Lot 311
  • 311

Marc Chagall

Estimate
800,000 - 1,200,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Marc Chagall
  • Le Bouquet blanc
  • signé Marc Chagall et daté 1980 (en bas à droite); signé Marc Chagall (au dos)
  • huile et tempera sur toile
  • 81 x 60 cm ; 31 7/8  x 23 5/8  in.

Provenance

Jean-François Gobbi, Neuchâtel/Genève
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel en avril 1997

Condition

The canvas is not lined. The impasto is rich and well-preserved. The canvas is very gently undulating. There are dots of uneven fluorescence under UV light due to the pigment the artist used but there is no signs of retouching. This work is in very good original condition.
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Catalogue Note

Peint en 1980, Le Bouquet blanc est une toile où, parvenu au sommet de son art, Chagall offre la synthèse des motifs les plus fondamentaux de son œuvre.

Depuis 1966, Chagall a définitivement installé son atelier à Vence. A l’arrière-plan, dans le lointain du bouquet blanc éponyme, se tient le clocher du village de Saint-Paul de Vence. Indissociable de l’art de Chagall où il est fort souvent associé à l’image du couple ou de la mariée, le bouquet est identifié par Breton comme étant une "métaphore du plaisir". Surdimensionné, aussi majestueux que voluptueux, le bouquet blanc occupe de manière symbolique l’essentiel et le premier rôle de la composition. Cette place éminente est renforcée par le classicisme du choix d’une couleur et d’une fleur unique. Présidant au reste de la nature, la rose blanche a dans son sillage quelques couleurs moins solennelles : le rose d’un petit bouquet à droite, les jaunes et les oranges indisciplinés de la colline de Saint-Paul au second plan.

Elément structurant, le bouquet blanc émerge des vapeurs bleutées et vertes d’un ciel sans nuage. L’allégresse est en suspension : elle n’en n’est pas moins palpable. A gauche, un couple enlacé flotte avec naturel et douceur. Ce motif est assurément l’un des plus merveilleux du répertoire chagallien. Si le défi aux lois de l’apesanteur est lancé très tôt, dès l’arrivée du peintre à Paris en 1910, les figures volantes semblent alors plus ou moins procéder du sentiment d’errance perpétuelle des peuples (du peuple juif en particulier). Dans les toiles des dernières années, elles acquièrent une valeur absolument autonome : celle de la gravitation des cœurs. Dans Le Bouquet blanc, les amoureux sont entourés d’un coq volant sous leurs pieds, d’un âne et d’un musicien dont les silhouettes volent dans l’angle supérieur droit de la toile : tous composent et complètent le cortège emblématique.

Concentrée en une unité de temps, de lieu et d’action autour du bouquet blanc, la narration est dépouillée de tout accent folklorique. Synthèse parfaite, élégante et bienheureuse des motifs de prédilection de Chagall, Le Bouquet blanc est un des très beaux exemples d’allégresse diffuse, allégorique et intemporelle.