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Zola, Émile
DEUX DÉFINITIONS DU ROMAN. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ. [DÉBUT DÉCEMBRE 1866.]
24 p. petit in-4 (160 x 200 mm) écrites à l’encre noire au recto uniquement (à l’exception de la page 19, écrite également au verso), foliotées de 1 à 21 ; suivi de 3 p., signées "Émile Zola", non numérotées, de même format dont la première page reprend le texte de la p. 21 pour le continuer sur 2 p. Nombreuses ratures et corrections.

PREMIER MANIFESTE DU "ROMAN NATURALISTE" DANS LEQUEL "L’IMAGINATION EST RÉGLÉE PAR LA VÉRITÉ".

L’auteur écrit ces Deux définitions du roman dans le cadre de la 33e session du Congrès scientifique de France qui se tient à Aix-en-Provence le 9 décembre 1866.
Son texte se divise en deux parties : "Le roman dans l’antiquité et dans les premiers temps du christianisme" (I) et "Le roman au XIXe siècle" (II).

"L’art n’est autre chose que la vie elle-même, et c’est en étudiant la vie, qu’on peut expliquer et comprendre les créations de l’humanité".

Après avoir résumé l’histoire du roman dans l’Antiquité puis dans les premiers siècles du christianisme, Zola défend une définition du roman moderne et du romancier contemporain : "C’est ainsi que nous sommes faits pour le roman comme les Grecs étaient faits pour l’épopée".

Selon Zola, le roman antique est caractérisé par le recours à l’imaginaire voire à l’absurde : "On sent que le roman n’a jamais été pour les Grecs une peinture de la vie réelle, encadrée dans une action vraisemblable ; il a été uniquement pour eux un poème vulgaire". Il termine son étude en définissant le roman chez les Grecs comme "un mensonge agréable, un tissu d’aventures merveilleuses [qui] a pour but de recréer le lecteur, en l’étonnant, en le transportant dans un monde de fantaisie, qui ne ressemble en rien à la terre, et en lui faisant lier connaissance avec des personnages qui ne ressemblent en rien aux hommes" par opposition au roman moderne relevant de la réalité : "nous en sommes aujourd’hui au roman analytique qui a pour but de peindre la nature telle qu’elle est et les hommes tels qu’ils sont".
Il prend pour exemple Balzac et sa Comédie humaine.

Zola livre un portrait du romancier analyste : "Il est avant tout un savant, un savant de l’ordre moral. J’aime à le représenter comme l’anatomiste de l’âme et de la chair".

À propos de ces définitions, Zola écrivit le 10 décembre à son ami Anthony Valabrègue : "Je suis content – lisez très content – de ce petit travail dans lequel j’ai largement appliqué la méthode de Taine. En un mot, des affirmations carrées et audacieuses. Je voudrais bien être dans un petit coin de la salle où l’on déclamera ma prose".

Référence : publication partielle dans Les Annales du congrès scientifique de France (3e session, 1866, t. II, p. 493- 502, repris en partie) et dans Le Mémorial d’Aix (23 décembre 1866). -- Texte intégral dans La Revue des sciences humaines (1948) puis dans les Œuvres complètes de Zola (Cercle du Livre Précieux, 1968, X, p. 273-283).

Voir autre reproduction p. 41.


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