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Turgot, Anne Robert Jacques
DEUX LETTRES AUTOGRAPHES À ANTOINE-BERNARD CAILLARD. LIMOGES, 6 AVRIL 1770, ET 25 JUIN 1771 (INÉDITE).
Estimate
2,5003,500
LOT SOLD. 5,625 EUR
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Turgot, Anne Robert Jacques
DEUX LETTRES AUTOGRAPHES À ANTOINE-BERNARD CAILLARD. LIMOGES, 6 AVRIL 1770, ET 25 JUIN 1771 (INÉDITE).
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Livres et Manuscrits

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Paris

Turgot, Anne Robert Jacques
DEUX LETTRES AUTOGRAPHES À ANTOINE-BERNARD CAILLARD. LIMOGES, 6 AVRIL 1770, ET 25 JUIN 1771 (INÉDITE).
3 pages ½ (229 x 185 mm), et une page ½ (187 x 114 mm). Bords effrangés avec quelques petites déchirures, sans manques, et une minime restauration.

L’humiliation de Turgot qui a soumis son œuvre littéraire à l’approbation de Voltaire.

En marge de ses fonctions politiques, Turgot ambitionnait de réformer la poésie française, traduisant la poésie latine en prose française tout en y maintenant l’harmonie et la cadence du latin. Sous le pseudonyme de l’abbé de l’Aage, il envoie ses "vers métriques" au patriarche de Ferney. "L’abbé de l’Aage se présente donc au plus grand poète de l’Europe comme l’inventeur d’un nouveau système poétique, dont il remet le sort dans les seules mains du Maître." (Citton, p. 4). Il semblerait que ces subtilités harmoniques aient échappé à Voltaire, qui n’y verra que de la prose…  

Turgot s’adresse à Antoine-Bernard Caillard, son ancien secrétaire, qu’il a chargé de l’envoi des manuscrits à Voltaire. Caillard est devenu depuis secrétaire du comte de Boisgelin (M. de B. dans la lettre du 6 avril) à Parme.

Si Turgot reste discret, c’est bien de Voltaire qu'il s’agit dans la lettre du 6 avril : "Je ne crois pas qu’il y ait rien de désobligeant pour l’homme à qui vous avez adressé une lettre […] sur la difficulté du chemin que prend le traducteur pour arriver à la gloire. Turgot dit attendre "la réponse avec impatience. Il termine sa lettre sur "la misère […] toujours affreuse ici, référence à la grande famine qui sévit alors à Limoges, puis sur le matérialisme du Système de la nature.

Les réponses de Voltaire furent loin d’être à la hauteur de ses espérances. Le 19 juin 1770, le patriarche ne le complimente que sur son « enthousiasme ». Un an plus tard, en juin 1771, Turgot parachève sa traduction. Malgré son insistance à faire reconnaître son invention et se plaignant au Maître d’être "trop humilié de ce que vous ne paraissez pas y avoir fait attention" (Œuvres, 1844, X), il attend toujours la consécration de Voltaire : le 25 juin, il écrit à Caillard : "je n’imagine […] pas que vous ayez pu tirer quelque chose du maître de la maison sur le compte de l’abbé de Laage. Il n’est occupé que de la révolution actuelle [les physiocrates] ; il est devenu au pied de la lettre le copiste de Linguet". Car Turgot n’avait pas encore reçu la lettre que lui avait écrite Voltaire le 22 mai, lui assènant le coup final : "Tout ce qu’il peut dire [Voltaire parlant de lui-même à la troisième personne], c’est qu’il a été infiniment content de ce qu’il a lu, et que c’est la seule traduction en prose, dans laquelle il ait trouvé de l’enthousiasme. Il se flatte que M. de L’Aage le plaindra de ne pouvoir donner plus d’étendue à ses sentiments." Voltaire, toujours ironique et moqueur, n’aura donc pas voulu reconnaître l’invention des "vers métriques".

Lettre du 6 avril : Œuvres de Turgot, II, 1844, n° II, p. 812-814. --  G. Schelle, Œuvres de Turgot, III, 1919, p. 409-411. -- Sur Caillard, voir l’introduction du Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de feu M. Ant. Bern. Caillard, 1808, pp. XI à XVI.). -- Yves Citton. Turgot, poéticien et théoricien de l’invention, 2016, p. 499-516.


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