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Wagner, Richard
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE, EN ALLEMAND, À SES AMIS ERNST KIETZ, SAMUEL LEHRS ET GOTTFRIED ANDERS, DATÉE BERLIN, 21 APRIL 1842.
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Wagner, Richard
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE, EN ALLEMAND, À SES AMIS ERNST KIETZ, SAMUEL LEHRS ET GOTTFRIED ANDERS, DATÉE BERLIN, 21 APRIL 1842.
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Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

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Wagner, Richard
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE, EN ALLEMAND, À SES AMIS ERNST KIETZ, SAMUEL LEHRS ET GOTTFRIED ANDERS, DATÉE BERLIN, 21 APRIL 1842.
2 pages in-4 (270 x 213 mm), sur un bifeuillet, adresse autographe, sous chemise demi-maroquin rouge moderne.


Longue lettre de jeunesse évoquant ses débuts, à quelques mois de la création de Rienzi à Dresde
.

Elle est écrite de Berlin, quelques jours seulement après son retour de Paris, où Wagner avait mené, durant trois années, une existence précaire. Rentré en Allemagne, le jeune compositeur est plein d’espoir, le théâtre de Dresde venant d’accepter son opéra Rienzi, qui y sera bientôt représenté. Wagner a 29 ans, sa carrière débute et il connaîtra bientôt ses premiers succès.

Il donne ici de ses nouvelles à quatre amis allemands, laissés à Paris, à qui il s’adresse tour à tour, avec volubilité et chaleur. Il les prie de bien vouloir s’occuper de l’éditeur Maurice Schlesinger. Wagner s’interroge au sujet de la publication, dans la Gazette musicale, de la dernière partie de son article sur l’opéra La Reine de Chypre de Halévy, dont il avait arrangé la partition pour piano et voix. Il décrit son inutile et ennuyeux séjour à Berlin, relate deux rencontres avec Meyerbeer et des discussions à Dresde sur la mise en scène de Rienzi. Wagner leur confie combien leur présence lui manque et qu’il pense souvent à eux. Puis il explique que son épouse Minna, qui aimerait beaucoup les rencontrer, est à Leipzig. Il essaie désespérément de gagner assez d’argent pour l’emmener à Berlin et pour rembourser les dettes qu’il a laissées à ses amis à Paris. Il leur donne son adresse à Dresde, où il espère mettre en scène son opéra Rienzi.

Wagner composa Rienzi entre 1838 et 1840. Joué pour la première fois le 20 octobre 1842 au Königliches Hoftheater de Dresde, cet opéra fut le premier grand succès du compositeur.

Meine Frau ist in Euch verliebt; keinen Eurer Namen darf ich nennen, wenn nicht der Jammer losbrechen soll. Sollte ich sterben, eh’ wir uns wiedersehen, so vermache ich Dir, Anders, meine zukünftigen Tantièmen, Dir Lehrs, den Venusberg, u. Dir, Kietz, meine beiden in Paris verloren Hunde—Du verstehst es so schön, sie auf die Strasse zu führen.

Traduction française : Dis-moi donc pourquoi je me suis éloigné de vous, qu’est-ce que j’avais, qu’est-ce qui m’y a poussé ? N’avons-nous pas supporté la misère ensemble ? […] Pour l’instant je n’ai encore rien dans l’estomac : que dit-on, déjà, pour une bête sauvage ? […] Je ne sais rien avec certitude, exactement comme un rêveur. J’ai également quitté ma femme : elle pleurait et voulait aller à Paris, mourir de faim. Je vis mes parents à Leipzig. Ils habitaient de nouvelles maisons et de nouvelles rues ; ils avaient de grands enfants et je me tenais comme un gros âne parmi eux. Ce furent nos retrouvailles. Je suis donc allé à Berlin : merveilleux ! […] J’ai parlé à Meyerbeer pendant 5 minutes ; aujourd’hui je lui parlerai pendant une heure entière […] A Dresde j’ai vu brièvement Fischer et Heine ; pour les autres, je demeurai incognito. Lorsque j’entrai chez Fischer et dis qui j’étais, il se jeta comme un fou à mon cou et m’embrassa : alors je me rendis compte que je suis quelqu’un de bien. Comme je me retrouvais dans la rue, j’en rêvais encore - de vous […] Dussé-je mourir sans vous revoir, je te promets, Anders, mes prochains tantièmes, toi Lehrs le Venusberg, et toi Lirtz mes deux chiens perdus à Paris. Tu sais très bien les promener dans la rue... Comment cela va-t-il au n° 14 de la rue Jacob ? Les gens “accrochants” se souviennent-ils de moi ? Il me semble que j’ai laissé des dettes derrière moi […] Console également Schlesinger s’il devait trop souffrir de notre séparation : mon article sur la Reine de Chypre [opéra d’Halévy, qu’il avait transcrit pour piano] n’a pas paru : il me semble qu’il était trop mauvais pour être imprimé même dans la “Gazette musicale”. Bêtise ! […] La moitié de ma vie en dépend, car vous devez savoir qu’en dehors de ma femme, je n’aime que vous […] Votre lettre me réveillera probablement de ma tristesse. Il n’y a pas grand’chose à perdre ! Lorsque je serai réveillé, je ne veux plus avoir qu’un souci : vous voir bientôt près de moi.

Cette lettre est partiellement publiée dans Sämtliche Briefe, volume 2, n° 2, pages 74-75.

Papier pelure dont la transparence affecte légèrement la lisibilité, mais en bon état.


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