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Broodthaers, Marcel
NOTES AUTOGRAPHES SUR SON "MUSÉE D’ART MODERNE. DÉPARTEMENT DES AIGLES", POUR UNE INTERVIEW DONNÉE À LUDO BEKKERS. [FIN 1969 OU DÉBUT 1970].
Estimate
1,5002,000
LOT SOLD. 3,750 EUR
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Broodthaers, Marcel
NOTES AUTOGRAPHES SUR SON "MUSÉE D’ART MODERNE. DÉPARTEMENT DES AIGLES", POUR UNE INTERVIEW DONNÉE À LUDO BEKKERS. [FIN 1969 OU DÉBUT 1970].
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1,5002,000
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Paris

Broodthaers, Marcel
NOTES AUTOGRAPHES SUR SON "MUSÉE D’ART MODERNE. DÉPARTEMENT DES AIGLES", POUR UNE INTERVIEW DONNÉE À LUDO BEKKERS. [FIN 1969 OU DÉBUT 1970].
Manuscrit inédit : Broodthaers et le Nouveau Réalisme.

2 p. in-4 (276 x 215 mm), à en-tête du "Musée d’Art Moderne, section littéraire, Département des Aigles". Encre rouge. Quelques ratures.

Musée fictif et absurde, véritable installation artistique, le "Musée d’art moderne, Département des Aigles" est inauguré par Broodthaers le 27 septembre 1969 dans sa maison de Bruxelles et l’occupera jusqu’en 1972. Ce projet artistique, qui consiste à exposer des objets divers sur lesquels figure l’effigie d’un aigle, ainsi que de grandes boîtes en bois destinées à transporter des œuvres d’art, se veut comme une critique des institutions muséales : exposer un objet dans un musée en fait-il un objet d’art ?

Parce qu’il préfère souvent laisser le public interpréter ses œuvres plutôt que de les expliquer lui-même clairement, il est rare que l'artiste explique ses intentions ; les déclarations qu’il fit le 13 décembre 1969 au journaliste Ludo bekkers sont importantes. Le passage du manuscrit concerne une question du journaliste concernant un rapprochement entre le travail de Broodthaers sur "les moules, les frites, les œufs" et les accumulations d’Arman ou le Pop Art : "1968. La naissance du musée marque d’ailleurs une rupture avec le Nouveau réalisme (cette "école" est alors épuisée et ne peut plus susciter des recherches intéressantes), mais une rupture qui s’exprime dans le langage même du Nouveau réalisme. En effet, la caisse d’emballage, l’image (reproduction) de l’œuvre, représente bien un sujet sociologique type, avec cette différence que la notion de Musée est visée en tant que notion et que les caisses d’emballages, les inscriptions deviennent le moyen de cette visée et ne constituent pas des ‘objets d’art’."
Le second feuillet commente deux des films de l’artiste : La Clef de l’Horloge, son film sur Kurt Schwitters (1957) et Le Corbeau et le Renard (1967), avec des commentaires expliquent la conception du film qu’à Broodthaers : l’artiste veut supprimer la frontières entre le livre, l’écran, et le tableau : le film est projeté "sur écran spécial, en toile photographique. Le livre devient film, le film devient tableau (l’écran). C’est sur image (qui résume le film) que sont projetées toutes les images du film. Ce n’est pas un film".

Critique d’art et producteur d’émissions artistiques à la télévision belge néerlandophone, Ludo Bekkers a interviewé Broodthaers le 13 décembre 1969, chez lui, en vue d’un article publié dans la revue néerlandaise Museumjournaal.

[On joint :] retranscription de l’interview de Broodthaers par Ludo Bekkers (1969), copie l’article de ce dernier (1970) et copie de la déclaration manuscrite que le journaliste fit en octobre 2011 à propos de cette interview.

Références : L. Bekkers, "Gesprek mer marcel Broodthaers", in Museumjournaal, 15 février 1970, p. 66-71. -- Marcel Broodthaers, Galerie du Jeu de Paume, 1991, p. 189-231 (Musée), p. 192 et 314 (interwiew).

Nota :
Traduction de la déclaration manuscrite que Ludo Bekkers a faite en octobre 2011 à propos de cette interview de 1969 :
"Le 13 décembre 1969 j’ai rencontré Marcel Broodthaers dans la maison où il habitait à cette époque : 30, rue de le Pépinière à Bruxelles. Nous avons eu une conversation en profondeur qui allait être publiée dans la revue néerlandaise Museumjournaal dont j’étais le rédacteur belge à l’époque. La conversation a été reproduite dans le numéro 15/2 d’avril 1970.
Au rez-de-chaussée de la maison nous étions assis au milieu de ce qu’il appelait le Musée d’art moderne/Section littéraire/département des Aigles. L’espace était rempli avec des caisses en bois qu’il avait empruntées à une firme spécialisée en transports d’œuvres d’art. Sur ces caisses, faites pour des tableaux, étaient collées des reproductions au format de carte postale d’œuvres d’art, surtout de maîtres anciens. Comme on se connaissait depuis longtemps, la conversation se passait sur un ton plutôt cordial. Il avait consenti à une interview parce qu’elle serait publiée aux Pays-Bas où son œuvre était moins connue à l’époque. L’interview a été enregistrée sur magnétophone et ensuite transcrite par moi. La version définitive a été relue et approuvée par Broodthaers.
Peu de temps après, il m’a envoyé deux feuilles de format A4 avec un texte autographe en encre rouge donnant des explications spécifiques pour ses œuvres récentes et aussi une liste des court-métrages qu’il avait réalisés. Cela constituait un supplément utile à la conversation.
Des photocopies de ces documents m’ont été demandées plus tard par sa veuve, Maria Gilissen.
Ludo Bekkers, octobre 2011."


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