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Paire d'importants rafraîchissoirs en argent par Robert-Joseph Auguste, Paris, 1777-1778
Description
- Paire d'importants rafraîchissoirs en argent par Robert-Joseph Auguste, Paris, 1777-1778
- Haut. 22,2 cm, 5 357 gr. ; 8 3/4 in, 172 oz 50 dwt
spreading stand with laurel and gadrooned bands, repeated on the lower par on matted ground, the upper part applied with a vine and grape garland, two friezes of laurel leaves and gadroons above, the handles shaped as goat 's heads
Provenance
Collection privée européenne, par tradition, marquis da Foz (1849-1917).
Une partie de cette collection emblématique est passée en vente chez Christie's à Londres le 10 juin 1892. Parmi les chefs-d'oeuvres de cette collection figurait le nécessaire offert par Louis XV à son épouse Marie Leczynska à la naissance du Dauphin en 1729, aujourd'hui au musée du Louvre.
Condition
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Catalogue Note
Ce modèle de seaux à rafraichir est l'une des œuvres les plus emblématiques de l'orfèvre Robert-Joseph Auguste.
Il semble que la première paire exécutée ait été celle faite en 1766-1767 pour Simon, premier Earl (comte) Harcourt (1714-1777), chef de la branche anglaise de la famille ducale française éponyme. Cette paire apparut lors de la vente Harcourt chez Sotheby's à Londres le 10 juin 1993 (n° 104) puis, au même endroit, le 20 novembre 2003 (n° 196).
Cette première paire datant de 1766 est antérieure à l'accession au trône du roi Louis XVI (1774) mais révèle déjà la majorité des éléments iconographiques du style Louis XVI : têtes de boucs, frise de feuilles de laurier amaties, guirlandes de pampres etc... Robert-Joseph Auguste se dévoile ici comme un précurseur de ce style, aux côtés de François-Thomas Germain qui, quelques années plus tôt, livra à la cour du Portugal deux grandes bouilloires dont les réchauds étaient également dans ce qui sera le plus pur style Louis XVI.
Simon Harcourt commanda, dès 1768, au moins une paire de rafraîchissoirs sur ce modèle à Parker et Wakelin (voir Sotheby's Londres, 20 novembre 2003, n°197). Simon, Lord Harcourt, petit-fils du Lord Chancelor de la reine Anne, fut nommé ambassadeur à Paris en 1768 et fut reçu par Louis XV en janvier 1769.
Robert-Joseph Auguste va réutiliser ce modèle à plusieurs reprises, avec de légères variantes, notamment pour les commandes des cours du Portugal, d'Angleterre et de Russie. Toutefois, le modèle ici présenté n'a d'équivalent exact que celui du service d'Ekaterinoslav illustré dans l'ouvrage du baron A. de Foelkersam, Inventaire de l'argenterie du Trésor impérial, 1907, planche 35.
Les seaux de ce modèle répertoriés à ce jour sont :
- deux paires, 1767-1768, service d'Ekaterinoslav, (musée Gulbenkian, Lisbonne et Ermitage)
- un, 1776-1777, service, service d'Ekaterinoslav
- une paire, 1778-1779, service de Kazan
- une paire, 1778-1779, musée d'Art ancien, Lisbonne
- une paire, 1778-1779, palais d'Ajuda, Lisbonne
- deux paires, 1778-1779, aux armes des ducs de Cadaval (deux paires)
- une paire, service de George III d'Angleterre, 1777-1778
- deux paires, service de George III, 1775-1776 (Waddesdon Manor)
- une paire, 1778-1779, service de Kazan ou Nijni-Novgorod (illustrée dans Henri Nocq)
Dés la fin du XVIIIe siècle et au cours des siècles suivants, d'autres orfèvres ont repris ce modèle emblématique comme par exemple Johann Christian Neuss à Augsbourg en 1781-1783 (Magie de l'Orfèvrerie, vol. I, p. 155), Peter Bunsen à Hanovre à la même époque ou, vers 1900, Boin Taburet à Paris.
Robert-Joseph Auguste, né à Mons le 23 mars 1723, fils d'un bourgeois de Paris, est reçu maître à un âge relativement tardif (34 ans) en 1757. Il est nommé Orfèvre du Roi le 23 mars 1775. Cependant, il travaille comme orfèvre dès 1745 pour d'autres orfèvres et pour le Roi. Par exemple, en 1756-1760, il réalise une paire de pots-à-oille pour le roi Christian VII du Danemark et, en 1755, il livre à la marquise de Pompadour une salière et une poivrière en or représentant « un Hollandois qui présente une huître et un paysan qui tient un sac ». Ces objets passent en vente en 1777 et sont alors décrits comme « de bon goût et de la plus parfaite exécution par Monsieur Auguste ». Le fait de citer l'orfèvre dans un catalogue de vente à l'époque prouve la grande considération dont il jouit. Cette même année, Auguste est chargé de compléter les bijoux de la Couronne et délivre au roi George III d'Angleterre un très important service, aujourd'hui en partie visible à Waddesdon Manor en Angleterre. Il débute aussi ses livraisons pour la cour de Russie qui perdureront jusque dans les années 1780. Son succès grandit encore et, pour le seul mois d'avril 1778, la quantité déposée au contrôle est de 4.000 marcs d'argent soit près de 1.000 kg.
Auguste a su s'entourer de personnages illustres. Ainsi assistent à son mariage, le 5 avril 1758, l'architecte Soufflot, le marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour, Cochin, le comte de Caylus et Madame Geoffrin. Dans une lettre que Cochin adresse au marquis de Marigny en 1765, il évoque le monde des orfèvres en ces termes : « Il ne parait maintenant de distingué dans cet art que M. Auguste, tous les autres étant plutôt des marchands qui présentent sous leur nom les ouvrages de bons ouvriers que des gens capables d'exécuter eux-mêmes ».
En 1785, son fils Henri devient maître à son tour et, en septembre 1789, il est chargé par Thierry de Ville d'Avray d'établir l'inventaire de l'argenterie du Roi. Il meurt en 1805.
This form of wine cooler is immediately recognisable as the most iconic of Robert-Joseph Auguste's work. He owned the model as its inventor believed to be the meaning of his signature on the first pair, Auguste.f.Paris
This first pair was made in 1766-1767 for an Englishman, Simon first Earl Harcourt (1714-1777), ambassador to France in 1768 and head of the English branch of the French ducal family which carries the same name. These were sold directly from the family at Sothebys, London, June 10, 1993, lot 104 and again on 20 November 2003, lot 196. They date to before the accession of Louis XVI, (1774), but display many of the elements which came best to represent the style named after the king: ram's heads, matted laurel garlands....etc. With this form Robert-Joseph Auguste anticipated the coming style, just as a few years earlier Francois-Thomas Germain had done with silver for the court of Portugal. Harcourt ordered another pair copying Auguste's model a year later in 1768, this time from the English goldsmiths Parker and Wakelin (see: Sothebys op cit. 2003, lot 197) illustrating the almost immediate transfer of form from France to England through the agency of the style-conscious aristocracy.
The model was reproduced with minor variations, by Auguste on a number of different occasions, for the courts of Portugal, England and Russia, although the wine cooler offered here in this sale does not apparently have its exact equivalent anywhere except in the Ekaterinoslav service (for Catherine The Great). See: Baron Foelkesham , Inventaire de l'argenterie du Trésor impérial, 1907, plate 35. A list of the various wine coolers after the model would include:
- A pair 1767-1768, Ekaterinoslav service, (Gulbenkian museum, Lisbon),
- Single, 1776-1777, Ekaterinoslav service. (Bjorn Kommer, Zirbelnuss.., Augsburger silber für Katharina II von Russland, Munich/Berlin, 1997, p. 75)
- A pair 1778-1779, Kazan service (illustrated by Henri Nocq, Le poinçon de Paris, Paris, 1926, p. 32 )
- A pair 1778-1779, (museum of Ancient Art, Lisbon)
- A pair 1778-1779, (Ajuda Palace, Lisbon)
- Two pairs 1778-1779 with arms of Duke of Cadaval (Christie's Geneva, 8 November 1977 lot 305)
- A pair 1778-79, service of George III, King of England (Sotheby's Monaco, 27 November 1979, lot 840)
- Two pairs 1775-1776, service of George III, King of England (Waddesdon Manor)
During the latter part of the 18th century and subsequently, this iconic model has been reproduced by other goldsmiths, both in France and abroad, such as Johann Christian Neuss in Augsburg (1781-1783), George III's court goldsmith in Hanover, Peter Bunsen around the same time, and with a return to its origin in Paris by Boin-Taburet, circa 1900
Robert-Joseph Auguste was born at Mons on 23 March 1723, son of a Parisian bourgeois. He was received as master at the relatively late age of 34 in 1757, although it is known that he worked for other goldsmiths and even the king from 1745. For example in 1755 he delivered to the Marquise de Pompadour a gold salt and pepper caster in the form of a `Netherlander offering an oyster and a peasant carrying a sack' . These items came up for public sale in 1777 where the reputation of their author was so high that the cataloguer followed a highly unusual procedure by mentioning his name in their description, `in superb taste and of perfect quality by Monsieur Auguste'. In March 1775 he was appointed Orfèvre du Roi , with responsibility for all official silver. By 1777 Auguste had notably completed the crown jewels for Louis XVI's coronation and a large service for George III as Elector of Hanover, while beginning the formidable Russian commissions which were to last into the 1780's. He had become so successful that in 1778 during the month of April alone silver from his workshop taken to the gardes for control amounted to 4000 marcs by weight or nearly 1000 kilos.
Auguste was well connected socially. His marriage was attended by Madame de Pompadour's brother the marquis de Marigny, by the architect Jacques-Germain Soufflot, and Charles Nicolas Cochin polemicist for a change in style from the rococo to early neo-classicism. A letter from Cochin to Marigny in 1765 commends Auguste above his contemporaries `it is difficult to single out anyone in the art of silver manufacturing other than M. Auguste, all the others being more or less salesmen, incapable of making things themselves but offering items in their own name, made by others'
In due course his son Henry became a master in 1785, being charged by Thierry de Ville d'Avray to make the inventory of the royal silver in 1789. He died in 1805