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Statue, Fang Ntumu, Gabon
FANG NTUMU FIGURE, GABON
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馬索·里維埃收藏

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Statue, Fang Ntumu, Gabon
FANG NTUMU FIGURE, GABON

來源

Collection Paul Guillaume (1891-1934), Paris
Charles Ratton (1895-1986), Paris
Henri Kamer (1927-1992), Paris
Collection Marceau Rivière, Paris, acquis ca. 1994

展覽

Thouars, Bibliothèque municipale de Thouars, Exposition d’Art Africain, 13 - 16 avril 1979
Paris, Ecole Supérieure Internationale d'Art et de Gestion, Art Africain, 23 avril - 3 mai 1991
Paris, Monnaie de Paris, Ôde au grand art africain. Les statues meurent aussi, 9 septembre - 2 octobre 2010

出版

Resnais et Marker, Les statues meurent aussi, 1953 (film) 
Perrois, La statuaire Fan. Gabon, 1972, p. 114, pl. 34, n° 212
Perrois, "La statuaire des Fang du Gabon", Arts d'Afrique Noire, 1973, n° 7, p. 40
Rivière, Les chefs-d'œuvre africains des collections privées françaises, 1975, p. 123
Rivière, Exposition d’Art Africain, 1979, n° 7
Perrois, Arts du Gabon: les arts plastiques du Bassin de l'Ogooué, 1979, p. 70, n° 47
Rivière et Lehuard, Art Africain, 1991, n° 47
Martinez-Jacquet, Ôde au grand art africain. Les statues meurent aussi, 2010, p. 154, n° 85

相關資料

« C’est des morts que procèdent toute sagesse et toute sécurité. Ils sont les racines du vivant et leur visage prend parfois la forme de racines. […]. Ces statues ne sont pas des idoles. La statue nègre n'est pas le dieu : elle est la prière. »

Marker, Les statues meurent aussi, 1953.

C’est sur le visage de cette statue Fang que s’achève la séquence centrale du documentaire Les statues meurent aussi, réalisé entre 1951 et 1953 par Alain Resnais et Chris Marker. Pour ce manifeste esthétique et social, qui s’oppose à la politique coloniale en Afrique et revendique l’importance de ses arts, les auteurs et Charles Ratton sélectionnent, parmi les chefs-d’œuvre de la statuaire Fang, les sculptures livrant la vision la plus vibrante de la représentation des ancêtres.

Tandis que la célèbre tête angok-nlo-byeri de la collection d’Helena Rubinstein y incarne la beauté prête à « nous émouvoir », cette statue, alors dans la collection de Charles Ratton, symbolise par sa prégnance les « racines du vivant », garantes du monde, liens essentiels entre le visible et l’invisible.

Elle s’inscrit, du point de vue stylistique, dans la tradition sculpturale du Nord Gabon, et plus spécifiquement celle des Ntumu, source et centre principal de diffusion de l’art Fang : long torse porté, en position semi-assise, par des jambes trapues dont les volumes absorbent la profondeur, visage au modelé plein et arrondi dont le front en quart de sphère surplombe la face creusée en cœur. Tandis que son allure inspire la robustesse, « garantie de protection magique » (Perrois, Les Forêts natales, p. 67), la dynamique des avant-bras aux mains posées sur les genoux échappe tant au naturalisme qu’aux conventions de la gestuelle Ntumu. Elle incarne au plus haut degré « ces pièces hyperlongiformes qui mettent en lumière la tendance à une complète liberté des formes, assez rares mais tout à fait significatives de l'art fan (en particulier Ntumu) qui loin d'être « réaliste » serait plutôt idéaliste ou symboliste. » (Perrois, La Statuaire Fan, 1972, p. 72). Les marques profondes laissées par d’innombrables prélèvements rituels manifestent l’efficience de ses pouvoirs protecteurs, sollicités de génération en génération.

"All wisdom and security proceed from the dead. They are the roots of the living and their faces sometimes take the form of roots. […]. These statues are not idols. The Negro statue is not the god: it is prayer. »

Marker, Les statues meurent aussi, 1953.

It is on the face of this Fang statue that ends the central sequence of the documentary Les statues meurent aussi, directed between 1951 and 1953 by Alain Resnais and Chris Marker. The authors and Charles Ratton selected, Fang statuary, that deliver the most vibrant vision of ancestor representation. For this aesthetic and social manifesto in the film which opposes colonial politics in Africa and claims the importance of its arts.

While the famous angok-nlo-byeri head from Helena Rubinstein's collection embodies the beauty ready to "move us", this statue, at the time in Charles Ratton's collection, symbolizes by its importance the "roots of life", guarantors of the world are the essential links between the visible and the invisible.

From a stylistic point of view, the figure is part of the sculptural tradition of northern Gabon, and more specifically that of the Ntumu, who were the source and main centre of diffusion of Fang art. The long torso carried, in a semi-seated position, by stocky legs whose volumes absorb depth and a round, heart-shaped face overhung by a forehead shaped as a quarter sphere. Though its appearance conveys the idea of robustness, "a guarantee of magical protection" (Perrois, Les Forêts natales, p.67), the dynamics of the forearms with the hands on the knees is distinctive  from escapes both naturalism and the conventions of Ntumu body language. The body embodies  "these hyper elongated pieces which highlight the tendency towards a complete freedom of forms, quite rare but quite significant of fan art (especially Ntumu) which, far from being "realistic", is rather idealistic or symbolist"(Perrois, La Statuaire Fan, 1972, p.72). The deep marks left by countless ritual extraction of fragments demonstrate the efficiency of its protective powers, which have been used from generation to generation.

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