
Faust. Paris, 1828. Première traduction française. Illustrée de 17 lithographies tirées sur papier de couleurs.
Lot Closed
June 27, 12:25 PM GMT
Estimate
4,000 - 6,000 EUR
Lot Details
Description
Delacroix, Eugène ─ Johann Wolfgang von Goethe
Faust, tragédie de M. de Goethe.
Paris, Motte et Sautelet, 1828.
In-folio (410 x 278 mm). Demi-veau rouge, dos à faux-nerfs orné de fers dorés, titre doré (Reliure de l'époque).
L’un des premiers livres de peintre.
Un des quelques exemplaires avec lithographies sur papier de couleur, rose, crème ou bleu.
Première édition de la traduction d'Albert Stapfer.
Frontispice (portrait de Goethe) et 17 lithographies d'après Delacroix, à pleine page, portant les noms de Delacroix et du lithographe Motte.
Portrait de Goethe en médaillon sur le titre gravé par Porret.
Alors qu'habituellement, les illustrations sont sur Chine appliqué, elles sont ici tirées sur papier crème (3), rose (1) ou bleu (14).
Exemplaire relié à l’époque.
Carteret, III, p. 270 : "Ouvrage remarquable et typique de l'époque romantique, illustration magistrale du grand Delacroix".
Evanghelia Stead, "Il est interdit de regarder : Marguerite au sabbat par Eugène Delacroix", Diogène, 2017/1 (n° 257), pages 111 à 134 [en ligne : https://www.cairn.info/revue-diogene-2017-1-page-111.htm?ref=doi ].
En 1826, lorsque Charles Motte, promoteur de la lithographie, propose à Delacroix "de lui sacrifier quelques instants pour arranger une affaire diabolique avec Faust", le peintre n'est âgé que de 28 ans ; il se plie à l'exercice, non sans se plaindre auprès de Philippe Burty de "la malheureuse idée d’éditer ces lithographies avec un texte qui nuisit beaucoup au débit" ; plus tard, il se souviendra de "l’étrangeté des planches qui furent l’objet de quelques caricatures et me posèrent de plus en plus comme un des coryphées de l’école du laid" (cité par E. Stead).
S'inspirant d'une série d'ébauches de gravures de Fr. A. Moritz Retsch (1779-1857) et d'une adaptation de la pièce par Georges Soane à laquelle il a assisté au Théâtre royal de Londres en mai 1825, Delacroix compose 17 planches pour accompagner l'œuvre de Goethe. Sans doute a-t-il puisé dans le jeu des acteurs, et plus spécialement celui de Terry, qui interprétait le rôle de Méphistophélès, pour la force dramatique qui se dégage des lithographies et qui fera l'enthousiasme de Goethe lui-même : "M. Delacroix a surpassé les tableaux que je m’étais faits de scènes écrites par moi-même" (cité par Th. Gautier, cité par E. Stead).
Si Goethe et quelques novateurs encensèrent l'ouvrage lors de sa sortie, il subit cependant les attaques de certains conservateurs et la publication se révéla un désastre financier.
Aujourd'hui ce Faust est l'un des livres les plus célèbres du XIXe siècle, réunissant deux maîtres du romantisme autour d'un mythe légendaire.