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Statue, Sénufo, Côte d'Ivoire
SENUFO FIGURE, CÔTE D'IVOIRE
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Statue, Sénufo, Côte d'Ivoire
SENUFO FIGURE, CÔTE D'IVOIRE

來源

Collection du Dr. Samuel H. Schechter, Montréal
Sotheby's, New York, 22 novembre 1998, n° 249
Bernard de Grunne, Bruxelles, acquis lors de cette vente
Pierre Dartevelle, Bruxelles
Collection Marceau Rivière, Paris, acquis ca. 2000

展覽

Tours, Château de Tours, Image de la Femme dans l’Art Africain, 21 octobre - 3 décembre 2000 / Nogent-le-Rotrou, Musée municipal du Château
Saint-Jean, 9 décembre 2000 - 29 janvier 2001

出版

Gottschalk, Sénoufo Massa et les statues du poro, 2002, p. 159 et 185
Joubert, Félix et Rivière, Image de la Femme dans l'Art Africain, 2006, n° 7

相關資料

La grande statuaire Sénufo est aussi rare qu’emblématique. Tandis qu’en Occident elle s’est imposée depuis le début du XXe siècle parmi les icônes des arts d’Afrique, dans son contexte d’origine elle occupait une place tout aussi prééminente. Seuls quelques sculpteurs étaient, en pays Sénufo, spécialisés dans les œuvres de grande dimension. A travers elles, s’exprime au plus haut degré l’individualité de leur génie artistique.

Le corpus très restreint de ces statues, créées et utilisées dans le cadre de la société initiatique du Poro, rend le plus souvent difficile l’identification du sculpteur ou d’un atelier spécifique. L’œuvre de la Collection Marceau Rivière s’apparente si étroitement à celle du musée Barbier-Mueller (inv. n° 1006-3) acquise d’Emil Storrer vers 1950, que l’on peut les attribuer au même artiste et avec certitude, au même atelier. Au détail des mains légèrement posées – du bout des doigts – sur le haut des cuisses s’ajoute la grâce qui imprègne à l’identique la pose et l’expression de ces deux œuvres. La force plastique des volumes épurés répond à la dynamique des lignes ordonnant la composition jusque dans l’architecture des traits raffinés qui animent le visage « en cœur ». Selon Anita Glaze (in Barbier, Arts de la Côte d’Ivoire, vol. II, p. 22), ce style très distinctif constitue une branche familiale de l’atelier de San, situé dans la région de Tangréla, à l’extrême nord du pays Sénufo, aux confins de la Côte d’Ivoire et du Mali. D’après Delafosse, c’est à travers cette région que la mode féminine des deux tresses encadrant avec élégance le visage se serait, depuis le Mali, développée vers l’Ouest du pays Sénufo.

Sculptées par paires, chacune émergeant d’une base cylindrique (ici disparue) dans laquelle les pieds se fondaient, les grandes statues du Poro pouvaient revêtir, en fonction des régions, des significations et des usages différents. Dans la région de San, elles participaient à la transformation des défunts les plus hauts gradés en ancêtres bienveillants. Elles n’apparaissaient que lors de ces grandes funérailles - soit de manière statique, soit portées en procession - leur base servant à marteler le sol afin de « lisser » le passage du statut de défunt à celui d’ancêtre.

The great Senufo statuary is as rare as it is emblematic. In the West it has been an icon of African art since the early 20th century, and in its original context it occupied an equally prominent place. In Senufo country very few sculptors specialised in such large pieces, works which express to the highest degree the individuality of their artistic genius.

The very limited corpus comprising of these statues, which were created and used in the context of the Poro initiatory society, often makes it difficult to identify the sculptor or a specific workshop. However the figure from the Marceau Rivière Collection is so closely related to that of the Barbier-Mueller Museum (No. 1006-3) acquired from Emil Storrer around 1950, that we can attribute it to the same artist and with certainty, to the same workshop. The detail of the hands with the fingertips lightly touching the upper thighs is complimented by the graceful pose and the expression seen equally in both these works.

The aesthetic force of the pared-down volumes corresponds with the dynamics of the lines that structure the composition, even in the architecture of the refined features that animate the “heart-shaped” face. According to Anita Glaze (in Barbier, Arts de la Côte d’Ivoire, vol. II, p. 22), this very distinctive style stems from a family branch of the San workshop, located in the Tangrela region, in the extreme north of Senufo country, straddling the border of Côte d'Ivoire and Mali. According to Delafosse, it is within this region that the feminine fashion where two braids gracefully frame the face would have advanced from Mali to the western part of Senufo country.

Carved in pairs, with each figure emerging from a cylindrical base that merges with the feet (no longer present on this piece), the large Poro statues had differing significance and use depending on the region. In the San region, they participated in the transformation after death of the highest-ranking notables into benevolent ancestors. They only appeared during these great funerals, either static or carried in procession, with their base used to pound the ground to "smooth" the passage of the deceased to the status of an ancestor.

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