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Pissarro, Camille
LETTRE AUTO-GRAPHE SIGNÉE À SA FEMME JULIE, DATÉE PARIS 111 RUE ST LAZARE 8 AVRIL [18]95.
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Pissarro, Camille
LETTRE AUTO-GRAPHE SIGNÉE À SA FEMME JULIE, DATÉE PARIS 111 RUE ST LAZARE 8 AVRIL [18]95.
2 pages in-8 (202 x 131 mm), sous chemise demi-maroquin bleu moderne.


La peinture ne s’apprend pas
[…] le seul conseil que je vais lui donner c’est de suivre ce que le père Corot m’a dit dans le temps, c’est de regarder la nature.

Lettre apparemment inédite.

“Je dois travailler dur — écrivait Pissarro en 1894 — il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre. Je dois profiter de ce que j’y vois clair et que j’entends encore la nature pour terminer honorablement ma vie.” Il mourra en 1903, presque aveugle d’un œil — celui qui l’inquiète justement à la fin de cette lettre, écrite lorsqu’il avait 65 ans. Comme toujours, le peintre faisait la navette entre Eragny et Paris, d’où il écrivait régulièrement à sa femme pour lui donner des nouvelles de la vente de ses tableaux, parfois problématique, et de ses visites aux marchands.

Je t’envoie la lettre de Lucien, tu verras que Ricketts trouve mes tableaux bien et me propose une petite exposition chez lui pour y amener une petit mouvement qui pourra décider le terrible Van Wysselingh à s’occuper de la vente de ma peinture, il paraît qu’ils ne comprendrait pas mes deux tableaux si ce n’est pas amené par des ficelles !... ma foi c’est le seul moyen puisqu’ils sont bouchés à l’émeri. Je viens de chez Durand[-Ruel], son fils est arrivé ce matin, il n’a pas eu encore la temps de se concerter avec son père, il faut patienter... et encore heureux d’avoir une lueur d’espérance ! Il se désole en revanche à propos de Mme Perry chez qui il est allé déjeuner : Rien de neuf de ce côté, pas l’ombre d’une vente ou même l’espérance […] La lettre que tu m’as envoyée et qui arrivait des Etats-Unis (Baltimore) est d’une Américaine que je ne connais pas et qui est amie de Me Cobb, elle voudrait que je lui donne des conseils ! Comment faire, bon Dieu ! pour persuader ces braves gens que la peinture ne s’apprend pas, qu’elles perdent leur temps à vouloir se chausser dans les pantoufles des autres ; le seul conseil que je vais lui donner c’est de suivre ce que le père Corot m’a dit dans le temps, c’est de regarder la nature, bûcher les valeurs et corser son dessin, regarder les maîtres […] Mon œil est en bon état, ce matin pas d’humeur, c’est quelque chose, il ne me manquerait plus que cela pour être tout à fait embêté ! — Je suis tellement heureux d’en être quitte pour la peur, que lorsque je suis sorti de chez Parenteau [son opticien] j’aurai dansé de contentement. Penses donc — au printemps, au moment des bonnes études du plein air !! Et il signe : Ton mari affectionné et plus tranquil [sic].

Cette lettre ne figure pas dans la correspondance de Camille Pissarro publiée par Jeannine Bailly-Herzberg, Paris, 1989.


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