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Malraux, André
[LES NOUVELLES NOURRITURES, PAR ANDRÉ GIDE]. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ "A.M.". [1935].
Estimate
3,0004,000
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Malraux, André
[LES NOUVELLES NOURRITURES, PAR ANDRÉ GIDE]. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ "A.M.". [1935].
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Livres et Manuscrits

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Paris

Malraux, André
[LES NOUVELLES NOURRITURES, PAR ANDRÉ GIDE]. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ "A.M.". [1935].
4 pages in-4 (275 x 208 mm), à l’encre noire sur papier fin, feuillets découpés et remontés pour l’impression ; avec quelques ratures et corrections dont une au crayon. Petit dessin au crayon dans la marge du dernier feuillet.
Légère déchirure et froissements au dernier feuillet.

Malraux, lecteur d’André Gide.

Article paru dans le n° 267 de la N.R.F. du 1er décembre 1935 sur le roman de Gide : "Chez Gide l’œuvre me requiert presque toujours bien moins que le ton de sa voix -- la saveur de l’intelligence. La qualité n’est pas si commune. On sait du reste qu’elle est celle des moralistes français ; et je comprends qu’on l’aime, car elle est précisément ce qui vous donne l’impression de l’intelligence en face d’un homme vivant. L’expérience n’enseigne guère à vivre et peut-être la plus dense n’aboutit-elle qu’à cette assez subtile qualité ; qui est celle du ton de la voix d’un homme, du ton du style d’un écrivain".

Si Malraux reconnaît dans ces Nouvelles nourritures, faisant suite, plus de trente ans après aux Nourritures terrestres, un livre soumis à l’idée de certaines lois esthétiques et un livre significatif de et dans l’œuvre de Gide, il regrette presque le développement du Journal avant de conclure que la force d’André Gide, est celle d’un moraliste et d’un justificateur.
"Le problème de l’écrivain qui tient son journal est un des problèmes spécifiques de la littérature moderne. Car le journal n’est nullement le mélange d’un carnet de confessions et de matières premières pour les romans futurs. Dès qu’il entend dépasser le document, il devient pour l’écrivain l’objet principal de son obsession, c’est à la fois son premier caractère et sa valeur essentielle. […] Le journal du romancier dont le journal devient une fin et non un moyen, c’est le sculpteur qui se met à peindre. […] Le journal qui est un moyen de connaissances, la constitution d’une expérience, celui-ci précède par définition les grands romans ; c’est celui de Stendhal. Celui de Gide, par contre, se développe de plus en plus, en même temps que l’expérience même* ; et peut-être est-ce cette expérience acquise qui donne aux N.N. leur son.
* Et n’est-ce pas un dernier esthétisme qui fait parler Gide de sa stérilité présente, alors qu’il attendit sept ans entre l’Immoraliste et la Porte étroite, et qu’il écrit aujourd’hui qq. cinq cent pages de Journal chaque année ?".

Provenance : Jacques Millot (vente 1991, n° 93).


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