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Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Malraux, André
LACLOS. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ EN TÊTE, [1939].
27 feuillets in-4 et in-8, numérotés 1 à 22 (dont 2bis, 2ter, 13bis dactylographié, 17bis et 17ter avec deux lignes dactylographiées) montés sur onglets et interfoliés de feuilles de vergé gris. Relié en un volume in-4 (272 x 225 mm), demi-maroquin bordeaux à coins, dos à nerfs ornés d’encadrements de filets dorés, tête dorée (F. et A. Maylander).

Unique manuscrit de la célèbre étude sur Choderlos de Laclos, parue dans le tome II de l’ouvrage collectif Tableau de la Littérature Française (Gallimard, 1939). En 1970, Malraux la publie à nouveau dans Le Triangle noir avec deux textes sur Goya et Saint-Just. Elle sera reprise en préface à l’édition Livre de Poche, puis Folio-Gallimard, du roman.

L’étude s’ouvre par une lettre autographe adressée à son cher Professeur, le médecin et passionné de littérature Henri Mondor (1 page in-12, 7 juin 1945), auquel Malraux offre ce manuscrit récupéré. Sur la page de titre autographe qui suit, datée du même jour, dédicacée et signée, l’auteur précise qu’Il n’existe pas d’autre manuscrit.

Bien que de premier jet, ce manuscrit est très proche de la version imprimée. Par ses formules brillantes et ses subtiles analyses, Malraux met en évidence l’originalité et la modernité des Liaisons dangereuses. Il débute par une synthèse du roman : Laclos entreprend de raconter une anecdote de sa jeunesse : une femme abandonnée par son amant décide de faire coucher n’importe qui avec la fiancée de celui-ci, pour qu’il soit trompé avant même son mariage. Il y ajoute l’histoire d’une autre femme qui, séduite et quittée par un complice de la 1re, meurt de chagrin. Puis il en définit l’essence même : Les Liaisons sont le récit d’une INTRIGUE […] Intriguer tend toujours à faire croire qq. chose à qq. un. […] Le problème technique du livre est de savoir ce qu’un personnage va faire croire à un autre. D’où une ronde d’ombres Louis XV à la merci des deux meneurs du jeu.

Pour Malraux, Laclos renouvelle la notion d’intelligence, idée passionnelle et mythique. Il analyse aussi une autre nouveauté : La passion s’est métamorphosée : elle était fatalité, elle devient désir. Mais, observe-t-il, le premier caractère de ce livre, qui ne parle que de passion, c’est de l’ignorer presque toute. Une seule y paraît : l’amour qu’éprouve Mme de Tourvel […] Les cartes sont simples, dans ce jeu qui n’a que deux couleurs : la vanité, le désir sexuel. Décelant dans les deux protagonistes principaux des Liaisons, la naissance et le prototype de la figure de l’intellectuel, il explique pourquoi ce livre est novateur : Valmont et Mme de Merteuil sont les deux premiers personnages de la fiction qui agissent en fonction d’une idéologie.

Il réalise ensuite des rapprochements avec Balzac, Stendhal, Flaubert et Dostoïevski : de Laclos à Dostoïveski, de Valmont à Ivan Karamazoff, la part organique et souterraine de l’homme ne cessera de grandir.

Puis il en donne la définition qui deviendra célèbre : Par leurs deux personnages significatifs, les Liaisons sont une école de volonté. Et ce n’est pas un de leurs moindres moyens d’action que leur mélange permanent de volonté et de sexualité […] Tout le livre est une érotisation de la volonté. Il conclut : Laclos fut un dénonciateur de rêves […] En les faisant entrer dans le long domaine des rêves de tous, celui où les hommes promis à la mort contemplent avec envie des personnages un instant maîtres de leur désir.

Le manuscrit fut présenté lors de l’exposition Malraux (Fondation Maeght, 13 juillet-30 septembre 1973).

Ancienne collection Henri Mondor.


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