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Sauter, Daniel -- Malherbe
MASTIX FALLITORUM. LEYDE, JACOBUS MARCUS, 1619.
Estimate
9,00013,000
LOT SOLD. 15,000 EUR
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Sauter, Daniel -- Malherbe
MASTIX FALLITORUM. LEYDE, JACOBUS MARCUS, 1619.
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Details & Cataloguing

Livres et Manuscrits

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Paris

Sauter, Daniel -- Malherbe
MASTIX FALLITORUM. LEYDE, JACOBUS MARCUS, 1619.
In-4 (197 x 147 mm). Vélin souple, pièce de titre de veau brun, tranches mouchetées (Reliure de l'époque). Boîte moderne de maroquin fauve et plats de balsa, signée Devauchelle.
Quelques rousseurs aux 6 premiers feuillets et cahiers N, O et P. Minimes déchirures dans les marges du titre, sans manque. Restauration très ancienne au second plat, la bande de vélin rapportée fixée à l'aide d'une colle très protéinique ayant sans doute causé les brunissures marginales sur les 14 derniers feuillets du volume. Petit travail de ver dans l’angle des derniers feuillets. Manque la tranchefile inférieure et petit manque à la pièce de titre. Exemplaire à toutes marges, avec témoins.

Collation : [6] feuillets dont le titre et 151 pages.

Edition originale de ce traité des faillites. Jurisconsulte dans le monde naissant du capitalisme hollandais protestant, Daniel Sauter y donne une intéressante analyse comparative sur les diverses conséquences pénales et morales de la faillite économique : infamie, stigmatisation, atteignant parfois une forme atténuée d’excommunication. L’ouvrage sera traduit en anglais (The Practice of the Banckrupts of these times, 1640) et en gênois pour cibler un lectorat particulièrement intéressé.

Précieux exemplaire offert par Malherbe à son fils. Il porte son envoi en latin (haut du titre) : Emit filio suo M. Antonio Fr. Malherbe, Parisiis 1619 (François Malherbe a acheté [ce livre] pour son fils Marc Antoine à Paris en 1619 ).

Au bas du titre, l’injonction habituelle de Malherbe, accompagnée de sa large signature : Delectare in d[omi]no, et dabit tibi petitiones cordis tui (Réjouis toi dans le Seigneur, et il t'accordera les souhaits de ton coeur. Malherbe).

Les livres offerts par Malherbe à son fils sont aujourd’hui d’une insigne rareté.

Marc Antoine Malherbe est le dernier fils du poète, né à Aix en 1600 après la mort de ses trois aînés. Dès 1609, la correspondance de François Malherbe le montre soucieux de l’éducation de Marc Antoine. Il lui fait envoyer des livres, en fait acheter pour lui par sa femme et, dès la fin de 1613, on sait qu’il profite des fréquents envois de livres destinés à Peiresc à Aix pour y joindre les siens. Reçu docteur en droit civil et canonique à l’Université d’Aix, Marc Antoine séjourne en 1619 auprès de son père dans la capitale. C’est à cette époque que Malherbe achète un ensemble de livres pour son fils, dont il ne subsiste aujourd’hui qu’une quinzaine d’exemplaires.

Marc Antoine retourna à Aix vers 1620 pour y exercer la profession d’avocat. Sa carrière fut de courte durée : condamné à mort pour avoir tué un homme en duel en 1624, mauvais pas dont il s’était difficilement sorti, il devait à son tour être tué, par Charles Fortia de Piles, dans une rixe en 1627.

« Le 6 octobre 1628, François de Malherbe s’éteignait à Paris sans avoir pu venger le meurtre de son fils. [...] Dans l’inventaire après-décès, on découvrait deux fonds de livres parisiens : le premier, le plus modeste, constituait la véritable bibliothèque personnelle du poète à l’heure de sa mort, soit seulement quarante-six livres conservés dans son cabinet ; le second, riche de cent dix ouvrages, dont beaucoup étaient des livres jadis offerts à Marc Antoine et laissés par celui-ci à Paris, avait été confié par Malherbe à son cousin et voisin Antoine Ycard, chez qui ils furent vaguement inventoriés (Ducimetierre, p. 425-426) “
À la mort de Madeleine de Coriolis, veuve de Malherbe, à Aix, en 1630, l’ensemble des livres revint à l’héritier universel de Malherbe, Vincent de Boyer, conseiller au Parlement d’Aix, qui les conserva en sa famille jusqu’à la Révolution.
« De fait, d’un fonds initialement assez conséquent, on ne connaît plus qu’une quinzaine de volumes portant les émouvants ex-dono de Malherbe à son fils. Annotés ou non, provenant de la petite bibliothèque du poète à Paris ou de celle de Marc-Antoine à Aix, les volumes portant la large et altière signature de Malherbe demeurent en tout cas parmi les plus précieux et les plus désirables que tout chercheur ou bibliophile peut rêver d’exhumer un jour. » (Ducimetière, p. 426).

Des bibliothèques François de Malherbe et Marc Antoine son fils (signatures sur le titre et grand ex-libris armorié au verso du titre). -- Parot (ex-libris manuscrit du XVIIIe siècle sur le titre) -- Barrey du Theil (ex-libris armorié au contreplat). Vente à Paris, 10-12 mai 1937, n° 64. -- Roger-Pierre Monmélien (cachet rouge sur le titre). -- Cachet maçonnique non identifié (titre).

Q. Whitman, “The moral menace of Roman law and the making of commerce: some Dutch evidence.” Yale Law Journal, mai 1996. -- Nicolas Ducimetière, "Un lecteur à l'œuvre : Malherbe et sa pratique des livres", Dix-septième siècle 2013/3 (n° 260), p. 401-428 (exemplaire cité p. 425).


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