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Statue, Songye, République Démocratique du Congo
SONGYE FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
180,000250,000
LOT SOLD. 361,500 EUR
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Statue, Songye, République Démocratique du Congo
SONGYE FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
180,000250,000
LOT SOLD. 361,500 EUR
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Details & Cataloguing

Affinités Electives : Alexis Bonew et les Arts du Congo

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Paris

Statue, Songye, République Démocratique du Congo
SONGYE FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Collecté in situ par le lieutenant Willy-Eugène Claes entre 1903 et 1918
Collection Willy-Eugène Claes, Anvers
Vraisemblablement collection du baron Freddy Rolin
Collection Alexis Bonew, Bruxelles, acquis en 1970-71

Exhibited

Anvers, Stadsfeestzaal, Kongo-Kunst24 décembre 1937 – 16 janvier 1938, n° 431, n° 835

Literature

Olbrechts, Tentoonstelling van Kongo-Kunst, 1937, p. 56, n°835, listé
« Kunst uit Kongo » in Zondagsvriend, n° 53, 30 décembre 1937
Olbrechts, Plastiek van Kongo, 1946, XXXVI, pl. 176
Petridis, Frans M. Olbrechts (1899-1958). In search of Art in Africa, 2001, fig. 46

Catalogue Note

Pour l'exposition Kongo-kunst, son brillant manifeste, Olbrechts sollicita nombre de collectionneurs privés - notamment anversois - privilégiant ainsi la découverte d'œuvres inédites. Parmi ces prêteurs, le lieutenant Willy-Eugène Claes - qui sera suspendu de ses fonctions par l'administration coloniale en 1918 pour son "intempérance notoire" - confia à Olbrechts deux statues Songye, dont ce redoutable nkisi encore paré de tous ses attributs de pouvoir, précisément tel qu'il se dévoile pour la seconde fois de son histoire, ici.

Parmi les corpus ponctuant la division du Congo en quatre aires stylistiques définies pour la première fois, s'illustrait en particulier le saisissant ensemble de soixante-cinq statues Songye, stylistiquement interprétées par Olbrechts comme un « pont entre les Kuba et les Luba ». L'impressionnant ensemble de treize minkishi regroupés dans l’exposition sur une estrade, illustrait les plus importants sous-styles Songye, tels qu'ils seront plus tard identifiés par les chercheurs (cf. De Palmenaer in Petridis, Frans M. Olbrechts (1899-1958). In search of Art in Africa, 2001, pl. 176). Sur la photographie historique de cet ensemble apparaît au premier rang la statue du lieutenant Claes. 

Son style et sa morphologie la rattachent aux traditions occidentales des Songye, et plus précisément à un atelier Belande situé dans la partie méridionale du pays, proche des Luba des rives de la Lubengule, dont "les traditions pourraient remonter au XVIIe siècle" (Neyt, La redoutable statuaire Songye d’Afrique centrale, 2004, p. 307). Elle s'apparente étroitement, à travers la bouche en quartier de lune ouverte sur des dents apparentes et ponctuée d'une cavité centrale, les yeux sculptés dans une orbite concave, sa coiffure gaufrée et la plaque métallique soulignant l'arête fronto-nasale, au saisissant corpus d’œuvres conservées l'une dans la collection de Jean Willy Mestach et les autres dans celles du musée Barbier-Mueller (ancienne collection Maurice de Vlaminck), du British Museum (ancienne collection Oldman), du Museum für Völkerkunde de Dresde (inv. n° 41413), et du musée de Tervuren (inv. n° 19836; cf. Neyt, idem, n° 1, 20, 22, 35, 243).  

A la remarquable eurythmie des lignes et des volumes, dont la dynamique des plans inclinés en profondeur et le rythme renvoient au vocabulaire qui fonda le cubisme, répond la saisissante confluence des forces destinées à protéger la communauté. 
L’ancêtre est représenté debout, les mains posées autour de la zone ombilicale, dans une attitude « propre à l'ancêtre qui veille sur sa famille et la protège », tandis que sa bouche exprime « l'énergie redoutable de la magie, de la contre-sorcellerie" (Neyt, idem, p. 308). Les forces mobilisées par le nganga (spécialiste rituel) à travers les charmes (colliers en pâte de verre misangu, feuilles de cuivre et poils) et les ingrédients rituels insérés dans la corne renversée et au dos se conjuguent, selon François Neyt, pour « appeler les esprits bénéfiques et conjurer les mauvais sort ». Enfin, l’onguent à base d’huile de palme, signe de régulières dévotions cultuelles, témoigne de l’importance de cette effigie d’ancêtre, ayant exceptionnellement conservé tous ses attributs de pouvoir. 

Songye figure, Democratic Republic of the Congo

For the Kongo-kunst exhibition, his dazzling manifestation, Olbrechts solicited a number of private collectors - especially from Antwerp - thus placing a premium on the discovery of unreleased works. Amongst these lenders, Lieutenant Willy-Eugène Claes - who would go on to be suspended from office by the colonial administration in 1918 for his "notorious intemperance" - entrusted Olbrechts with two Songye statues, one of which was this formidable Nkisi, still adorned with all its attributes, looking precisely as it does here and now as it is unveiled for the second time in its history.

Amongst the body of works that partitioned the Congo in four stylistic areas defined there for the first time, was particularly highlighted the striking set of sixty-five Songye statues stylistically interpreted by Olbrechts as a "bridge between the Kuba and the Luba." The impressive set of thirteen Minkishi grouped together on a platform within the exhibition exemplified the most important Songye sub-styles as later identified by scholars. (cf. De Palmenaer in Petridis, Frans M. Olbrechts (1899-1958). In search of Art in Africa, 2001, pl. 176). On the historic photograph of this ensemble, Lieutenant Claes' statue is featured in the front row. 

Its style and morphology link it to the Western traditions of the Songye, and more specifically to a Belande workshop located in the southern part of the country, close by the banks of the Luba Lubengule river, "the traditions of which could be traced as far back as the 17th century" (Neyt, La redoutable statuaire Songye d’Afrique centrale, 2004, p. 307). It is closely related - with its half-moon mouth revealing exposed teeth and punctuated with a central cavity, its eyes carved into a concave orbit, its crimped coiffure and its metal plaque marking the edge of the frontonasal mass - to a striking body of works, one of which is kept in the Jean Willy Mestach Collection and the others in the Barbier-Mueller Museum collections (former Maurice Vlaminck Collection), in the British Museum (former Oldman Collection), in the Museum für Völkerkunde, in Dresden, (inv No. 41413), and in the Tervuren Museum  (inv. No. 19836; cf. Neyt, ibid, No. 1, 20, 22, 35, 243).  

The remarkable eurhythmy in the lines and volumes - with the dynamics of their deep inclines and rhythm evoking the vocabulary that founded cubism - echoes the compelling confluence of forces that protect the community. 
The ancestor is standing, hands on either side of the umbilical area, in a stance "typical of the ancestor who watches over his family and protects them," while his mouth expresses "the formidable power of magic and counter-sorcery" (Neyt, ibid, p. 308). The forces marshalled by the Nganga (ritual specialist) through charms (glass paste Misangu necklaces, copper sheets and hairs) and ritual ingredients inserted into the tipped back horn and on the back, combine, according to François Neyt, to "call the good spirits and ward off curses."  Finally, the palm oil-based ointment, a sign of regular devotional worship, attests to the importance of this ancestor effigy, all the attributes of power of which have been exceptionally preserved.   

 

Affinités Electives : Alexis Bonew et les Arts du Congo

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Paris