
Property from a European private collection | Provenant d'une collection particulière européenne
An Important Seated Evangelist | Important Évangéliste écrivant
This lot has been withdrawn
Lot Details
Description
Mosan, circa 1150-1160
An Important Seated Evangelist
gilt bronze
11.5cm., 4½in.
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Meuse, vers 1150-1160
Important Évangéliste écrivant
statuette en bronze doré
Haut. 11,5 cm ; 4 ½ in.
Probably acquired by Franz Wilhelm von Œttingen-Wallerstein (Provost of Cologne Cathedral until 1798) between 1812 and 1823;
Prince Ludwig Œttingen-Wallerstein (1791-1870);
Thence by descent until 1995, when acquired by the present owner.
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Probablement acquis par Franz Wilhelm von Œttingen-Wallerstein (prévôt de la cathédrale de Cologne, jusqu’en 1798) entre 1812 et 1823 ;
Collection du prince Ludwig Œttingen-Wallerstein (1791-1870) ;
Par descendance jusqu’en 1995, lordsqu'il fut acquis par le propriétaire actuel.
Londres, Trinity Fine Art, An Exhibition of Medieval, Renaissance and Islamic works of art at Newhouse Galleries (New York), 9-22 novembre 1995, no. 5
G. Grupp, « Die Mittelalterlichen Kunstdenkmaeler der Fuerstlich Oettingen-Wallerstein’schen Sammlungen zu Maihingen”, Zeitschrift des Muenchener Alterthums-Vereins, 1892, IV, p. 5-6 ;
V. von Volckamer, Schloss Harburg: Bibliothek und Kunstsammlungen des Hauses Oettingen-Wallerstein, Munich, Zurich, 1961, p. 7.
Detached from its original religious context, this small characterisation of one of the four Evangelists imagines the saint as an author, or poet observed in a moment of reflection. The gesture of bringing one’s hand to support the chin is a timeless and universally recognised expression of thought seeking inspiration, which is probably most appreciated today in Rodin’s Thinker. Here, a late 12th century craftsman has conceived the Evangelist as a writer awaiting divine inspiration.
The original function of this Romanesque gilt bronze can best be understood in comparison with two masterpieces of Mosan metalwork: the Stavelot portable altar and the Saint-Bertin cross base. Our Evangelist would have been one of four supports for a liturgical object, most probably a cross or candlestick base, or a portable altar. He would have served to raise the liturgical or devotional object off the altar, protecting it, but also forming part of an overall iconographic scheme.
Dated around 1150-1160, the Stavelot portable altar (Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Musée Cinquantenaire, Brussels, inv. no. 1590) is formed of three enamel panels on the top depicting six scenes from the Passion of Christ, four Old Testament subjects and with images of Ecclesia, Synagogue, Samson and Jonah. The enamelled side panels show the martyrdom of 12 saints, and the four gilt bronze seated Evangelists support each corner. It measures 10 by 27.5 by 17 cm overall and each evangelist is just 6cm tall. The present Evangelist is nearly twice the size of the Stavelot Apostles, nevertheless, the affinities in their conception and style indicate that they share common source models and may even emanate from the same workshop.
The discrepancy in scale between the present Evangelist and those on the Stavelot portable altar may suggest that its function was to support a cross or candlestick base in the manner of those on the extraordinary Saint-Bertin cross base. Here the Evangelists are positioned around the circular base, equally animated in their literary tasks, either looking up for inspiration from their Evangelist symbols placed above them, or absorbed in the act of writing the gospels at their little desks. The Saint-Bertin figures are closer in size to the present gilt bronze (12cm). Whilst the present Evangelist has more elaborate engraved decoration on the neckline, arm and hem of his robe than those on the Stavelot altar, it is less refined in the details of the desk than the Saint-Omer figures, suggesting a dating in between the two.
The damaged flange at the back of the present Evangelist confirms that it was once part of a larger object. The reconstruction of a Mosan enamel cross, consisting of two plaques from the Oettingen-Wallerstein collection, proposed by Charles T Little in the Stuttgart exhibition in 2000 (op. cit.) might well have included the present figure as one of the four Evangelists supporting the base. In its original form, this cross and its base might have been around 100 cm high and the large size of the present Evangelist is consistent with supporting such an object.
Technical analysis conducted by Dr Peter Northover before 1995 has concluded that the metal alloy is consistent with German and Mosan metalwork of the 12th century. His examination also observed surface corrosion compatible with the period and gilding also congruous with medieval gilding.
RELATED LITERATURE
Une Renaissance, L’Art entre Flandre et Champagne 1150-1250, exh. cat. Musée de Cluny, Paris and Musée de l’hôtel Sandelin, Saint-Omer, April-June 2013;
I. Biron, Émaux sur métal du IXe du XIXe siècle, Histoire, technique et matériaux, Dijon, 2015, p. 43-47;
J. Durand, Nouvelles acquisitions du département des Objets d’art 1995-2002, Musée du Louvre, 2003, no. 7;
J. Muller, Orfèvreries mosanes XIIe-XIIIe siècles, Musée royaux d’art et d’histoire de Bruxelles, 1977;
J. C. Kohler, "Die Sammlung altdeutscher Gemälde in dem fürstlichen Schlosse zu Wallerstein", Kunst-Blatt. Beilage des Morgenblatts für gebildete Staende. Hg. v. Ludwig Schorn. 5, H. 90, 8 November 1824, p. 359 and following;
Eike and Karin Oellermann, "Zwei Skulpturen des verschollenen Marienaltars der Nürnberger Augustinerkirche", Anzeiger des Germanischen Nationalmuseums, 2014, p. 51-68 and p. 51-53.
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Retirée de son contexte religieux initial, cette petite représentation d'un des quatre évangélistes montre le saint sous les traits d'un auteur en pleine réflexion. Le geste de la main soutiennant le menton est une expression intemporelle et universellement reconnue de la pensée en quête d'inspiration, certainement plus appréciée aujourd'hui dans le célèbre Penseur de Rodin. Ici, un artisan mosan de la fin du XIIe siècle imagina l'évangéliste comme un écrivain en attente de l'inspiration divine.
La fonction première de ce bronze roman se comprend davantage en le comparant à deux chefs-d'œuvre de la orfèvrerie mosane : l'Autel portatif de Stavelot et le Pied-de-croix de Saint-Bertin. Notre Apôtre aurait été l'un des quatre supports d'un objet liturgique, très certainement pour une croix, un socle de candélabre, ou un autel portatif. Il servait à surélever l'objet par rapport à l'autel, d'abord afin de le protéger, tout en s'inscrivant dans un programme iconographique complet.
Daté aux alentours de 1150-1160, l'Autel portatif de Stavelot (n° inv. 1590, Musées Royaux d'Art et d'Histoire, Musée du Cinquantenaire, Bruxelles) est composé sur sa face supérieure de trois panneaux émaillés représentant six scènes de la Passion du Christ, ainsi que quatre sujets de l'Ancien Testament (de l'Ecclésiaste, de la Synagogue, de Samson et de l'histoire de Jonas). Les panneaux latéraux émaillés montrent le martyr de douze saints, tandis que quatres évangélistes assis en bronze doré à chaque angle soutiennent l'ensemble. L'autel portatif mesure au total 10 x 27,5 x 17 cm et chaque évangéliste ne mesure que 6 cm de hauteur. Notre évangéliste est quant à lui presque deux fois plus grand que les apôtres de Stavelot, mais leurs similitudes techniques et de stylistiques indiquent qu'ils partagent des sources communes et qu'ils pourraient même émaner du même atelier.
La différence d'échelle entre cet apôtre et ceux de l'Autel portatif de Stavelot pourrait suggérer que sa fonction première était de soutenir une croix ou un chandelier à la manière de ceux de l'extraordinaire Pied-de-croix Saint-Bertin (musée Sandelin, Saint-Omer, n°inv. 2800 bis). Ici, les apôtres sont disposés autour de la base circulaire, tout aussi animés dans leurs tâches, levant soit les yeux afin de trouver l'inspiration auprès des symboles de l'évangéliste placés au-dessus d'eux, soit absorbés dans la rédaction des évangiles à leur pupitre. La taille des apôtres de Saint-Bertin est plus proche de celle de notre bronze doré (12 cm). Si notre apôtre présente un décor ciselé plus élaboré au niveau de l'encolure, du bras et de l'ourlet de sa tunique comparable aux pieds de Stavelot, les détails de son pupitre sont moins soignés que ceux des figures de Saint-Bertin, ce qui tend à indiquer une datation intermédiaire entre ces deux œuvres.
La fixation lacunaire à l'arrière de notre évangéliste confirme qu'il faisait autrefois partie d'un objet plus conséquent. La reconstitution d'une croix mosane en émail, composée de deux plaques de la collection Oettingen-Wallerstein, proposée par Charles T Little lors de l'exposition de Stuttgart en 2000 (op. cit.) aurait pu inclure le notre bronze comme l'un des quatre évangélistes soutenant la base. Dans sa forme initiale, cette croix ainsi que son socle auraient pu atteindre une hauteur d'environ 100 cm ; la grande taille de l'évangéliste actuel étant compatible avec le soutien d'un tel objet.
L'analyse technique effectuée par le Dr Peter Northover avant 1995 a conclu que l'alliage est compatible avec la métallurgie allemande et mosane du XIIe siècle. Son examen a également permis d'observer une corrosion superficielle cohénrente avec la période, ainsi qu'une dorure également compatible avec les dorures médiévales.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Une Renaissance, L’Art entre Flandre et Champagne 1150-1250, cat. musée de Cluny, Paris et Musée de l’hôtel Sandelin, Saint-Omer, avril - juin 2013 ;
I. Biron, Émaux sur métal du IXe du XIXe siècle, Histoire, technique et matériaux, Dijon, 2015, p. 43-47 ;
J. Durand, Nouvelles acquisitions du département des Objets d’art 1995-2002, Musée du Louvre, 2003, n° 7 ;
J. Muller, Orfèvreries mosanes XIIe-XIIIe siècles, 1977, Musée royaux d’art et d’histoire de Bruxelles ;
J. C. Kohler, "Die Sammlung altdeutscher Gemälde in dem fürstlichen Schlosse zu Wallerstein", Kunst-Blatt. Beilage des Morgenblatts für gebildete Staende. Hg. v. Ludwig Schorn. 5, H. 90, 8 novembre 1824, p. 359 et suivantes ;
Eike et Karin Oellermann, "Zwei Skulpturen des verschollenen Marienaltars der Nürnberger Augustinerkirche", Anzeiger des Germanischen Nationalmuseums 2014, p. 51-68 et p. 51-53