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[Affaire Dreyfus] -- Picquart, Georges
6 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES, DONT 5 À FRANÇOIS CRUCY, JOURNALISTE À L’AURORE. [AVEC :] 2 MANUSCRITS AUTOGRAPHES. 1904-1906.
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[Affaire Dreyfus] -- Picquart, Georges
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[Affaire Dreyfus] -- Picquart, Georges
6 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES, DONT 5 À FRANÇOIS CRUCY, JOURNALISTE À L’AURORE. [AVEC :] 2 MANUSCRITS AUTOGRAPHES. 1904-1906.
2 p. in-4 (265 x 210 mm) et 12 p. in-12 (140 x 110 mm) ou in-16 (90 x 117 mm), montées sur onglets en un volume in-4, cartonnage à la Bradel.

"le petit bleu que le Gl Z. a vu, présentait un aspect frauduleux. L'adresse portant le nom d'Esterhazy était visiblement grattée et surchargée."

À la veille de la réhabilitation d’Alfred Dreyfus, le colonel Picquart veut sauver l’honneur de l’armée.

Intéressant ensemble où sont évoqués, outre le sort du "petit bleu" et le procès contre l’archiviste Dautriche, l’attitude de plusieurs protagonistes de l’affaire, dont le capitaine Louis Cuignet ou les généraux Zurlinden, Gonse et André.

5 lettres au journaliste François Crucy, journaliste à L’Aurore [dont Clemenceau est alors le rédacteur en chef]. 13 juin-9 juillet 1906. 10 p. in-12 ou in-16, dont 4 cartes pneumatiques avec adresse. Lors des dernières journées qui précédent l’arrêt de la Cour de Cassation du 12 juillet 1906, il est question de certains personnages, désignés sous la seule initiale de leur nom : le 21 et le 23 juin, Picquart commente la position de Cuignet et d’une "canaillerie" publiée dans L’Eclair à propos de la lettre des télémètres. "C. s’est cruellement enferré ! Je crois qu’une bonne tactique serait de ne pas lui fournir de nouvelles données jusqu’au réquisitoire de Maître Baudouin, mais de bien marquer sa nouvelle accusation de faux". Le 4 juillet, c’est le général Zurlinden [ministre de la guerre en 1895 et 1898] qui est mis en cause pour avoir négligé de faire une enquête sur les causes de l'altération du petit bleu : "le petit bleu que le Gl Z. a vu, présentait un aspect frauduleux. L'adresse portant le nom d'Esterhazy était visiblement grattée et surchargée. […] Or l'expertise a démontré que ces grattages et surcharges avaient été faits postérieurement aux photographies exécutées sur l'ordre de P[icquart] à la section des renseignements". Enfin, le 9 juillet, Picquart donne rendez-vous à Crucy au buffet de la gare de Lyon "si une balle maladroite de cette vieille canaille de Gonse [le général Arthur Gonse, antidreyfusard convaincu] ne m'en empêche pas".

Lettre à un ami10 janvier 1905, concernant la restauration du Parthénon. Picquart demande à ce que soit transmis à Clemenceau une protestation contre ce projet publiée dans la revue d’art antique Le Musée, dirigée par Georges Toudouze. ″Vous savez que j'aime avant tout la conviction et vous êtes un convaincu. Nous avons encore à combattre ensemble de beaux et bons combats″.

Deux manuscrits. Le premier manuscrit rectifie certaines inexactitudes rapportées par le journal Le Temps à propos du procès de l’archiviste Grégoire Dautriche, officier d'administration inculpé de faux dans la comptabilité du service des renseignements du ministère de la guerre, affaire révélée en 1904 et qui contribua à obtenir la révision du procès de Rennes.
La seconde note concerne le général Louis André, ministre de la guerre de 1900 à 1904, un des rares officiers à avoir œuvrer en faveur de Dreyfus. 

Lorsqu’en 1896, le colonel Picquart découvre que le télégramme qui a fait condamner Dreyfus est en réalité de la main d’Esterhazy, il se heurte à sa hiérarchie qui ne veut pas de la révision du procès. Muté dans l’Est de la France puis en Tunisie, Picquart persiste et en 1898, il est réformé pour "fautes graves dans le service", puis arrêté et emprisonné. Après avoir bénéficié d’un non-lieu en juin 1899, et remis en liberté, il est réhabilité en même temps qu’Alfred Dreyfus et réintégré dans l’armée le 13 juillet 1906 dans le rang de général de brigade. Il deviendra ministre de la Guerre dans le cabinet Clemenceau de 1906 à 1909.

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Transcription des manuscrits et des lettres, dans l’ordre du montage :

Sans date [1904 ?]. "Le Temps a publié récemment des renseignements sur l'affaire Dautriche qu'il dit tenir d'une personne en situation d'être bien renseignée. Un certain nombre des indications données pour le Temps ne sont pas exactes : en voici la rectification. La comptabilité du service des renseignements comprend bien 3 registres, mais le rôle de ces registres est le suivant : Le 1er est un carnet qui sert simplement à indiquer quelles sont les sommes versées des fonds de réserve au service courant. Ces versements ne peuvent se faire sans l’autorisation d’un sous-chef d’Etat-Major. Le 2e est un registre de caisse, où sont portés sur ordre de date les sommes reçues et celle qui ont été versées aux divers agents avec l’indication du nom ou pseudonyme de ces agents. Le registre de caisse correspond : a) un brouillon, sorte de brouillon de l’archiviste où celui-ci porte ses indications dès qu’il a reçu de l’argent ou qu’il a fait un mouvement. b) le registre proprement dit qui doit être identique au brouillon et qui est pour ainsi dire la mise au net : Le 3e est une sorte de grand livre où chaque agent désigné par son nom ou un pseudonyme un a un compte ouvert. Les individus portés à ce grand livre doivent se retrouver au livre de caisse et réciproquement. Le fait reproché à Dautriche est d’avoir porté en surcharge sur son grand livre une somme de 20 000 f. au compte d’Austerlitz, somme qui ne figurait pas comme emprunt, bien qu’elle fut portée au livre de caisse. Il y a donc eu simple surcharge mais non grattage. […] D’ailleurs le passage de la fameuse somme de 20.0000 f de la réserve au service courant a dû être autorisé par un des sous-chefs d’Etat-Major, la responsabilité de celui qui a donné cette autorisation est donc engagée ».

10 janvier 1905 : Mon cher ami / Votre lettre m'a fait grand plaisir. Vous savez que j'aime avant tout la conviction et vous êtres un convaincu. Nous avons encore à combattre ensemble de beaux et bons combats. Voudriez-vous, je vous prie, vous charger de la commission suivante ; je n'ai pu le faire avant de partir. Il faudrait vous adresser au "Musée" petite revue d'art dont j'occupe le fils Toudouze. Ledit Musée a mis en circulation une protestation imprimée contre un projet de restauration du Parthénon. Quand vous aurez l'imprimé, vous le remettrez à M. Clémenceau qui tient beaucoup à l'avoir. Merci et bien cordialement…

13 juin 1906 : Mon cher ami / Je croyais ne pouvoir être libre que vendredi, mais cela changé. Si vous voulez venir chez moi demain jeudi à 10h. du matin nous pourrons causer tranquille. Sonnez deux fois. A vous…

21 juin 1906 : Mon cher ami / Un mot en plus de ce que je vous ai dit cet après-midi. Remarquez la canaillerie de C. qui dans L’Eclair ne donne de la lettre des télémètres que ces mots : "Je vous ai écrit à 3h". Quand on a le texte entier il n'y a aucun doute que la pièce des télémètres ne fasse suite à celle des chemins de fer. En mettant seulement : "Je vous ai écrit à 3h" il y a doute et cependant le citateur ne peut pas être accusé d'avoir ne peut pas être accusé d'avoir dissimulé une partie de la lettre qui est essentielle. A vous…

23 juin 1906 : Mon cher ami, / C. s'est cruellement enferré ! Je crois qu'une bonne tactique serait de ne pas lui fournir de nouvelles données jusqu'au réquisitoire de M. Baudouin, mais seulement de bien marquer sa nouvelle accusation de faux. A vous…

4 juillet 1906 : Mon cher ami, / Voici ce qu'on peut demander au Gl Z. à mon sujet : vous mettrez cela sous la forme qui vous plaira. Lors de son premier ministère en 1895, le Gl Z. avait péniblement recommandé à P. de surveiller d'Orval. Comment donc en 1898, ayant eu la consigne comme il dit, de faire ouvrir et de surveiller une instruction judiciaire contre P. a-t-il laissé reprocher à celui-ci par les témoins Royet et Cuignet la surveillance exercée sur d'Orval ? D'autre part, le petit bleu que le Gl Z. a vu, présentait un aspect frauduleux. L'adresse portant le nom d'Esterazy était visiblement grattée et surchargée. C’est même cette particularité qui a décidé le Gl Z. à poursuivre P. Or l'expertise a démontré que ces grattages et surcharges avaient été faits postérieurement aux photographies exécutées sur l'ordre de P. à la section des renseignements. Les clichés exécutés à cette époque l'ont démontré surabondamment. Ces grattages et surcharges ont donc été faits de toute évidence après le départ de P. et pour enlever à la pièce son caractère d’authenticité. Le Gl Z. n'en a pas moins maintenu son accusation contre P. Il a négligé par contre de demander ou de faire une enquête sur les causes de l'altération du petit bleu ! A vous…

9 juillet 1906 : Mon cher ami / Si une balle maladroite de cette vieille canaille de Gonse ne m'en empêche pas je serais ce soir au buffet de la gare de Lyon (1e étage) dans la grande salle qui donne sur le quai transversal du fond de la gare. Vous pouvez y venir à partir de 7h et même un quart d’heure plus tôt. J'y resterai jusqu'à 9h14 ou 20. A vous… / On vient seulement de me remettre votre mot.

Sans date : Le général André n'est pour rien dans l'affaire et la loi le désarme. Il n'a pas même le droit de voir le dossier. La mesure prise provient d'une interprétation trop étendue d'un article du code qui dit que la prise de corps suit la mise au jugement. (L'article ne dit pas immédiatement). Du reste le Gouverneur est parfaitement libre ; il avait le droit de faire ce qu'il a fait. Il y a d'ailleurs une contradiction entre cette mesure et la mise en liberté promise que le Gouvernement avait prononcé illégalement en faveur des officiers contrairement à l'avis du rapporteur.

Provenance : Jacques Favre de Thierrens (1895-1973), aviateur et peintre français, officier des renseignements durant la seconde guerre mondiale.


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