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Goya y Lucientes, Francisco de
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À SA COMPAGNE LEOCADIA ZORRILLA, À BORDEAUX. MADRID, [JUILLET 1827].
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LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À SA COMPAGNE LEOCADIA ZORRILLA, À BORDEAUX. MADRID, [JUILLET 1827].
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Goya y Lucientes, Francisco de
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À SA COMPAGNE LEOCADIA ZORRILLA, À BORDEAUX. MADRID, [JUILLET 1827].
Une p. in-4 (249 x 192 mm). Papier vergé au filigrane "MS & FH". Cachet postal du 30 juillet 1827. Adresse autographe "Francia / A Madame Mme Zorrilla / Rue d’Eglise et St Suren n° 15 / Burdeaux [sic]", avec un timbre humide "Espagne par Bayonne".
Traces de pliures, déchirure avec manque par bris du cachet, déchirure restaurée au coin supérieur droit, quelques mouillures.

"la muerte de un amigo me a puesto de muy mal humor". [La mort d'un ami m'a mis de fort mauvaise humeur].

Lettre inédite.

De Madrid où il est allé pour obtenir une pension de son emploi de peintre du roi, Goya écrit à la compagne de la fin de sa vie, Leocadia Zorrilla (1788-1856), connue aussi sous son nom de femme mariée, Leocadia Weiss, exilée à Bordeaux. Une image sanglante commence la missive, le suicide tragique d’un ami qui s’est ouvert les veines et tranché le cou : "la noticia de la muerte de un amigo me a puesto de muy mal humor, […] este amigo se llamava Rodenas, se encerró en su cuarto hizo salir a un hijo de cinco años y se abrio las venas de las dos muñecas con una nabaja de afeitar y despuès se degollo al mismo tiempo q[ue]su mujer entrava, y le allo ya muerto." Ces images sombres sont de celles qui, au temps de la répression du peuple madrilène par l’armée française, avaient inspiré certaines des visions les plus noires des Desastres de la guerra (voir lot 39). Chaleureusement accueilli en Espagne, Goya ne cesse de se tracasser pour ceux qu’il aime, laissés à Bordeaux où il est établi depuis 1824 : il évoque avec tendresse les deux fils de Leocadia, Joaquín et Guillermo, et surtout la petite Mariquita (María del Rosario Weiss), sa fille adoptive qui illumine ses dernières années, et qui deviendra elle-même, sous son influence, peintre de talent.

"Les renseignements concernant la vie de Goya en 1827 sont peu nombreux", constate J. Gudiol (Goya, Weber, 1970, I, p. 212), au point que l’historien manque d’arguments pour assurer que Goya est allé cette année-là à Madrid, à l’âge de quatre-vingt et un ans ; notre lettre ne laisse plus de doute.

[On joint :]
Yriarte, Charles. Goya. Paris, Plon, 1867. In-4, en feuilles. Non relié, sans couverture.
En feuilles, cet exemplaire n’a jamais été relié et n’a jamais connu de couverture : il semble avoir été un objet de travail avant l’impression, ainsi qu’en témoignent des erreurs (p. 29 et 49) qui seront corrigées dans l’exemplaire mis dans le commerce.

Provenance : peut-être Charles Yriarte (1832-1898), car Mme Juliet Wilson-Bareau estime que la lettre, trouvée à Bordeaux dans la monographie d’Yriarte ci-dessous, pourrait provenir des collections de l’auteur.

Nous remercions Mme Juliet Wilson-Bareau de nous avoir confirmé l’authenticité de cette lettre et pour les informations qu’elle a bien voulu nous donner à son sujet.

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Transcription : 

Madrid, no se acuando Lunes

Q[ueri]da Amiga,

Estava tal cual mejor, y la noticia de la muerte de un amigo me a puesto de muy mal humor, q[ue] ya hace tiempo, pero yo lo ignorava, es muy tragico el suceso: este amigo se llamava Rodenas, se encerró en su cuarto hizo salir a un hijo de cinco años y se abrio las venas de las dos muñecas con una nabaja de afeitar y despuès se degollo al mismo tiempo q[ue]su mujer entrava, y le allo ya muerto.
Le escrivo à U[sted] y le incluyo la carta q[ue]me trajo para U[sted] su hijo Joaquín y le suplico q[ue] me [sic]escriva todo lo ocurrido desde mi partida, yo no puedo sosegar sin saberlo. He tenido buen recivimiento de todo y salgo muy poco de casa. Todos me preguntan p[o]r U[sted] y todos desean q[ue] venga y me encargan mis espresiones. Yo tengo la cabeza trastornada y no puedo decir màs q[ue] ay mi Mta [Mariquita], ay su madre.
Estoy tomando aquellas pastillas q[ue]me recetó el medico contra la bilis y me prueban muy bien: le suplico à U[sted] cumpla con todos mis amigos en manifestarles mis afectos y abrazos a Mta [Mariquita], Guimo [Guillermo] y su Madre de
Goya.

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Traduction : 

Madrid, je ne sais pas quand, Lundi

Chère amie,

Je me sentais un peu mieux, quand la nouvelle de la mort d’un ami m’a mis de fort mauvaise humeur. C’était il y a quelque temps, mais je n’en savais rien. Ce qui s’est passé est très tragique : cet ami s’appelait Ródenas, il s’est enfermé dans sa chambre, a fait sortir son fils de cinq ans et s’est ouvert les veines avec un rasoir et s’est tranché la gorge au moment même où sa femme entrait, et elle l’a trouvé mort.
Je vous écris et vous envoie la lettre que votre fils Joaquín m’a confié pour vous. Je vous prie de m’écrire tout ce qui s’est passé depuis mon départ, je ne serai pas être tranquille si je ne le sais pas. Tout le monde m’a très bien reçu, et je sors très peu de chez moi. Tout le monde me demande de vos nouvelles, voudrait que vous veniez, et me charge de vous transmettre leur affection. Moi j’ai la tête bouleversée et je ne peux rien dire de plus que…
Je prends ces pilules contre la bile que m’a prescrites le médecin, et elles me font du bien. Je vous supplie de transmettre toute mon affection à mes amis, et d'embrasser Mariquita, Guillermo et sa mère, de la part de
Goya


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