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Berlioz, Hector
LIVRE DE COMPTES AUTOGRAPHE, JUIN 1862-NOVEMBRE 1867.
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Berlioz, Hector
LIVRE DE COMPTES AUTOGRAPHE, JUIN 1862-NOVEMBRE 1867.
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Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Berlioz, Hector
LIVRE DE COMPTES AUTOGRAPHE, JUIN 1862-NOVEMBRE 1867.
143 pages plus 10 pages blanches, dans un carnet in-8 (202 x 135 mm), relié à l’époque en cartonnage de papier gaufré violet, étui moderne.


Cahier de comptes inédit, témoignage capital sur la vie artistique et quotidienne de Berlioz
.

Ce livre de comptes prolonge, de manière plus développée, celui de la période 1859-1862, présenté en vente à Paris en 2015 et aujourd’hui conservé à la BnF. Berlioz, dont la situation financière a souvent été précaire, y consigne avec soin et méthode ses recettes (actions et obligations revendues, pensions du Conservatoire et de l’Institut, droits d’auteur, collaboration au Journal des Débats, vente de partitions, droits d’auteur pour Les Troyens, revenus de la ferme et des vignes de La Côte Saint-André etc.) et ses dépenses (achats courants pour la maison, loyers, gages de la bonne, raccommodage, “accord du piano”, “redingote” etc.).

Au fil des pages, se déroulent son activité musicale et sa vie quotidienne, depuis la mort de Marie, sa seconde épouse (le 13 juin 1862), jusqu’à son départ pour une tournée de concerts en Russie, son ultime grand voyage. Ces années voient lentement le déclin du compositeur. La mort de Marie, puis celle de son fils Louis quelques années plus tard l’ont accablé et ses souffrances physiques ne lui laissent que peu de répit. En 1863, Berlioz cesse de collaborer aux Débats. La même année, la représentation tronquée des Troyens, amputés des deux premiers actes, l’afflige. Deux ans plus tard, il publie ses Mémoires. Seules ses tournées à l’étranger (Weimar, 1863 ; Bade, id. ; Vienne, 1866, et Cologne, 1867) lui apportent quelque réconfort. Au milieu de cette rigoureuse alternance de recettes et dépenses, se glissent discrètement quelques détails sur sa vie intime.

Le nom d’Estelle Fornier, la Stella Montis de ses Mémoires (voir lot 64), son premier et dernier amour, y est trois fois mentionné. Tombé amoureux d’elle en 1815, Berlioz ne la reverra à Genève qu’en 1864. Puis, en juin 1867, la triste et laconique mention de la mort de Louis.

La mort de Marie : le livre s’ouvre sur la mort subite de sa seconde épouse, et l’exhumation du corps d’Henriette, sa première épouse : Mardi à minuit 10 Juin 1862 à St.-Germain, Marie était très bien portante. Le lendemain moi parti pour Paris et l’ayant quittée très affectueuse. Le Jeudi, M. et Mme de Laroche venus à Paris le matin l’ont retrouvée très gaie à 11 h. ½ du soir. Le vendredi 13 Mme de Laroche l’a trouvée à11 h. du matin morte devant la fenêtre de sa chambre qu’elle se disposait sans doute à ouvrir !! Henriette était morte à Montmartre le 4 mars 1854 après une longue et douloureuse maladie. J’ai acheté pour elle, au petit cimetière de Montmartre rue St.-Vincent, un terrain pour 10 ans, au prix de 50 fr. La propriété de ce terrain où est sa tombe expirera le 4 mars 1864. [Suit cette note plus tardive :] L’exhumation du corps d’Henriette du petit cimetière Montmartre et son inhumation au grand cimetière ont eu lieu le 3 février 1864 (Juin 1862, f. 1 r°).

Estelle Fornier, son dernier amour Livres pour Mme Fornier 8 fr 50 c (septembre 1864, f. 32 r°). Mme Fornier, quai des Eaux-vives n° 10, à Genève (novembre 1864, f. 33 v°). Mme Fornier, aux Délices de Voltaire, Maison Fazy n° 7 près Genève (septembre 1866, f. 55 v°).

Mort de Louis : J’ai appris le 29 Juin la mort du pauvre Louis à la Havane, il y était mort un mois auparavant le 5 Juin 1867 (1er juillet 1869, f. 68 r°).

Ses œuvres, parmi lesquelles Béatrice et Bénédict (créé à Bade le 9 août 1862) et les Troyens occupent une place importante :
- La gravure, l’étain, les pierres et 125 ex. de la partition de piano et chant de Béatrice [et Bénédict] m’ont coûté 1160 fr. Les planches et les pierres (qui m’appartiennent) sont déposées chez l’imprimeur Thierry, cité Bergère. J’ai déposé 100 exemplaires de Béatrice chez Brandus, boulevard des Italiens n° 1, qui m’en rendra compte après la vente (février 1863, f. 10 v°).
- Feuilles des Troyens réimprimées - 20 fr. (id.).
- à Thierry pour 35 exemplaires de la partition de Béatrice et Bénédict - 112 fr. / Au même pour 100 affiches de la même partition (mars 1863, f. 12 r°).
- 25 partitions de Béatrice 80 fr / Deux épreuves des Troyens - 13 fr. 40 (mai 1863, f. 14 r°).
- La gravure de Didon de Guérin - 28 fr. (juin 1865, f. 15 r°).
- De Choudens pour la partition des Troyens - 10 000 fr. (juillet 1863, f. 15 v°).
- Produit de la vente des partitions de Béatrice - 650 fr. (octobre 1863).
- J’ai engagé pour les Troyens M. Marie 1er cornet à piston. Il amènera son second, je donnerai à chacun 10 f. par séance (octobre 1863, f. 19 r°).
- Vente des Troyens à l’étranger - à Londres 300 £ st. (décembre 1863, f. 20 v°).
- Il y aura de plus les frais de gravure de la Prise de Troie - 4 000 fr. (id.).
- Le 13 Juillet [1865] j’ai donné à M. Vallée l’imprimeur de mes Mémoires, deux mille francs en argent, et un billet de 883 f. payable au 15 Janvier 1866, pour solde de tout compte (f. 42 r°)
- Honoraires pour cinq représentations d’Alceste - 780 f. (1er décembre 1866, f. 60 v°).
- Prix de 10 partitions du Requiem - 141 f. (mars 1867, f. 64 r°).

Berlioz a soigneusement consigné, à la fin du cahier, la liste détaillée des dates et prix des Répétitions des Troyens faites par M. Marie et son second. La dernière page comporte une liste des Exemplaires des Mémoires donnés et prêtés ; parmi les premiers, on remarque Mme Charles Fornier et la princesse de Sayn-Wittgenstein, maîtresse de Liszt à laquelle Berlioz dédiera Les Troyens.

Les obligations et actions (chemins de fer de Lyon, chemin de fer d’Orléans, Ville de Paris, Compagnie Transatlantique, et surtout obligations ottomanes) dont il tient un relevé précis. Il en conserve certaines pour son fils Louis dans une “armoire à glace”.
- Versé chez Mr. Lehoux 4 393 fr. 50 pour 13 obligations de l’emprunt ottoman. L’une de mes premières obligations étant sortie, il ne m’en restait que 35, j’en ai donc maintenant en tout 48, rapportant 1 440 fr. de rente. Tout mon argent placé rapporte maintenant en tout 2 900 fr. (février 1864, f. 25 r°).
- Acheté 5 obligations de l’emprunt ottoman qui ont coûté 1 733 fr. 90 c. et qui rapporteront (150 fr.) par an. J’ai donc maintenant 56 obligations de l’emprunt ottoman rapportant 1 680 fr. de rente (juin 1864, f. 29 r°).

Voyages : Dépenses du voyage de Bade (15 jours) : pour aller 66 f. - pour revenir 66 f. - voitures en arrivant et en revenant 5 f. - service de l’hôtel 8 f. - logement 30 f. - Table que j’eusse payée à Paris et plus cher 83 f. Il me reste, sur les 422 emportés à Bade, 164 f. (août 1863, f. 16 v°). Pour sa visite à Estelle Fornier en août 1865 : J’emporte en partant pour Genève le 17 août 1 300 f. en or que j’avais mis de côté pour ce voyage. J’en rapporte 794 f. que j’ai enfermés pour la même destination dans le petit coffre de l’armoire à glace (août 1865, f. 43 r°).

Dépenses : loyer, pension à sa belle-mère, impôts, frais d’impression de partitions, gages de domestiques, habits, frais divers (voitures, raccommodage de vêtements, achats de bottes et chapeaux, accord piano, etc.). Imprévus pour Louis 1 200 fr. (septembre 1862, f. 2 r°). Sont aussi notés les abonnements à des journaux et revues (Débats, Monde dramatique, Le Tour du Monde, L’Indépendance dramatique) et les dépenses quotidiennes en tout genre : Omnibus, cigares 5 fr. — Pour le chapeau de Mme [Marie] Recio 25 fr. — gages de la bonne 95 fr. — le dîner Ste-Beuve 13 fr. — boîte de bonbons 6 fr. — une brosse à dents 3 fr. 50 — location du lit de Louis 30 fr., etc.

Petits accidents au dos.


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