rouge ou bleu clair, avec rehauts dorés.
Critique au vitriol d'une pièce de Legouvé : "la plus étonnante bouffonnerie qu’on ait vue de longtemps".
Au lendemain d’une représentation de la pièce d’Ernest Legouvé, Anne de Kerviler, créée au Théâtre Français le 27 novembre 1879, Jules Barbey d’Aurevilly publie cette violente critique le 1er décembre 1879 : "Comment doit s’appeler la chose qu’ils ont jouée hier soir au Théâtre Français -- en se donnant une peine du diable -- je le reconnais… Seulement de quelque nom que l’on appelle cette pièce qui n’est ni chair ni poisson et qui se nomme comédie sur l’affiche et qui est un mélodrame en réalité sur la scène, elle n’en est pas moins la plus étonnante bouffonnerie qu’on ait vue de longtemps, sur aucun théâtre […]. Et la pièce a très bien passé sans aucun encombre ! Sans le moindre petit rire, excepté le mien, à cette énorme bouffonnerie qui aurait fait siffler nos pères s’ils avaient pu siffler, car on ne siffle pas quand on baille disait Piron à Voltaire et quand on rit on ne siffle pas davantage ! Mais nous race amollie qui n’avons d’énergie de rien, nous ne savons ni rire ni siffler ! […] Un jour Schiller, qui n’était pas un si grand poète qu’on nous l’a fait, mais qui aux yeux des poètes, s’il y en a un, pèsera cependant un peu plus que le très léger M. Legouvé, eut la pensée dans sa tragédie de Marie Stuart de mettre la communion -- notre communion à nous Catholiques Romains -- sur le théâtre […] Faut-il analyser une telle pauvreté ? […] Certes, cette pièce nouvelle de M. Legouvé, par elle-même ne nous étonne pas. Elle laisse parfaitement M. Legouvé à la place qu’il occupe et qu’il n’a jamais cessé d’occuper parmi les auteurs dramatiques de son temps […]. Misérable pièce, en somme, qui n’a qu’une qualité, c’est d’être courte et de ne pas durer et qu’ils ont pourtant au Théâtre Français l’impertinence d’appeler de ce long mot : une première représentation !"
Un texte introductif dactylographié et la transcription du manuscrit sont reliés en tête ; des citations et un article en queue.
Références : J. Barbey d’Aurevilly, Le Théâtre contemporain, 1870-1883. Tresse et Stock, 1892, p. 127-138.
Petits manques de texte.
Impressionnant manuscrit calligraphié aux encres de couleurs. Lettrines colorées, incipit de certains paragraphes à l'encre noire, violette, jaune, verte, rouge ou bleu clair, avec rehauts dorés.
Critique au vitriol d'une pièce de Legouvé : "la plus étonnante bouffonnerie qu’on ait vue de longtemps".
Au lendemain d’une représentation de la pièce d’Ernest Legouvé, Anne de Kerviler, créée au Théâtre Français le 27 novembre 1879, Jules Barbey d’Aurevilly publie cette violente critique le 1er décembre 1879 : "Comment doit s’appeler la chose qu’ils ont jouée hier soir au Théâtre Français -- en se donnant une peine du diable -- je le reconnais… Seulement de quelque nom que l’on appelle cette pièce qui n’est ni chair ni poisson et qui se nomme comédie sur l’affiche et qui est un mélodrame en réalité sur la scène, elle n’en est pas moins la plus étonnante bouffonnerie qu’on ait vue de longtemps, sur aucun théâtre […]. Et la pièce a très bien passé sans aucun encombre ! Sans le moindre petit rire, excepté le mien, à cette énorme bouffonnerie qui aurait fait siffler nos pères s’ils avaient pu siffler, car on ne siffle pas quand on baille disait Piron à Voltaire et quand on rit on ne siffle pas davantage ! Mais nous race amollie qui n’avons d’énergie de rien, nous ne savons ni rire ni siffler ! […] Un jour Schiller, qui n’était pas un si grand poète qu’on nous l’a fait, mais qui aux yeux des poètes, s’il y en a un, pèsera cependant un peu plus que le très léger M. Legouvé, eut la pensée dans sa tragédie de Marie Stuart de mettre la communion -- notre communion à nous Catholiques Romains -- sur le théâtre […] Faut-il analyser une telle pauvreté ? […] Certes, cette pièce nouvelle de M. Legouvé, par elle-même ne nous étonne pas. Elle laisse parfaitement M. Legouvé à la place qu’il occupe et qu’il n’a jamais cessé d’occuper parmi les auteurs dramatiques de son temps […]. Misérable pièce, en somme, qui n’a qu’une qualité, c’est d’être courte et de ne pas durer et qu’ils ont pourtant au Théâtre Français l’impertinence d’appeler de ce long mot : une première représentation !"
Un texte introductif dactylographié et la transcription du manuscrit sont reliés en tête ; des citations et un article en queue.
Références : J. Barbey d’Aurevilly, Le Théâtre contemporain, 1870-1883. Tresse et Stock, 1892, p. 127-138.
Condition
Découpés pour impression, les feuillets ont été contrecollés sur du papier cristal. Petits manques de texte.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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