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Valéry, Paul
LETTRE AUTOGRAPHE À GENEVIÈVE MALLARMÉ, SIGNÉE VALÉRY, DATÉE SAMEDI [JUIN 1899].
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LETTRE AUTOGRAPHE À GENEVIÈVE MALLARMÉ, SIGNÉE VALÉRY, DATÉE SAMEDI [JUIN 1899].
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Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Valéry, Paul
LETTRE AUTOGRAPHE À GENEVIÈVE MALLARMÉ, SIGNÉE VALÉRY, DATÉE SAMEDI [JUIN 1899].
4 pages in-16 (176 x 117 mm), sur papier deuil.


Émouvante lettre sur Mallarmé
à la fille de celui-ci, mort un an auparavant.

Suite à la disparition subite en septembre 1898 de Stéphane Mallarmé, dont il était très proche, Valéry se fit un devoir, avec Gide, de venir en aide à la veuve et à la fille du poète qu’il savait dans le besoin. Il resta en relation avec Geneviève Mallarmé, chez qui il avait connu sa femme Jeannie Gobillard, jusqu’à la fin de sa vie : en 1919, Valéry tint à rédiger la nécrologie de cette jeune fille […] qui plaçait auprès de son père une fine et claire figure de l’amour filial le plus tendre et le plus empressé dans le Mercure de France.

Valéry a appris la présence de Geneviève dans la propriété familiale de Valvins, où Stéphane Mallarmé est récemment décédé. J’ai eu de vos nouvelles Rue de Villejuste jeudi. M. Bonniot [le futur mari de Geneviève] vous a, le premier, fait visite.

Il évoque avec beaucoup de pudeur et d’émotion le souvenir du disparu. Ayant vu Mallarmé pour la dernière fois le 14 juillet 1898 à Valvins, il partage son émotion à l’idée de revenir sur les lieux exactement un an plus tard : J’ai imaginé aussi toute l’émotion de la rentrée à Valvins. Il me semble que lorsque j’y reviendrai toute la route me parlera. Sans doute quand on arrive à ce pont et à la vue brusque de la Seine, rien ne peut réprimer le souvenir : la forêt assoupit, apaise, porte. Mais quand, là, elle se déchire, elle montre le passé, d’autres ruptures se rouvrent, et il faut apercevoir toute la lumière d’une grande perte. Je viendrai vous voir le 14 juillet, je pense, et ce sera pour moi un anniversaire.

Valéry rassure son amie, il est aussi sujet à la paresse. Ces demoiselles se plaignent de se sentir énormément paresseuses. Je ne vous étonnerai pas en disant que je me plains de la même sorte, mais ce n’est pas pour les mêmes raisons. Il y aurait un atroce chant à faire sur l’être condamné à perdre son temps.

Il lui recommande de lire Stendhal, auteur auquel il consacrera un essai en 1927 : J’ai cherché quelque livre qui puisse vous intéresser dans ma laconique bibliothèque. Je n’ai pas trouvé grand-chose. Si, cependant vous n’avez pas lu La Chartreuse de Parme de Stendhal, ou du même les délicieuses Mémoires d’un Touriste, je serais très heureux de vous les envoyer, en m’excusant de la laideur et de la saleté du physique de ces ouvrages preuves que je les aime beaucoup, et souvent.

Cette précieuse lettre semble inédite.

Traces de pliures.


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