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Vigny, Alfred de
LA SAUVAGE. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. 21-28 MARS 1842.
Estimate
7,00010,000
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Vigny, Alfred de
LA SAUVAGE. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. 21-28 MARS 1842.
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Livres et Manuscrits

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Paris

Vigny, Alfred de
LA SAUVAGE. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. 21-28 MARS 1842.
10 p. petit in-folio (360 x 225 mm), numérotées [1]+1-9, montées sur onglets en un volume in-folio (395 x 280 mm). Maroquin grenat janséniste, dos à nerfs, titre doré, dentelle intérieure, doublure et gardes de soie bleue, tranches dorées, étui (Huser).

Important manuscrit de premier jet de ce poème publié en janvier 1843 dans la Revue des Deux Mondes, puis recueilli dans Les Destinées (1864), initialement titré "L'Oneida", puis "L'Indienne". Le poème fut écrit en deux semaines en mars 1842.

Manuscrit de premier jet, à l'exception de la page 4 qui est de transition, abondamment corrigé, avec de nombreuses ratures et surcharges, et le compte de vers de la main de Vigny (214 vers). À la page 4, on note plus de soixante vers biffés et corrigés, des esquisses de vers aux versos de 3 feuillets dont le titre, à l'encre bleue, porté au dernier feuillet.

Nombreuses variantes, dont celle du dernier vers : "Un jour, ma forte loi, femme, sera la tienne, / Et tu célébreras avec nous, tes amis, / La fête de Christmas* au foyer de tes fils." Dans la marge, la traduction du mot anglais, Vigny ayant par la suite préféré employer directement le terme français de "Noël".

Le premier feuillet précédant le poème proprement et titré "L’Oneida -- Eclogue [sic] américaine", présente des esquisses en prose de certaines scènes que Vigny s’apprêtait à développer dans La Sauvage, pour évoquer cette rencontre de deux civilisations, entre une survivante de la tribu iroquoise des Oneidas, mère de deux petits enfants, et une famille de pionniers anglais protestants. Le poète n’a pas conservé toutes ces idées, abandonnant par exemple l’image d’une vache maigre tirée par l’Indienne ou donnant à lire au colon la Bible et non plus un journal. 

"Une pauvre Indienne au visage fiévreux,
Pâle et portant au sein un faible enfant qui pleure ;
Sur un sapin tombé, pont tremblant qu’elle effleure,
Elle passe, et sa main tient sur l’épaule un poids
Qu’elle baise ; autre enfant pendu comme un carquois.
Malgré sa volonté, sa jeunesse et sa force,
Elle frissonne encor sous le pagne d’écorce
Et tient sur ses deux fils la laine aux plis épais,
Sa tunique et son lit dans la guerre et la paix"

Il existe un autre manuscrit autographe de ce poème, d'une version postérieure, ayant servi à l'impression.

Provenance : F. Janicot (voir Œuvres complètes, p. 1070). -- Marc Loliée (ibidem). -- Colonel Daniel Sickles (IV, novembre 1990, n° 1430).

Références : Vigny, Œuvres complètes, Pléiade, I, p. 133-139.


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