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Poiteau, Pierre Antoine ─ Pierre Jean François Turpin

Précieux album comportant 146 aquarelles de plantes et de fleurs par deux des plus éminents artistes botaniques de leur époque. [Entre 1801 et 1820]. Album in-folio.

Lot Closed

November 29, 01:39 PM GMT

Estimate

100,000 - 150,000 EUR

Lot Details

Description

Poiteau, Pierre Antoine ─ Pierre Jean François Turpin

Album de dessins originaux.

[Entre 1801 et 1820].


In-folio (485 x 345 mm). Cartonnage de l’époque.

Quelques déchirures et ébarbures sans gravité dans les marges et pliures de quelques dessins. Rousseurs éparses. Reliure très abîmée, avec de nombreux manques de papier. Reliure très abîmée, avec de nombreux manques de papier.


Précieux album de 146 dessins de plantes exécutés par deux des plus éminents artistes botanistes de leur époque.

Il a appartenu au sculpteur français François-Frédéric Lemot.


Illustration :

146 dessins originaux (environ 475 x 280 mm ou 475 x 360 mm) et une gravure en couleurs (Vallisnère, gravure par Bevalet d'après Turpin). Les dessins et la gravure sont insérés entre les pages d’un fort volume in-folio aux pages vierges. Réalisés à l’encre, au crayon ou à l’aquarelle, les dessins représentent des plantes européennes et exotiques d’une infinie variété. La plupart sont accompagnés de détails sur l’anatomie de la fleur, de la feuille, de la graine ou du fruit, aux différents stades de leur croissance. Seule une dizaine de dessins sont en noir (encre ou crayon), tous les autres ont été finement rehaussés à l’aquarelle. La très grande majorité sont légendés au crayon ou à l’encre.

Poiteau et Turpin ont travaillé en monochrome et en couleurs avec la même précision.


38 dessins signés :

- 31 par Turpin dont 15 datés entre 1801 et 1820. Pour trois d’entre eux il est précisé le lieu et l’année où ils ont été exécutés ("1801. Dans les bois de Germantown, près Philadelphie", "1801. Dessiné à la plume d'après nature à Philadelphie" et "S° Domingo, avril 1803"). Deux dessins comportent quelques indications relatives à des retouches éventuelles.

- 6 dessins signés par Poiteau, dont 5 datés 1803.

- 1 dessin signé "Poit. Et Turp."


Papier vergé (filigranes : variante des armes de Strasbourg surmonté d’une fleur de lys avec croisillon fleuronné et Fellows 1812) et vélin (filigranes : J. Whatmann 1794, et J. Whatman 1814 et E & P 1797).


Cette flore chatoyante, parfois d’une complexité redoutable, mêle fleurs, fruits, arbres et arbustes européens ou exotiques. Certains de ces dessins furent publiés dans Flora parisiensis de Poiteau et Turpin (1808) et la Flore médicale de F.-P. Chaumeton (1828-1832). Les plus spectaculaires furent réalisés pour la Flore des Antilles de François-Richard de Tussac (1808-1827; voir lot 49), l’une des plus anciennes publications illustrées sur la flore de cette partie du globe. La précision du trait et la valeur scientifique des dessins réalisés par Poiteau et Turpin font de cette étude un livre de référence encore jamais égalé.

Relevons parmi ces dessins, celui du Stevensia buxifolia, arbuste originaire de la République dominicaine et d’Haïti. L’arbuste fut ainsi baptisé par Poiteau en l’honneur d’Edward Stevens, médecin et diplomate américain et ami d’Alexander Hamilton, homme politique américain et fondateur du Parti fédéraliste. Les dessins des plantes ou fruits exotiques sont particulièrement impressionnants par leurs coloris et leur réalisme : noix de coco, abricot de Saint-Domingue, arbre à pain, papaye, pandanus, lécythis, etc.   


Poiteau et Turpin, le maître et l’élève

Cet album, resté à ce jour inconnu, témoigne du talent incontestable de Pierre Antoine Poiteau (1766-1854) et de Pierre Jean François Turpin (1755-1840).

À la fois botaniste et dessinateur, Poiteau, élève de Gérard van Spaendonck et disciple de Redouté, consacre la première partie de sa carrière à la collecte de spécimens dans les Caraïbes. En 1815, il est nommé jardinier en chef des pépinières royales du château du Versailles et, quelques années plus tard, jardinier en chef du château de Fontainebleau puis du Muséum national d’histoire naturelle à Paris.

Enrôlé dans l’armée au début de la Révolution, Turpin embarque, en 1794, pour une expédition à Saint-Domingue où il fait la connaissance de Poiteau. Celui-ci l’initie à la botanique et très rapidement l’élève dépasse le maître, se consacrant entièrement à cette science. Vers 1802, à la suite de troubles qui sévissent à Saint-Domingue, Turpin s’enfuit en Amérique. Il rencontre à Philadelphie le célèbre naturaliste Alexander von Humboldt qui l’incite à revenir en France pour peindre les trésors végétaux recueillis en Amérique méridionale. Il participe à l’illustration de nombreux ouvrages dont Icones selectae plantarum (1820-1840). En 1833, il est élu membre de l’Académie royale des sciences. En raison de son sens aigu de l’observation, Jean François Turpin est considéré comme l’un des plus brillants illustrateurs botaniques de son époque.


François-Frédéric Lemot

L’album a appartenu au sculpteur français François-Frédéric Lemot (1771-1827), élève de Claude Dejoux et grand prix de l’Académie royale de sculpture en 1790. Il part alors pour Rome à l’Académie de France mais les troubles politiques écourtent son séjour et il regagne Paris en 1795. Le peintre David, dont il épouse la belle-sœur, Charlotte Constance Pécoul, fait appel à lui pour des travaux d’embellissements de Paris.

Dès lors, les commandes affluent et ses réalisations témoignent du néo-classicisme sévissant alors. Il figure sur le tableau de Boilly, Réunion d'artistes chez Isabey.

En 1807, il participe à la construction de l’arc de triomphe du Carrousel. Quelques années plus tard il est chargé du grand fronton oriental de la colonnade du Louvre. La Restauration lui renouvelle sa confiance et lui demande d’ériger la statue équestre d’Henri IV sur le terre-plein du Pont-Neuf. Épris de l’Italie, dont les paysages l’ont à jamais marqué, Lemot acquiert en 1805 le domaine de La Garenne (Loire-Atlantique) où il fait aménager un parc à l’italienne faisant planter plusieurs centaines d’arbres et de fleurs. Les bâtiments qu’il y fait élever répondent à ce même désir de façonner "une petite Italie" sur les bords de la Sèvre nantaise. 

François-Frédéric Lemot et par descendance au propriétaire actuel.