PF1303

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Lot 28
  • 28

Bloy, Léon

Estimate
8,000 - 12,000 EUR
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Description

  • Bloy, Léon
  • Les Dernières colonnes de l’église. Coppée, Le Révérend père Judas, Brunetière, Huysmans, Bourget, etc. le dernier poète catholique. Manuscrit autographe signé. Lagny, 20 août, fête de saint Bernard [1903]
Petit in-4 (202 x 154 mm).

manuscrit autographe complet
, signé, destiné à l’impression, composé de 75 feuillets montés sur onglets, dont 71 manuscrits autographes, écrits au recto à l’encre noire, de l’écriture régulière de Léon Bloy y compris le projet de titre, la page de dédicace et la table. Annotations de l'imprimeur au crayon bleu.

collation
: essai de titre et dédicace (2 p) -- Avant-propos (2 p.) -- François Coppée (5 p.) "La conversion de Coppée a été le chemin de Damas de tout le monde [...] "-- Ferdinand Brunetière (5 p.) -- J.K. Huysmans (23 p.) + 4 p. de coupures de presse -- Paul Bourget (9 p.) -- Quelques autres noms (7 p.) -- Le Dernier poète catholique Jehan Rictus (15 p.) -- Le Mendiant prie au seuil de l'Eglise (2 p.) -- Table (1 p.).

maquette complète de l’ouvrage
, comprenant des "Extraits du journal Le Temps. 1 & 2 mai 1903" placée à la suite du chapitre Huysmans (3 p.) et la réponse de Huÿsmans, publiée dans ce même journal, en réaction à cet article (1 p.).

montée sur onglet : une lettre autographe signée de Bloy à son éditeur Alfred Vallette (Lagny, 12 août 1903, une page sur un feuillet in-8, monté sur onglet). La lettre accompagne une dernière version d’une partie du texte et un ajout à une note « Au revoir, mon cher Vallette. On ne s’amuse pas dans ma peau. »

reliure signée rené kieffer. Maroquin noir, décor doré, grande croix en réserve dessinée au petit fer cruciforme, semé alternant ce petit fer avec un fer spécial carré à décor géométrique, dos à nerfs orné des mêmes fers, encadrement intérieur frappé aux angles d’une croix entourée de petits cercles, gardes de soie or. Étui.

Catalogue Note

Ce texte a paru au Mercure de France en 1903. Bloy y critique avec cruauté des écrivains célèbres tels que Huÿsmans : « Je ne répèterai pas le mot terrible de Barbey d’Aurevilly à qui je l’avais présenté & qui ne put jamais vaincre son antipathie. Il y a de cela seize ou dix-huit ans Huysmans venait de publier A rebours & j’étais seul encore à pressentir la courbe infiniment elliptique par laquelle ce disciple de Médan devait arriver un jour au catholicisme de bibelot […] De là le manque absolu de générosité d’esprit qui fait partie de la célébrité de cet écrivain. De là aussi, très certainement, cette haine carthaginoise du lyrisme, de la mélodie dans le discours qui est sa marque indélébile. Quant une phrase pourrait finir avec éloquence, Huysmans la mutile tout à coup, lui coupe la queue méchamment, perversement avec des cisailles grinçantes & ébréchées, de même qu’un barbare ou un méchant garçon qui détruirait à plaisir une belle chose (p. 22) […] Il parle quelque part de l’impuissance, de l’inefficacité de sa prière. Je crois bien. La prière est un don de Dieu, gratuit sans doute, comme tous ses dons, mais l’on ne peut pourtant pas supposer départi à un cœur si bas. Ce serait trop inouï d’avoir cruellement poussé son frère dans les ténèbres après l’avoir dépouillé, de triompher de ce crime depuis quinze ans & de recevoir quand même les baisers de la bouche de Jésus-Christ ! C’est assez terrible déjà d’être devenu, de cette manière, la plus cannelée d’entre les dernière colonnes de son Eglise (p. 25) […] Ils ont repoussé Hello, ils ont en horreur Barbey d’Aurevilly, ils n’ont pas même voulu connaître Verlaine, mais ils se jettent à Huysmans, & il faut tout de même leur dire merci. C’est à sangloter » (p. 37).
Huÿsmans avait été pourtant son ami pendant quelques années. En effet, en septembre 1885. Bloy passe quelques jours chez lui à Lourps-en-Brie (Seine et Marne). Bloy écrira au sujet d’En rade, dont il assista à la rédaction au cours de son séjour, un élogieux compte rendu dans L’Art moderne. Dès 1889, leurs rapports se figent, faits d’incompréhension et de malentendus mutuels. Le 1er juin 1891, il publie dans La Plume un article sur Là-bas de Huÿsmans qui scellera leur rupture.
Dans "Les Dernières colonnes de l'Eglise", Bloy encense en revanche Jehan Rictus : « Après Verlaine, il y avait encore celui-là ».
« Je ne suis ni un fanatique, ni un illuminé. Je suis simplement un croyant très persuadé que la vérité religieuse se trouve dans l’église romaine et non ailleurs… Il serait vraiment cruel que je devinsse aujourd’hui victime d’une réputation toute parisienne que m’ont faite trois ou quatre journalistes et qui consiste à me représenter comme une sorte de croquemitaine du catholicisme, comme un énergumène de l’apostolat en proie à une rage chronique de prosélytisme (Léon Bloy, Lettre à à Puyjalon, 7 mai 1878).