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Fauteuil "à l'anglaise" en acajou massif d'époque Louis XVI, estampillé G. IACOB, livré pour la marquise de Marbeuf
Description
- Haut. 90 cm
- Height 35 1/2 in
Catalogue Note
Georges Jacob, menuisier reçu maître en 1765
Lors de l'inventaire après-décès de Madame de Marbeuf en 1795, dans la salle à manger du premier étage, étaient estimés « douze fauteuils et douze chaises en bois d'acajou de forme antique avec siège foncé en crin couvert de quinze seize bleu uni prisé ensemble mille livres ».
Cette description s'accorde parfaitement au fauteuil présenté ici et cette identification est renforcée par quatre chaises provenant de l'ancienne collection Joseph Bardac et vendues le 9 décembre 1927 à Paris, lot 105. Ces chaises estampillées de Georges Jacob portaient une « ancienne étiquette manuscrite sur laquelle on lit : Madame la Marquise de Marbeuf / Sale à manger ».
L'appartement de Madame de Marbeuf se composait de deux antichambres, d'un grand salon situé entre la salle à manger et un deuxième salon, ainsi que d'un appartement privé composé d'une chambre, d'un boudoir et d'une salle de bains.
La salle à manger, à droite du salon, avait vue sur le jardin, était chauffée par un grand poêle en cuivre rouge bronzé semi-circulaire. Il était accompagné d'une cuvette en trompe-l'œil de marbre et de deux miroirs.
L'hôtel de Marbeuf
Construit en 1718 par Jacques V Gabriel pour Louis Blouin, l'hôtel appartint à Gabriel Michel. La fille de ce dernier prit possession de l'hôtel en 1788 et y entama de grands travaux. Legrand et Molinos furent les maîtres d'œuvre de cette transformation, sans oublier Jean-Joseph Payen, amant de la marquise et en quelque sorte son décorateur. En pleine Révolution, soit en 1789 et 1790, « tous les artistes de Paris dans tous les genres, ont été employés à ces travaux, sans interruption ».
D'une dizaine d'années en avance sur son temps, l'ameublement de l'hôtel Marbeuf, pour précurseur qu'il était, ne passa pas immédiatement à la postérité car commandé dans une époque plus que troublée. Sa découverte il y a vingt ans, puis son étude (Bill G. B. Pallot et Catherine Faraggi, in l'Estampille, octobre 1996, pp. 45-53) font du mobilier de cet hôtel un jalon important dans l'histoire des arts décoratifs français.